CRITIQUE : Divergente 3 : Au delà du Mur (Allegiant)


Divergente 3 : Au delà du Mur

Critique du Film

Depuis Metropolis, les films conçus à partir d’univers dystopiques sont légion. Les univers dystopiques sont des fictions dépeignant une société imaginaire construite de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Or, depuis quelques années, ce ne sont plus uniquement des films qui envahissent nos écrans, plus ou moins inspirés de Philip K. Dick, comme Bienvenue à Gattaca ou L’Armée des douze singes mais des franchises entières : Hunger Games, Le Labyrinthe et Divergente, toutes adaptées de séries de romans pour la jeunesse. Depuis la fin plutôt décevante de Hunger Games, on fondait quelques espoirs sur la saga Divergente en particulier depuis dans le deuxième volet [Attention Spoiler] le cliffhanger de la mort du personnage de Kate Winslet et de l’éventuelle découverte de ce qui peut bien se passer au-delà du mur. En dépit d’efforts conséquents faits sur la mise en scène et de l’interprétation toujours impeccable de Shailene Woodley et de Miles Teller, la franchise pèche toujours par son scénario et le caractère impersonnel de ses péripéties.

Alors que Divergente aurait pu servir à mettre en valeur une nouvelle génération d’acteurs talentueux (Woodley, James, Elgort, Teller, Kravitz), la plupart d’entre eux semblent en complet pilotage automatique et attendre impatiemment que cela se finisse.

Les films dystopiques ont ceci d’intriguant qu’ils sont quasiment les seuls à réellement parler de politique, d’écologie et d’avenir à la jeunesse. Malgré ce beau programme ambitieux, on nage souvent dans les clichés, la faute en revenant peut-être aux romans qui sont adaptés, dont le talent n’égale sans doute pas ceux de George Orwell. Divergente 3 en présente un cas d’école assez affligeant. Tout l’intérêt de l’intrigue repose sur ce qui sera découvert au-delà du mur. Or, hormis les 30 premières minutes qui parviennent à distiller un certain suspense et une atmosphère apocalyptique assez cohérente, à partir du moment où le mur « invisible » est franchi, tout s’effondre sans jeu de mots. On devine sans peine que les fondateurs de ce nouvel univers ne sont pas exempts de mauvaises intentions mais les révélations sont dénuées de subtilité, à commencer par un Jeff Daniels, en méchant très caricatural. Quant à la fin du film, on se demande encore comment des gaz déjà lâchés dans l’atmosphère ne peuvent pas l’empoisonner définitivement, ce qui manque pour le moins de crédibilité.

On en vient à regretter l’aspect relativement psychanalytique des deux premiers volets qui, par l’intensité de l’interprétation d’une Shailene Woodley survoltée, pouvait encore fasciner. Aujourd’hui, ce qui reste de Divergente 3, c’est plutôt un arrière-goût d’inachevé. Voir une telle comédienne galvauder son talent dans une franchise qui ne se trouve pas à sa hauteur procure un profond sentiment de gâchis. Certes Miles Teller dans son personnage de traître charmeur et opportuniste parvient encore à arracher quelques sourires. Mais le désastre provient surtout de l’utilisation de Shailene Woodley. Elle n’a presque plus rien à jouer, hormis un côté athlétique qu’elle n’a plus désormais à prouver. On a ainsi droit à une séquence simili-érotique où elle apparait nue dans l’ombre, sortant d’une chambre de décontamination, qui n’arrivera pas à émoustiller le fan le plus adolescent qui soit. Sur le versant romantique, son idylle avec le personnage de Theo James suinte l’ennui le plus consternant, l’auteur du roman n’ayant pas l’idée de jouer sur le triangle amoureux traditionnel. On pourra remarquer que, autant les films raccourcissent de durée (2h19 pour le premier chapitre, 1h59 pour le deuxième, 1h30 pour le troisième), autant les différents volets s’identifient par la longueur des cheveux de Woodley qui passe de femme-enfant à femme garçonne, pour terminer provisoirement en femme-femme avec une coupe mi-longue, censée la faire atteindre la maturité de son personnage.

Alors que Divergente aurait pu servir à mettre en valeur une nouvelle génération d’acteurs talentueux (Woodley, James, Elgort, Teller, Kravitz), la plupart d’entre eux semblent en complet pilotage automatique et attendre impatiemment que cela se finisse. Même si le film se laisse voir sans déplaisir ni enthousiasme, ils ne sont pas les seuls, nous aussi.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Informations

Détails du Film Divergente 3 : Au delà du Mur (Allegiant)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Science - Fiction - Fantastique
Version Cinéma Durée 120 '
Sortie 09/03/2016 Reprise -
Réalisateur Robert Schwentke Compositeur
Casting Naomi Watts - Theo James - Shailene Woodley - Jeff Daniels - Ansel Elgort - Miles Teller - Jonny Weston - Bill Skarsgård
Synopsis Tris et ses alliés ont réussi à renverser les Érudits. Les sans-faction mettent alors en place une dictature, imposant à tous la disparition des factions. Plutôt que de se plier à ce nouveau pouvoir totalitaire, Tris, Tobias et leurs amis choisissent de s'échapper. Le monde qu'ils découvrent au-delà de la Clôture ne correspond en rien à ce qu'on leur a dit. Ils apprennent ainsi que leur ville, Chicago, fait partie d'une expérience censée sauver l'humanité contre sa propre dégénérescence. Mais l'humanité peut-elle être sauvée contre elle-même ?

Par David Speranski