Critique Les Miller, une famille en herbe (We're the Millers)

Les Miller, une famille en herbe
Les Miller : une Famille en Herbe de Rawson Marshall Thurber est un descendant direct de l'héritage Judd Apatow. Sans avoir la verve d’un 40 Ans, Toujours Puceau, Les Miller s’en sort avec honnêteté délivrant un message fort pour autant que l’on...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Depuis la déferlante Judd Apatow en 2006, la comédie américaine tente de dépoussiérer tous les codes éculés qui faisaient sa gloire…et sa déchéance. Ancrant ses chroniques de mœurs au plus proche du public afin de lui faciliter l’identification aux personnages, l’héritage Apatow est désormais assuré. Les Miller entre directement dans la famille avec sa juste dose d’humour en dessous de la ceinture proposant une critique acerbe d’une société en proie aux démons qu’elle a créé.

Alchimie est le maître mot du film.

Alchimie est le maître mot du film de Rawson Marshall Thurber. Le quatuor nous embarque sans concession au sein de leur camping-car pour mieux nous distiller leur grain de folie. Chaque personnage possède une caractéristique forte. Si de prime abord l’affiche énonce quatre personnalités stéréotypées, ce n’est que pour mieux creuser le « moi intérieur » qui les habite afin de nous renvoyer aux maux dont souffrent la plupart des gens. De deux adolescents lambda, l’une rebelle et l’autre timide, on obtient deux pôles forts significatifs d’une génération en proie à deux modes de communications si proche. La souffrance d’une manière globale est un mal qui frappe l’Homme en période de puberté. Casey et Kenny sont deux personnages parfaitement cohérents dans cette quête de liberté qu’ils recherchent. L’absence de la figure parentale dans leur vie y est pour beaucoup. Ils trouveront en David et Rose deux piliers de taille à la construction de leur vie future. David et Rose ne sont pas en reste non plus question mal-être. L’un souffre d’une sorte de syndrome de Peter Pan exacerbé au point de ne jamais mesurer les conséquences de ses actes (Jason Sudeikis est probablement le dealer le moins crédible que nous ayons vu). L’autre s’enferme sous ses airs de femme forte jouant sur l’image de bombe sexuelle qu’elle renvoie pour ne pas se confronter à la réalité de la vie. Quatre personnalités différentes donc, mais qui se complètent parfaitement d’où l’alchimie que nous évoquions plus haut.

Le casting est réellement impeccable.

Le casting est réellement impeccable. Les seconds rôles s’accordent parfaitement au petit univers qui se développe dans le camping-car. Ce qui semble lié ne l’est pas et ce qui ne le semble pas finit par se lier. Nous l’expliquons surtout dans le choc de la rencontre entre les Miller et les Fitzgerald dans le film. La famille parfaite ne s'avère pas forcément être celle qu’elle est. A première vue, les Miller semblent alambiqués dans ce paraître qu’ils s’imposent en société tandis que les Fitzgerald font figure de couple soudé et harmonieux. Seulement, dans l’intimité, au fur et à mesure de l’évolution du récit, les rôles s’inversent et prouvent que d’un début chaotique peut naître une belle communion. Les Miller pousse loin la métaphore des repères solides par la plénitude au sein du cocon familial. Une base solide permet une intégration plus aisée en société. Être un paria impose une certaine culture de la vie sans quoi nous passons pour un abruti. En ce sens, le personnage de Scottie P. réunit tout ce qui fait le parfait imposteur. Avec une carapace aussi épaisse qu’une feuille de papier, ce gros dur d’apparence se révèle être illettré, bête mais franchement hilarant. Car oui, malgré une vision en profondeur qui ne prête pas à rire, Les Miller regorge de scènes comiques. On se marre sincèrement du début à la fin. 

On se marre sincèrement du début à la fin.

Le film puise son comique dans de nombreux quiproquos. Il faut dire que la situation atypique dans laquelle se retrouve cette fausse « vraie » famille s’y prête facilement. Nous retiendrons notamment la leçon de baisers dans le camping-car, la nuit échangiste sous la tente ou encore la morsure d’araignée parmi les scènes les plus drôles du métrage. Et c’est réellement dans ce genre de comique à priori lourdingue que le film puise son non-conformisme (la patte Apatow on vous dit !). Une blague « pipi-caca » amènera toujours une réflexion plus profonde derrière. Les Miller n’est qu’un constat affligeant de ce qui fait le rêve américain à l’heure actuelle. L’envie de se battre pour devenir quelqu’un laisse place petit à petit au trafic. La banalisation du délit dans lequel s’embourbe David reflète l’exacte vision d’une jeunesse actuelle qui ne désire qu’être reconnue pour la puissance de ses méfaits plutôt que ce qu’elle a (ou pourrait avoir) dans le crâne. Le road trip dans lequel s’embarque la famille Miller se révèle cathartique en fin de compte. Le camping-car devient le cocon qui les verra éclore vers une vie meilleure, prospère et légale. Les Miller n’oublie pas de garder un ton irrévérencieux permettant de ne jamais lâcher l’attention du spectateur qui ne manquera pas de se tenir les côtes s’il décide de tomber sous le joug des frasques extravagantes qui s’offriront à lui.

Les Miller est un film vraiment drôle. Jennifer Aniston ne manque pas de sex-appeal. Jason Sudeikis étonne par son habilité à pouvoir jouer un panel large d’émotions. Emma Roberts et Will Poulter sont extrêmement justes dans leurs compositions. Sans avoir la verve d’un 40 Ans, Toujours Puceau, Les Miller s’en sort avec honnêteté délivrant un message fort pour autant que l’on ait envie de voir au-delà de l’absurdité des situations.

Informations

Détails du Film Les Miller, une famille en herbe (We're the Millers)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma/Longue Durée 110 '
Sortie 18/09/2013 Reprise -
Réalisateur Rawson Marshall Thurber Compositeur Theodore Shapiro
Casting Will Poulter - Jennifer Aniston - Jason Sudeikis - Emma Roberts
Synopsis David Burke est un dealer à la petite semaine qui se contente de vendre sa marchandise à des chefs cuisiniers et des mamans accompagnant leurs fils au football, mais pas à des ados – car, au fond, il a quand même des principes ! Alors que tout devrait se passer au mieux pour lui, les ennuis s’accumulent… Préférant garder profil bas pour des raisons évidentes, David comprend, à son corps défendant, qu’on peut subir la pire injustice même lorsqu’on est animé des meilleures intentions : tentant de venir en aide à des jeunes du quartier, il se fait agresser par trois voyous qui lui volent sa marchandise et son argent. Il se retrouve dans une situation des plus délicates puisqu’il doit désormais rembourser son fournisseur, Brad. Afin d’éponger sa dette – et de rester en vie –, David n’a d’autre choix que de jouer dans la cour des grands en se rendant au Mexique pour ramener une importante cargaison de drogue à Brad. Réussissant à convaincre ses voisins – Rose, une strip-teaseuse cynique, Kenny, qui aimerait bien tester la marchandise et Casey, une ado débrouillarde couverte de tatouages et de piercings – de lui venir en aide, il met au point un plan censé être infaillible : avec ses complices qu’il fait passer pour sa femme et ses deux grands enfants, il met le cap sur le Mexique au volant d’un camping-car flambant neuf le jour de la fête nationale. Ce week-end risque bien d’être explosif…

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