Critique Room

Assassin's Creed
Critique de Room, réalisé par Lenny Abrahamson. Avec : Brie Larson, Jacob Tremblay, William H. Macy, Joan Allen. Oscar de la meilleure actrice 2016 pour Brie Larson.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par David Speranski

Critique du Film

Il est peut-être préférable de rien savoir sur Room pour profiter de l’effet de surprise. Cependant, aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, il devient bien difficile de se préserver des révélations. Par conséquent tout le monde sait sans doute déjà que Room adapte un roman d’Emma Donoghue fortement inspiré par les affaires de kidnapping et de séquestration survenues à Elisabeth Fritzl, Natasha Kampush et Jaycee Lee Dugard. Ces histoires souvent autrichiennes auraient pu donner lieu à un traitement « autrichien » du sujet, froid, inhumain et sans émotion. C’est la voie opposée que Lenny Abrahamson a choisie, sans pour autant verser dans le pathos à tout va, en délaissant la piste trop attendue du syndrome de Stockholm de la relation captive/ravisseur et en axant le film sur le regard d’un enfant de 5 ans qui ne connaît rien du monde qu’une minuscule pièce.

Lenny Abrahamson a choisi, sans pour autant verser dans le pathos à tout va, de délaisser la piste trop attendue du syndrome de Stockholm, en axant le film sur le regard d’un enfant de 5 ans qui ne connaît rien du monde qu’une minuscule pièce.

Ce choix, à l’évidence, est très payant car il permet d’éviter le sordide de relations sexuelles (viols à répétition) qui sont seulement suggérées, et permet de réintroduire le merveilleux dans un quotidien de 10 m2. En effet, pendant la première heure du film, on ne quittera pas le point de vue du petit garçon (formidable Jacob Tremblay). Au début du film, on ne sait absolument ce qui est arrivé à cette mère et cette enfant pour avoir atterri dans ce pitoyable cagibi. Cela pourrait tout aussi bien être une captivité imposée par des extra-terrestres hostiles. Par bribes, nous allons apprendre progressivement la vérité mais très vite, ce n’est plus vraiment la question du comment ni du pourquoi qui va hanter le film, mais plutôt celle de l’amour immense d’une mère, Ma, pour son fils, né pourtant d’une relation forcée avec son tortionnaire.

Alors que les sujets sont très différents, on pense souvent à Panic Room de David Fincher pour la gestion de l’espace, en particulier celle d’une pièce aussi réduite. Le défi des quarante premières minutes est brillamment relevé par Lenny Abrahmson qui aime apparemment se lancer des paris impossibles (faire un film avec un Michael Fassbender à tête de monstre, Frank, c’était déjà lui). A la différence de Fincher qui filmait Jodie Foster et Kristen Stewart, en cinémascope, en profitant de toutes les possibilités pour ouvrir le plus possible la pièce vers l’extérieur, Abrahmson concentre l’action vers l’intérieur et en fait le point de départ de l’imaginaire d’un gamin. L’exercice de style de la mise en scène est donc particulièrement réussi, nous repliant dans les recoins d’une pièce sombre, voire d’un placard.

Après la séquence d’évasion, stressante à souhait, le film retombe hélas pour sa deuxième moitié dans la convention car Ma (Brie Larson), redevenue Joy dans la maison de ses parents, va peu à peu sombrer dans la dépression tandis que son fils va au contraire s’acclimater progressivement à l’univers extérieur. La tension retombe à la fois dans l’histoire et le film, en dépit de quelques formidables moments (l’interview télévisée de Joy ou le plan final sur le cabanon) et d’acteurs irréprochables (William H. Macy et Joan Allen dans le rôle des grands-parents). L’inventivité du début du film paraît disparaître à partir du moment où le metteur en scène doit se coltiner le quotidien terne de la résilience. Brie Larson est certes formidable (bien que nettement moins que dans States of Grace) et a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice 2016 pour Room en raison de l’attachement des membres de l’Académie à la notion de performance (elle a passé la première moitié du film, sans se maquiller, sans se laver, totalement isolée du monde). Mais elle-même sait qu’elle ne l’aurait sans doute pas obtenu sans l’aide précieuse de Jacob Tremblay, véritable âme du film, acteur génial de 9 ans, à qui on souhaite la carrière d’Elizabeth Taylor ou de Jodie Foster, plutôt que celle de Haley Joey Osment. Le film devient ainsi assez émouvant, - bien au-delà du sujet et de la deuxième partie, un peu défaillante -, par le sous-texte qui y est exprimé: le passage de relais entre une ancienne enfant prodige, Brie Larson, et une nouvelle découverte du cinéma.

Informations

Détails du Film Room
Origine Canada - Irlande Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Horreur - Epouvante - Suspens - Tragédie - Drame
Version Cinéma Durée 118 '
Sortie 09/03/2016 Reprise -
Réalisateur Lenny Abrahamson Compositeur Stephen Rennicks
Casting William H. Macy - Joan Allen - Brie Larson - Sean Bridgers - Jacob Tremblay
Synopsis Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques