Critique La Maison de Dracula (House of Dracula)

La Maison de Dracula
La Maison de Dracula est un film fait avec amour pour les fans. Une petite pépite à (re)découvrir d’urgence !

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Dans la collection des classiques des films de monstres chez Universal, il n’y a pas de meilleures suites que les cross-over. Ainsi, La Maison de Frankenstein, melting-pot regroupant toutes les figures emblématiques de la firme, était probablement l’une des suites les plus intéressantes qui fut tournée. Il n’en fallut pas moins d’un an pour que son réalisateur, Erle C. Kenton, nous assigne la suite de sa fabuleuse maison des horreurs. La Maison de Dracula sort en 1945 (48 sur nos écrans). On y retrouve le comte Dracula rendant visite au docteur Edelman en lui demandant de le guérir afin qu’il ne soit plus un vampire. C'est un docteur à la réputation remarquable capable de soigner tous les maux. Entretemps, Larry Talbot, le Loup-Garou, lui demande également de trouver une solution afin de lever la malédiction qui le hante. Suite à une nuit mouvementée, Talbot et Edelman vont tomber sur la dépouille du docteur Niemann (le savant fou du film précédent) ainsi que la créature de Frankenstein.

La Maison de Dracula est un film fait avec amour pour les fans.

Outre le fait de réunir à nouveau toute la panoplie de nos monstres préférés au sein du même film, La Maison de Dracula est une fausse suite de La Maison de Frankenstein. On y est habitué depuis quelques films, chez Universal, les monstres sont une grande famille où la cohérence des scénarios passe au second plan. Qu’importe, on ne boudera pas le plaisir qu’il y a à les retrouver au milieu du même métrage (même si l’on sait d’avance que la créature de Frankenstein ne fera pas long feu). D’ailleurs, ce running-gag du temps de présence limité à l’écran de la créature bat tous les records dans ce film. Ressuscitée à deux minutes du générique de fin pour être aussitôt brûlée, Kenton ne ménage absolument pas cette pauvre créature (« leave Frankie alone !! »). Ça aura eu le don de nous provoquer un fou rire mémorable. Mais nous lui pardonnons cette mauvaise blague. En effet, La Maison de Dracula est un film captivant. Le all-star movie de l’épouvante, ne serait-ce que pour son casting en or massif, il faut s’arrêter sur le film. D’autant que le scénario se permet de nous emmener vers des rebondissements insoupçonnés. Outre un Loup-Garou émouvant, rongé par sa malédiction, que nous connaissons bien, c’est la première fois que nous découvrons un Dracula aussi manipulateur et calculateur. Même si nous savons dès le départ que sa demande sera bien évidemment caduque, on prend un malin plaisir à admirer le monstre des Carpates mettre tout en œuvre pour arriver à ses fins. En dépit de ses origines américaines, John Carradine insuffle un flegme britannique fort intéressant à son Dracula. Avec une ironie certaine, cette version du comte Dracula est exquise.

Une petite pépite à (re)découvrir d’urgence !

Mais la plus grosse surprise du scénario provient du devenir du docteur Edelman. Un élément important de l’intrigue va le rendre schizophrène. Par le biais d’un nouveau mal qui va venir le ronger, Kenton initie un ersatz du mythe du Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Le scénario redistribue toutes ses cartes à une bonne vingtaine de minutes de la fin, les enjeux sont reboostés et le spectateur en a clairement pour son argent. Preuve en est qu’un film de 67 minutes peut avoir autant d’impact et de pirouettes intelligentes qu’un autre de deux heures. Mais ce n’est pas tout. En plus d’un casting convaincant et d’un scénario remarquable, La Maison de Dracula jouit d’une réalisation au diapason. Erle C. Kenton soigne minutieusement ses cadres. La lumière est somptueuse. Tel un immense musée des horreurs, cette maison est un véritable enchantement pour les pupilles. Le tout est emmené par une musique dynamique signée William Lava. La Maison de Dracula est une belle démonstration de ce que la firme Universal savait faire le mieux. Les studios sont à l’apogée de leur création et l’intérêt public le leur rend plus que bien.

La Maison de Dracula est un film fait avec amour pour les fans. Pendant un peu plus d’une heure, le spectateur est immergé au cœur d’une histoire rocambolesque où le sort des personnages demeure des plus incertains. Une petite pépite à (re)découvrir d’urgence !

Informations

Détails du Film La Maison de Dracula (House of Dracula)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 67 '
Sortie 31/03/1948 Reprise -
Réalisateur Erle C. Kenton Compositeur William Lava
Casting John Carradine - Lon Chaney Jr. - Lionel Atwill - Glenn Strange - Onslow Stevens - Martha O'Driscoll
Synopsis Dracula rend visite au Dr Edelman, lui demandant de le guérir de son état de vampire. Peu après, Larry Talbot, un loup-garou, demande également au docteur de l'aider à trouver une cure pour sa lycanthropie. Lorsque la première tentative du docteur échoue, le loup-garou tente de se suicider en plongeant d'une falaise, mais il découvre la créature de Frankenstein en stase dans une cave souterraine. Le docteur décide alors d'essayer de faire revivre le monstre.

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