Critique Alien, le Huitième Passager (Alien)

Alien, le Huitième Passager
Alien est un projet mature qui ne cesse de prendre de l’ampleur au fil des projections. Son impact demeure intact et sa réputation est plus que méritée. En deux mots : un chef d’œuvre !

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

En matière de science-fiction, les années 70 ont largement inspiré les cinéastes. Un petit lot de films a su déterminer et poser des codes précis sur ce qui fait ce genre de cinéma encore aujourd’hui. Impossible de ne pas nommer 2001 : l’Odyssée de l’Espace, Star Wars ou même encore Dark Star pour ce qu’ils ont apporté à ce genre spécifique. Ridley Scott, très remarqué par les producteurs d’Alien après la diffusion de son premier long métrage à Cannes, Les Duellistes, va tomber sur le scénario écrit par Dan O’Bannon. Ce dernier tentait par tous les moyens de vendre son histoire juste après avoir perdu beaucoup d’argent suite à l’avortement du projet d’adaptation de Dune par Alejandro Jodorowsky. D’abord intitulé Starbeast, il eut l’idée de cette histoire à la sortie de Dark Star de Carpenter. Il souhaitait réitérer une histoire similaire en y incorporant un aspect horrifique dans la veine des films de monstres des drive-in de l’époque comme The Terror From Beyond Space. Ridley Scott fut séduit par le scénario d’Alien, il accepta immédiatement de le réaliser.

Nous voici donc embarqués à bord du remorqueur interstellaire le Nostromo, en 2122, en route vers la Terre. L’ordinateur de bord interrompt le voyage et réveille l’équipage maintenu en biostase. Les sept passagers apprennent qu’ils ont été détournés de leur route afin d’enquêter sur un mystérieux signal émis d’une planète inexplorée. Sur place, ils vont faire la découverte inquiétante d’un vaisseau écrasé avec à son bord le cadavre d’une créature non identifiée transportant d’étranges œufs. C’est alors qu’un de ces œufs éclot et laisse sortir une créature arachnéenne qui attaque l’un des astronautes…

Ce qui fait la force d’Alien réside dans le climat que le film impose.

Impossible de ne pas connaitre Alien. Inscrit au panthéon des films cultes de l’histoire de la science-fiction, sa créature singulière sortie de l’esprit du graphiste H.R. Giger aura su marquer l’inconscient collectif de par son imposant design atypique. Devenue une référence en terme de monstre intemporel, la créature d’Alien provoquera moult cauchemars à la sortie du film. Ridley Scott redouble d’ingéniosité dans la conception de son film. Ce qui fait la force d’Alien réside dans le climat que le film impose. Scott instaure une ambiance claustrophobe, prenant soin de jouer avec tous les éléments mis à sa disposition. Ainsi, les personnages sont sans cesse écrasés dans un espace restreint, ils évoluent dans des couloirs exigus malgré l’imposante présentation du vaisseau et l’immensité du vide spatial dans lequel il évolue. De plus, la musique signée Jerry Goldsmith accentue le climat oppressant du film. Les compositions sont anxiogènes et très peu mélodiques. La musique renforce l’aspect horrifique du projet en jouant sur la notion de peur escomptée par Ridley Scott. Elle agit comme un personnage annexe accompagnant les séquences sans jamais prendre le dessus. Cette « absence » d’ambiance aura raison de l’aspect frontal que déploie Alien : on y croit dur comme fer ! D’abord fasciné puis apeuré, le spectateur aura le temps de nouer des liens avec les personnages. En effet, Alien distille ses atouts au compte goute. On ne saura pas vraiment de quoi il en retourne avant la fameuse scène du repas. Scène qui provoque toujours son petit effet de surprise au passage.

En deux mots : un chef d’œuvre ! 

Ridley Scott se tient aux fondamentaux de ce qui compose un film d’horreur. Son but (comme son budget) n’étant pas d’insister sur les effets graphiques de mauvais goût. Il redouble d’efforts pour maintenir la tension à son maximum jusqu’au bout. Très inspiré par le Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper, Scott en tire une essence similaire. Ce qui rend le film de son comparse aussi cruel ne réside pas dans la violence montrée à l’écran, mais bel et bien dans la suggestion conférée ainsi que l’ambiance générale du projet. Alien ne dévoile que très peu sa créature. D’une part, le budget ne le permettait pas, ce qui explique pourquoi elle n’est jamais visible en entier à l’image. D’autre part, ceci lui a permis de jouer avec toutes les zones d’ombres du vaisseau claustrophobique. Le spectateur connait la menace. Le spectateur la redoute à chaque plan. Voilà ce qui a fait d’Alien un modèle horrifique indiscutable. Le spectateur scrute chaque image dans l’espoir de désamorcer une éventuelle attaque, mais Scott s’arrange toujours pour avoir une longueur d’avance. De ce fait, Alien garde une modernité indiscutable dans sa construction puisqu’il sait encore surprendre le néophyte découvrant l’œuvre pour la première fois tout comme le fan averti. Une belle preuve de maturité digne d’un grand réalisateur dont le début de carrière demeure exemplaire.

Alien est à la fois un grand film de science-fiction et d’horreur. Résultat d’un travail d’orfèvres à la fois devant comme derrière la caméra, Alien est un projet mature qui ne cesse de prendre de l’ampleur au fil des projections. Son impact demeure intact et sa réputation est plus que méritée. En deux mots : un chef d’œuvre ! 

Informations

Détails du Film Alien, le Huitième Passager (Alien)
Origine Etats Unis - Angleterre Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Science - Fiction
Version Cinéma /Director's Cut Durée 117 '
Sortie 12/09/1979 Reprise -
Réalisateur Ridley Scott Compositeur Jerry Goldsmith
Casting Sigourney Weaver - Tom Skerritt - Harry Dean Stanton - Veronica Cartwright - John Hurt - Ian Holm - Yaphet Kotto - Bolaji Badejo
Synopsis Le Nostromo, vaisseau commercial, est réveillé de son sommeil par un étrange signal provenant d'une planète inconnu. Son équipage se doit alors de vérifier l'existence de vie, et trouve un étrange vaisseau, source du signal. L'officier Kane est alors attaqué par une forme de vie inconnue. De retour sur le Nostromo, le médecin essaye d'enlever en vain la créature accrochée sur le visage de Kane, jusqu'au jour où celle-ci se décrocha d'elle même.

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