Critique Mátalo!

Mátalo!
Matalo ! ouvre la nouvelle fournée du répertoire «Western Européen» de nos amis de chez Artus Films.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Matalo ! ouvre la nouvelle fournée du répertoire «Western Européen» de nos amis de chez Artus Films. Une énième pépite que l’on aime (re)découvrir, un moment de western autre, de ceux que l’Italie nous a gratifiés pendant près de dix ans. Mais quand Matalo ! sort au début des années 70, le western spaghetti s’évanouit quelque peu. L’heure de gloire du genre s’estompe laissant la place aux jeunes (citons Dario Argento en exemple) et un nouveau genre en vogue le Giallo. Mais à l’aube de ces années libres, le western prend un tournant inattendu avec le western comique. Terence Hill en est la vedette, l’ange blond au sourire ravageur venant de triompher avec On l’appelle Trinita. Les flingues tirent encore dans le dos, mais les baffes se trouvent plus efficaces. Le Western trouve ici un dernier souffle poussant encore le genre vers quelques péripéties.

Matalo ! se trouve alors à cette frontière d’un monde libre. Le western perd son sérieux, sa grinta, son premier degré murissant vers un programme comique pour toute la famille. Le monde n’adhère plus à ce cinéma, la mode passe trépassant ce genre désuet. La mode hippie prend le dessus, la libération des mœurs enflamme un monde en mutation, une nouvelle génération prenant le pouvoir. Bizarrement, ce changement transpire chaque coin et recoin de ce film méconnu ayant fait scandale lors de sa sortie en salles en Italie. L’histoire laisse courir la rumeur que les spectateurs auraient arrachés les fauteuils de la salle suite aux projections. Matalo est en effet un film à part, un OVNI pour le genre. Pourtant le long-métrage mis en scène par Cesare Canevari commence traditionnellement par la pendaison d’une crapule. Le classicisme prend 3 minutes à peine avant que Canevari laisse exploser le rock vrombissant ce métrage. Sous le son tonitruant des guitares, le malfrat se fait évader par ses complices, une bande bien garnie tuant au passage chaque habitant de la ville. Une introduction entraînante pour un film ne révélant à peine toutes ses surprises.

Matalo est un bel exemple de ce que le western a pu produire comme essai déviant et bizarre.

Très vite, nous rejoignons une ville fantôme, futur quartier de malfrats qui pourchasseront une diligence pour son or et divagueront dans les rues de celle-ci entre absurdité et divagations sexuelles envers la seule complice féminine. Cette ville, ancienne périphérie riche et joyeuse, se voit comme le reflet du genre emprunté. Une ville fantomatique sans âme, le miroir de l’apogée d’une époque reine d’un genre ayant fait déplacé des millions de personnes pour se divertir. Cette ville fantôme est la représentation du western, genre en désuétude lors de la production de Matalo, le dernier essai laissant entrer la folie hippie où la femme laisse échapper sa cuisse au grand air dans un gros plan sublime et où le héros est un piètre tireur, un non-violent se servant de boomerang pour se défendre. Ce même héros qui arrive seulement à l’heure de film interprété par un Lou Castel à la gueule d’ange, un pacifiste venant d’un « Pays où ceux qui ont peur plongent la tête sous la terre  ». Ce pays, nous le supposerons être l’Australie, pays anglo-saxon où les hommes se sont perdus, un homme de l’est se perdant sur les terres de l’ouest. Ce même homme qui se fera porter en croix, torturé et assoiffé par la seule folie de ces malfrats perdus dans les artères de cette ville abîmée, épiés par une ombre renvoyant au giallo. Car Matalo installe quelques prémices au genre hippie favori d’une Italie 70`. Une ombre plane tout le long-métrage sur les divagations de ses hommes et femmes fous, véritable amplification de l’état naturel de l’homme entre folie, perversité, cupidité et méchanceté. Preuve en est de les voir maltraités une vielle femme, la dernière habitante de cette ville fantôme, comme une réponse de Cesare Canevari se dévouant à maltraiter ce vieux genre western une dernière fois pour le simple plaisir de lui faire mal.

Matalo est un bel exemple de ce que le western a pu produire comme essai déviant et bizarre. Un film sous acide où le rock répond aux chants sifflotant des Lomesone Cowboy de l’Ouest. Des cowboys laissant les vestes en cuirs au placard pour arborer des colliers de perles sur des gilets en laine de mouton et des cheveux longs tenus par des bandanas. Matalo se voit comme un western hippy où le rock'n roll est l’essence même d’un genre se libérant des codes et flirte de façon dévergonder avec les genres émergeant à l’époque. Un film multiple, ahuri et complètement libre qui ne laisse à n’en point douter de marbre.

Informations

Détails du Film Mátalo!
Origine Espagne - Italie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Western
Version Cinéma Durée 89 '
Sortie 02/02/1972 Reprise -
Réalisateur Cesare Canevari Compositeur Mario Migliardi
Casting Lou Castel - Corrado Pani - Antonio Salines - Luis Davila
Synopsis Dans le Colorado, Burt est un bandit sur le point de mourir par pendaison. Par chance, il est sauvé in extremis par des amis qu"il remercie plus tard en les tuant ! En effet, le malfrat de l'Ouest a pour projet de braquer une diligence et de garder pour lui seul les dollars qu'il s'apprête à amasser. Malheureusement pour lui, un mystérieux étranger fait surface et pourrait bien contrecarrer ses plans...

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