Critique Le Fils de Dracula (Son of Dracula)

Le Fils de Dracula
Le Fils de Dracula est un troisième opus de la franchise des Dracula franchement intéressant. Robert Siodmak dirige son projet d’une main de maître.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Il aura fallu sept ans pour que les studios Universal daignent accorder une nouvelle suite directe aux aventures de Dracula. Contrairement à La Fille de Dracula, ce nouveau film ne tient pas compte des événements passés. Et malgré ce que pourrait faire penser le titre, il ne s’agira pas du fils de Dracula. Il sera question d’un descendant de la famille de Dracula. Dans cette nouvelle aventure, nous faisons la connaissance du comte hongrois Alucard (Dracula à l’envers), un homme mystérieux qui vient d’emménager en Nouvelle-Orléans à la demande de Katherine Caldwell, l’une des filles d’un célèbre planteur. Promise à un ami de longue date, Frank, Katherine fréquente secrètement Alucard. Fascinée par la morbidité, elle connait le terrible secret du comte. Elle décide de l’épouser en cachette afin qu’il fasse d’elle un vampire. Seulement, Frank apprend la vérité et compte bien en découdre avec Alucard.

Le Fils de Dracula est un troisième opus de la franchise des Dracula franchement intéressant.

Le Fils de Dracula est le premier film de Robert Siodmak pour le compte d’Universal. Il réalisera par la suite des films cultes comme Les Mains Qui Tuent ou encore Les Tueurs avec Burt Lancaster et Ava Gardner, un summum du film noir. De films noirs, la carrière de Siodmak en sera remplie. Avec Le Fils de Dracula, il pose les bases d’un cinéma qu’il côtoiera pendant de nombreuses années. Par-delà le simple film de monstre qu’il est, Le Fils de Dracula transpire l’essence du film noir. Au travers le triangle amoureux qui s’y forme, nous avons affaire à une enquête torturée où la passion déchaîne les comportements. Robert Siodmak soigne sa mise en scène. Les lumières sont absolument prodigieuses. Les acteurs sont sublimés à chaque plan. De plus, le film marque un tournant considérable dans l’histoire du cinéma fantastique. En effet, Le Fils de Dracula est le premier film à montrer la transformation d’un vampire en chauve-souris. Débordant d’ingéniosité, Siodmak prend soin de rendre ses effets spéciaux cohérents et vraisemblables. Et pour un film sorti il y a 80 ans, force est de constater que le temps n’a pas fait tant de ravages qu’on pourrait le croire. Certes, le côté kitsch de l’animal suspendu à un fil apparent fait défaut, mais on sent la démarche totalement fraîche pour son époque, et l’envie de bien faire prendra le pas sur notre raison (à l’instar des films d’un certain Ed Wood). Preuve en est que lorsque le talent crève l’écran, le spectateur est plus enclin à adhérer aux artifices !

Robert Siodmak dirige son projet d’une main de maître.

Le Fils de Dracula possède une bande-originale d’une très haute qualité. Signée Hans J. Salter (Le Loup-Garou, Le Spectre de Frankenstein, La Maison de Frankenstein, l’Etrangre Créature du Lac Noir…), on y sent un compositeur inspiré. De l’idée d’amener la réputation d’Universal vers un travail qualitatif supérieur, Salter redouble d’efforts. On y sent les prémisses de ce que fera Hitchcock dans Psychose, mêlant merveilleusement l’horreur et le film noir par le biais d’une bande-originale devenue culte. Ainsi, Le Fils de Dracula permet d’oublier son prédécesseur relativement fade (maudit soit le jeu blafard de Gloria Holden) et rivalise d’imagination pour ne pas proposer une redite du premier film. Là où Béla Lugosi nous avait servi un comte Dracula mystique, Lon Chaney Jr. en fait un homme moderne, beaucoup plus en connivence avec le monde dans lequel il vit. Par sa posture imposante et sa moustache (détail important !!), il entre parfaitement dans les pompes de l’homme moderne de l’époque, digne d’un homme d’affaires à qui tout a réussi. Toute la dimension fantastique du personnage (comme l’hypnose pour venir à bout de ses victimes) est effacée au profit de l’enquête. Voilà pourquoi Le Fils de Dracula est autant un film noir qu’un film de monstre : Siodmak transcende l’univers vampirique pour en tirer un ressort dramatique rarement vu. Une vraie démarche artistique à saluer doublement !

Le Fils de Dracula est un troisième opus de la franchise des Dracula franchement intéressant. Robert Siodmak dirige son projet d’une main de maître. L’ambiance est joliment construite. Les ressorts dramatiques sont amenés intelligemment. Voilà de quoi sublimer votre séance Monster Club de la plus belle des manières.

Informations

Détails du Film Le Fils de Dracula (Son of Dracula)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Horreur - Epouvante
Version Cinéma Durée 77 '
Sortie 05/11/1943 Reprise -
Réalisateur Robert Siodmak Compositeur Hans J. Salter
Casting Lon Chaney Jr. - Robert Paige - Louise Allbritton - Evelyn Ankers - Frank Craven
Synopsis Un mystérieux personnage, le Comte Alucard de Hongrie, se rend dans une petite ville des Etats-Unis, sur l'invitation de Katherine Cadwell. Jeune héritière d'une riche famille de Louisiane, cette dernière est obsédée par les sciences occultes et souhaite recevoir le don d'immortalité du Comte - au grand désespoir de son fiancé.

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