Critique Machete Kills

Machete Kills
Machete Kills de Robert Rodriguez le pardonne complètement sur le fait d’avoir été trop frileux avec le premier Machete. Il a ouvert en grand les vannes d’une création qui ne manque pas d’ingéniosité et de mordant.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Ce qui avait démarré comme une grosse blague en 2007 au sein du projet Grindhouse a été concrétisé en 2010 avec la sortie de Machete. Loin de valoir la folie de la fausse bande-annonce insufflée trois ans plus tôt, nous étions légèrement sceptiques quant au bon vouloir de Robert Rodriguez à relancer la machine. Machete Kills sort sur nos écrans en 2013 avec une campagne de promotion aussi folle que le premier opus. La bande-annonce vendait tout autant de rêve que son modèle mais, une fois de plus, nous avions peur du possible essoufflement de l’œuvre dans la durée.

Machete Kills tient toutes ses promesses.

Machete Kills tient toutes ses promesses. Robert Rodriguez semble avoir compris ses erreurs du premier film afin de nous livrer 1h40 de castagnes décomplexées. Machete Kills démarre sur les chapeaux de roues invitant clairement le spectateur à poser son cerveau, attraper son paquet de popcorn et se laisser enivrer par la folie grindhouse. Rodriguez s’amuse comme un gosse de 5 ans à rendre son pote Danny Trejo invincible. Machete est l’anti-héros qu’on adore pour son non-conformisme extravagant. Il parle de lui à la troisième personne, il tue sans concession, il drague aussi facilement qu’il respire. C’est un personnage atypique complètement hors du temps. D’ailleurs, toute la brochette de gais lurons qu’il croisera sur sa route sera aussi barrée que lui. Rodriguez s’offre un plaisir coupable aux relents de délires narcissiques extrêmes.

Rodriguez s’offre un plaisir coupable aux relents de délires narcissiques extrêmes.

Il s’amuse à plusieurs reprises à se faire références à lui-même : une sonnerie de portable qui joue « La Cancion del Mariachi » d’Antonio Banderas de Desperado, le retour du pistolet phallus de Tom Savini dans Une Nuit en Enfer… Il n’oublie pas son pote Tarantino et lui offre même un bel hommage lorsqu’au milieu d’une scène, où la tension est plus que palpable, Demian Bichir s’écrit : « on n’est pas dans un film de Tarantino ! »

L’autodérision semble redevenu le maître mot de son réalisateur pour ce Machete Kills. Il l’avait un peu oublié sur le premier opus qui avait des airs de film beaucoup trop sérieux pour être totalement fun. Oubliez toute logique, ce film pourrait être le résultat d’un délire alcoolisé que ça ne nous étonnerait guère. Comme d’habitude, Robert Rodriguez se charge également de la composition de la bande-originale du film (ici en co-production avec Carl Thiel). Il nous livre quelques-uns de ses plus beaux morceaux qui jouent beaucoup sur l’action quasi-ininterrompue du film. Les acteurs ne sont pas en reste non plus. Si la réputation de Danny Trejo n’est plus à faire, parlons du cas Charlie Sheen. L’acteur est crédité pour la première fois à l’écran sous son vrai nom, Carlos Estevez. Nous connaissions les capacités du bonhomme à savoir bien jouer les potiches (Hot Shots !) mais n’oubliions pas qu’il était aussi capable du pire (Scary Movie 5 pour ne citer que lui) surtout ces derniers temps. Il faut dire que ses démêlés avec la justice et ses nombreuses addictions ne jouent pas spécialement en sa faveur. Quoiqu’il en soit, il plante un président des Etats-Unis adepte des armes à feu, homme à femmes et ayant légalisé la marijuana (quand on vous dit qu’il aime jouer avec son image) complètement loufoque. Il est en grande forme et ça se voit. N’oublions pas de citer l’excentrique Sofia Vergara pour qui « sexe » rime avec « arme de destruction massive ». Demian Bichir hilarant en schizophrène psychotique. Et citons également Tom Savini, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Lady Gaga, Amber Heard, Vanessa Hudgens, Cuba Gooding Jr. ou même encore Antonio Banderas qui s’offrent quelques scènes d’anthologie. Le retour de Mel Gibson fait également du bien. Tous les acteurs cités ci-dessus n’ont pas spécialement un temps de présence équitable à l’écran mais leur apparition est à chaque fois subtilement dosée si bien qu’on ressent peu le manque de tel ou tel personnage. En définitive, Machete Kills c’est un peu la vision hispanique de The Expendables : un gros casting pour de gros calibres. 

Machete Kills c’est un peu la vision hispanique de The Expendables.

Robert Rodriguez est complètement pardonné sur le fait d’avoir été trop frileux sur le premier Machete. Il a ouvert en grand les vannes d’une création qui ne manque pas d’ingéniosité et de mordant. Si nous étions restreints à l’idée de voir cette suite, nous pouvons désormais affirmer que nous attendons le troisième volet qui devrait s’intituler Machete Kills Again…in Space ! non sans une certaine impatience, pour peu que le délire poussé ici continue sur la même lancée.

Informations

Détails du Film Machete Kills
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Action
Version Cinéma Durée 107 '
Sortie 02/10/2013 Reprise -
Réalisateur Robert Rodriguez Compositeur Robert Rodriguez - Carl Thiel
Casting Michelle Rodriguez - Amber Heard - Antonio Banderas - Mel Gibson - Danny Trejo - Jessica Alba - Sofia Vergara - Vanessa Hudgens - Cuba Gooding Jr. - Carlos Estevez - Demian Bichir - Lady Gaga - Tom Savini
Synopsis Le président des Etats-Unis confie une mission suicide à Machete : sauver le pays d'un redoutable chef de cartel mexicain, qui menace d'envoyer un missile nucléaire sur le sol américain.

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