Critique La Maison des otages (Desperate Hours)

La Maison des otages
Michael Cimino profite de la commande de ce remake pour prouver une bonne fois pour toutes qu'il est un grand cinéaste. C'est du grand cinéma qui nous rappelle douloureusement combien celui-ci a besoin de réalisateurs comme Cimino.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

La carrière de Michael Cimino ressemble à des montagnes russes. Après avoir réalisé L'année du dragon pour se sortir de l'échec de La Porte du Paradis, le cinéaste connaissait en 1987 une autre déconvenue avec Le Sicilien. Les critiques et le public n'ayant pas suivi le film, Cimino se voit contraint d'accepter une commande s'il veut tourner à nouveau. Ce sera donc La Maison des otages (Desperate Hours en vo), que Carlotta édite aujourd'hui dans une édition Blu-ray de qualité accompagnant la sortie de L'année du dragon dans son coffret collector.

Avec La maison des otages, le cinéaste s'attaque à un remake puisqu'une version du roman et de la pièce de théâtre écrits par Joseph Hayes avait déjà été portée à l'écran par William Wyler en 1955 avec Humphrey Bogart dans le rôle titre. Si la trame principale est conservée, racontant l'histoire d'un criminel en fuite et de ses deux complices prenant en otage une famille dans sa maison, cette version de 1990 s'en démarque néanmoins. Plus question d'une famille américaine modèle, c'est dans une famille au bord du divorce et de l'implosion que viennent s'inviter les criminels. Michael Bosworth, le fugitif au QI supérieur à la moyenne qui s'est enfui du tribunal à l'aide de sa maîtresse et avocate devient également plus dangereux et plus instable tandis que Cimino se permet plus de scène à l'extérieur, réduisant le huis-clos et filmant de magnifiques paysages au passage, une habitude qui lui va bien.

Michael Cimino profite de la commande de ce remake pour prouver une bonne fois pour toutes qu'il est un grand cinéaste. C'est du cinéma grandiose et désespéré qui nous rappelle douloureusement combien celui-ci a besoin de réalisateurs comme Cimino.

C'est donc un film différent de son aîné tout en étant assez similaire. Ceux qui auront vu la version de Wyler trouveront certainement celle-ci moins haletante et moins angoissante. Il est vrai que dans le film de 1955 il existe une tension plus habile et surtout des personnages plus intéressants aux relations complexes. Ici, Bosworth peine à exister en dehors du simple criminel qu'il est. Il a bien le charisme de Mickey Rourke dont la carrière était au début de son déclin mais il manque de souffle. Malgré une interprétation solide et de nombreux points intéressants abordés (Bosworth critique l'Amérique rongée par le mensonge et se déclare plus honnête que la famille qu'il prend en otage, rongée par les mensonges), ce truand manque de subtilité. Ce qui frappe surtout c'est la façon dont la fin arrive, assez abrupte sans qu'on ait vraiment le temps de comprendre ce qu'il se passe.

C'est donc un scénario et un film imparfait que livre ici Michael Cimino mais qui reste, dans les grandes lignes, un bon thriller. Le rythme est maintenu de bout en bout, le scénario réserve quelques surprises, l'interprétation est de qualité (avec un Anthony Hopkins en forme en père de famille sur la défensive) et puis surtout il y a la mise en scène. A l'extérieur comme à l'intérieur, la caméra ne cesse d'être habile. Il n'y a pas un mouvement d'appareil qui ne raconte rien, chaque plan (travelling, contre-plongée) est là pour illustrer un rapport de force ou pour souligner un détail. A ce niveau-là, c'est du grand cinéma et finalement il fallait bien tout le talent de Cimino pour apporter un peu de piment à un scénario bien troussé mais manquant de piquant. La Maison des otages, au-delà d'être un thriller solide, est surtout le rappel qu'un grand réalisateur peut insuffler un style et une énergie même dans un remake ou un film de commande. Et dieu sait qu'on aurait bien besoin d'un cinéaste comme Michael Cimino aujourd'hui.

Informations

Détails du Film La Maison des otages (Desperate Hours)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Thriller
Version Cinéma Durée 105 '
Sortie 09/01/1991 Reprise -
Réalisateur Michael Cimino Compositeur David Mansfield
Casting Mickey Rourke - Elias Koteas - Anthony Hopkins - David Morse - Mimi Rogers - Kelly Lynch
Synopsis Michael Bosworth, traduit en justice pour avoir grièvement blesse un policier, s’évade du tribunal avec l'aide de sa jeune maitresse, l'avocate Nancy Breyers. Il rejoint son frère et le compagnon de ce dernier et ils s'enfuient en direction du Mexique. En attendant l’arrivée de Nancy, qui doit les aider a passer la frontière, ils se réfugient dans un paisible pavillon d'une banlieue résidentielle ou Nora Cornell est seule a cette heure matinale. Mais bientôt Tim, son mari, et leurs enfants, May et Zack, regagnent la maison, ou la tension monte rapidement.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques