Critique Alien, la Résurrection (Alien Resurection)

Alien, la Résurrection
Alien : Résurrection est un retour réussi. Jean-Pierre Jeunet associe parfaitement son univers visuel avec les codes de la saga.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Suite aux altercations chaotiques entre la production et David Fincher, et compte tenu de la fin d’Alien 3, un quatrième opus n’avait pas été envisagé. Seulement, cinq ans après, la Fox a littéralement été impressionnée par le talent de scénariste de Joss Whedon et l’engage pour imaginer un nouvel épisode. Whedon écrit plusieurs versions dont une où le dernier tiers du film se serait déroulé sur Terre avec une énorme bataille pour la défendre. Plusieurs réalisateurs ont été approchés pour mettre en scène ce nouvel Alien. D’abord confié à Danny Boyle, ce dernier quitte le projet après sa rencontre avec les superviseurs des effets spéciaux. Peter Jackson déclina également l’offre jugeant qu’un quatrième épisode n’était pas nécessaire à la saga. La Fox envisagea un temps de prendre Bryan Singer suite à la forte impression qu'il leur avait fait avec Usual Suspects. Ce sera finalement Jean-Pierre Jeunet qui retiendra l’attention des producteurs notamment à cause de son style visuel percutant et unique. Alors en pleine écriture du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, notre compatriote fut tellement surpris qu’on l’envisage pour ce film qu’il accepta immédiatement.

Alien : Résurrection nous envoie en l’an 2379, soit 200 ans après la mort de Ripley. Des scientifiques militaires parviennent à recréer un clone de cette dernière à partir d’échantillons de sang collectés avant sa mort et y extraient la reine alien qu’elle porte dans son abdomen. Le clone de Ripley se révèle être en pleine mutation. Elle cumule toutes les forces d’un être humain ainsi que celui des aliens. Une bande de pirates accostent le vaisseau dans lequel les scientifiques font leurs expériences. Suite à une altercation, les aliens retenus captifs parviennent à s’échapper. Ripley et les pirates devront s’unir afin de s’extirper sains et saufs du vaisseau.

Jean-Pierre Jeunet associe parfaitement son univers visuel avec les codes de la saga.

La fierté de voir s’expatrier un réalisateur de talent comme Jean-Pierre Jeunet demeure la raison première de s’arrêter sur ce quatrième volet. Seul aux commandes du film suite au désistement fortuit de son camarade Marc Caro avec lequel il avait réalisé Delicatessen et La Cité des Enfants Perdus, Jeunet laisse exprimer sa créativité à foison. Son style visuel, à la fois morbide et poétique, se marie parfaitement avec l’univers d’Alien. Notre réalisateur transcende les créations de H.R. Giger, leur offrant une dimension visuelle nettement plus sombre et gothique que les trois autres films réunis. La mythologie des xénomorphes s’offre de nouvelles perspectives d’évolution compte tenu de la transformation de Ripley. Continuant ainsi le travail effectué par James Cameron sur Aliens, ce dernier volet nous offre le mutant ultime, l’alien dans sa forme définitive. « L’enfant » de Ripley sera probablement la créature la plus effrayante et malsaine que la saga ait connu. Avec Alien : Résurrection, Jean-Pierre Jeunet met l’accent sur ce qui n’était que supposé jusqu’alors en se posant véritablement la question de savoir qui est le véritable monstre. Avec un onirisme morbide déconcertant, Jeunet rend ses créatures adorables, on rentre parfaitement en empathie avec elles. Par-delà son aspect divertissant, le film dénonce une maltraitance animalière à une échelle vaste. Le conditionnement des aliens, ainsi que leur domptage forcé au gré de moult tortures tournent le film à leur avantage. De plus, la fin pessimiste dans la version longue du film corrobore la thèse selon laquelle Jeunet voit l’Homme comme un être abject, qui a détruit le monde pour tenter de le comprendre. Jeunet fait donc la part belle à l’horreur dans le sens générique du terme, car, outre le côté survival du film, il offre une conclusion fataliste résultant de toutes les malversations de l’Homme.

Alien : Résurrection est un retour réussi. Jean-Pierre Jeunet associe parfaitement son univers visuel avec les codes de la saga. Doté d’un fond riche et puissant, Alien : Résurrection conclue merveilleusement le voyage entamé par Ripley en 2122 avec un discours plein de sens quant à la légitimité de ladite puissance de l’Homme sur la nature.

Informations

Détails du Film Alien, la Résurrection (Alien Resurection)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Science - Fiction
Version Cinéma/Edition Spéciale Durée 109 '
Sortie 12/11/1997 Reprise -
Réalisateur Jean-Pierre Jeunet Compositeur John Frizzell
Casting Sigourney Weaver - Ron Perlman - Winona Ryder - Dominique Pinon - Michael Wincott
Synopsis Officiellement morte depuis près de 200 ans, le lieutenant Ripley reprend du service après qu'une équipe de généticien est enfin réussi son clonage à partir d'un échantillon de sang récupéré sur Fiorina 161. A la croisée des deux mondes, Ripley n'est plus la même et divague entre son coté humain et son instinct d'Alien. A bord du vaisseau Auriga, la reine mère qui a été retiré de son corps ne va pas tarder à donner naissance à de nouveaux Aliens grâce aux corps apportés par d'étranges mercenaires.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques