Critique La Passion d'Augustine

La Passion d'Augustine
Critique de La Passion d'Augustine, réalisé par Léa Pool, avec Céline Bonnier, Lysandre Ménard.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par David Speranski

Critique du Film

Le piano a toujours fasciné le cinéma, à tel point qu’on pourrait penser à juste titre que le cinéma est un art pianistique, réunissant toutes les modulations du grave jusqu’à l’aigu. Citons ainsi Le Pianiste, La Leçon de piano ou encore La Pianiste comme films ayant marqué l’imaginaire cinéphilique. Dans le film de la québécoise Léa Pool, La Passion d’Augustine désigne tout autant une Passion au sens christique du terme que la passion de la musique et en particulier du piano. En effet, la Mère Augustine, en dirigeant un couvent au Québec, insuffle autant sinon plus l’amour de l’art et de la musique, que celui de la religion. C’est cette passion qui fait le prix de ce film joliment désuet sur une transmission de valeurs et d’émotions esthétiques.

Enfermée dans une forme bien trop sage qui semble malheureusement redondante par rapport à son sujet, La Passion d’Augustine recèle malgré tout un petit joyau qu’on espère revoir dans beaucoup d’autres films, canadiens ou autres.

En réalisant ce film, Léa Pool se trouve au confluent de deux genres de film, le film de religieux (Thérèse, Des Hommes et des dieux) et le film de pianiste (les films ci-dessus évoqués dans l’introduction). Malheureusement La Passion d’Augustine n’atteindra le niveau d’aucune de ces deux catégories de référence. La forme du film, très conventionnelle, condamne le film à un certain hiératisme et en cela, le début du film fait assez peur, paraissant s’attacher à une vie d’un autre temps, alors qu’elle devrait sembler simplement en-dehors du temps. Pourtant quelques plans laissent deviner une amélioration possible comme celui des religieuses s’amusant à faire du patin à glace. La fascination pour la vie religieuse qui pourrait jouer à plein s’étiole dans une contemplation nostalgique de règles et coutumes apparemment dépassées.

Le film commence réellement et trouve son sujet lors de la confrontation entre la Mère Augustine et Alice, une pianiste surdouée mais rebelle qui n’aura de cesse d’échapper à l’enseignement qui lui est destiné . Conflit de générations, passage du témoin, volonté de transmission : à partir de là, le film deviendra passionnant en reposant sur un incroyable duel d’actrices entre Céline Bonnier, faisant une belle composition en étant méconnaissable en Mère Augustine, percluse de remords de n’avoir pas pu consacrer sa vie à la musique, et l’époustouflante Lysandre Ménard, élève frondeuse et réelle surdouée du piano (elle interprète elle-même tous les morceaux de musique au clavier).

Ce conflit présente un tel intérêt que l’on finit par regretter que le film se conclue de manière maladroite par quelques flashes-back trop signifiants sur l’enfance d’Augustine et un passage du témoin qui s’avère finalement sans surprises. La grande réussite du film réside dans la découverte de Lysandre Ménard qui est quasiment à elle seule une raison suffisante par son talent évident de comédienne et de musicienne, d’aller voir ce film. Enfermée dans une forme bien trop sage qui semble malheureusement redondante par rapport à son sujet, La Passion d’Augustine recèle malgré tout un petit joyau qu’on espère revoir dans beaucoup d’autres films, canadiens ou autres.

Informations

Détails du Film La Passion d'Augustine
Origine Canada Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame
Version Cinéma Durée 103 '
Sortie 30/03/2016 Reprise -
Réalisateur Léa Pool Compositeur François Dompierre
Casting Céline Bonnier - Lysandre Ménard - Diane Lavallée - Valérie Blais - Pierrette Robitaille
Synopsis Simone Beaulieu, devenue Mère Augustine, dirige un couvent au Québec. Passionnée, résiliente, Mère Augustine consacre son énergie et son talent de musicienne à ses élèves. Lors de son arrivée, elle prend sa nièce, Alice, une jeune pianiste prodige, sous son aile.L'école est un haut lieu musical qui rafle tous les grands prix de piano de la région. Il y résonne un flot de gammes, d'arpèges, de valses de Chopin et d'Inventions de Bach. Mais lorsque le gouvernement instaure un système d'éducation publique dans les années 60, l'avenir de Mère Augustine et de ses Soeurs est menacé.

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