Critique Zoolander

Zoolander
Zoolander est une comédie potache d’une redoutable efficacité. Ben Stiller confirme qu’il est un maître dans l’art de la critique absurde et confère à son film un sous-texte des plus intelligents.

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

En 2001, Ben Stiller est en pleine ascension. Un gain de popularité à l’échelle mondiale ayant fait de lui un acteur reconnut après le succès de Mary à Tout Prix. Se remettant doucement de l’échec cuisant de son troisième long métrage, Disjoncté, dans lequel Jim Carrey cabotinait comme jamais, Stiller reprend les armes et est bien décidé à ne pas se laisser démonter une fois de plus. Choisissant de mettre en exergue sa force de frappe comique où l’absurde règne en maître, il débarque avec Zoolander, l’histoire d’un mannequin narcissique à qui tout réussit. Derek Zoolander est un personnage d’une bêtise affligeante. La compétition est rude dans son milieu et l’arrivée de Hansel, un mannequin hippie aussi bête que lui, amène Derek au fond du trou. Abattu et humilié, il met fin à sa carrière. C’est alors que Jacob Mugatu, un styliste de renommée, décide de faire appel à lui pour son prochain défilé. Seulement, Derek ne se doute pas qu’il va subir un lavage de cerveau afin d’assassiner le Premier ministre de la Malaisie. Avec l’aide d’une journaliste du Time et de Hansel, Derek va tenter de déjouer les plans de Mugatu.

Zoolander est une comédie potache d’une redoutable efficacité.

Comme disait Oliver Hardy : « Nul n’est plus idiot qu’un idiot qui se croit intelligent ». Pour sûr que Ben Stiller applique cette formule à la perfection lorsqu’il décide de mettre en scène Zoolander. Aidé de son compère de toujours, Owen Wilson, il s’attaque à la critique d’un monde fait de dictats et où règne la loi du plus fort. Si d’apparence Zoolander est une comédie potache et décalée, la critique acerbe du monde du mannequinat qu’en retire Stiller est diablement intéressante. Par le biais d’un absurde de qualité, le film frappe un grand coup dans l’univers de la mode. Il dénonce une micro-société où le postulat du « sois beau et tais-toi » domine en masse. Que ce soit le personnage de Derek ou de Hansel, tout comme les stylistes qui y sont dépeints, Stiller appelle à un éveil des consciences. Il pointe du doigt une malversation de l’image renvoyée dans ce milieu. Sans pour autant le décrier totalement, Stiller entend exacerber la bêtise des codes qui régissent le monde de la mode tout en ayant le plus profond respect pour celui-ci. Et c’est là toute l’intelligence de l’œuvre : on en rit, mais en aucun cas on renie.

Ben Stiller s’amuse comme un enfant à maltraiter son héros.

Ben Stiller s’amuse comme un enfant à maltraiter son héros. En l’espace de 90 minutes, il lui crée une personnalité riche en gimmicks devenus cultes désormais (tout le monde se souvient de sa fameuse pose, le Blue Steel). Comme un immense projet qui aurait pu être calqué d’un sketch de talk-show (univers dont est issu Stiller), notre réalisateur fait appel à tous ses amis. Zoolander est une immense cour de récréation où la seule règle est d’être le plus hilarant possible. Parmi toute la flopée de caméos délicieux que nous offre le film, on retiendra surtout celle de David Bowie qui demeure la plus délectable d’entre tous. Mais Zoolander n’aurait pas cette saveur singulière s’il n’était pas porté par un trio d’exception. Outre le duo Stiller / Wilson qui fonctionne du feu de Dieu, il est impossible de ne pas nommer Will Ferrell. En totale roue libre, le comédien joue les trublions comme rarement il ne l’a joué. Métamorphosé de la tête aux pieds, Ferrell nous explose les zygomatiques à chacune de ses apparitions volant, malgré lui, la vedette à nos héros. Et même s’il n’est pas question de compétition entre les acteurs, force est de constater que la nature même du scénario aura eu raison du talent des comédiens. C’est vraiment à celui qui fera ou dira la plus grosse bêtise afin de s’attirer les grâces du public. Pour sûr que l’exercice aura inspiré énormément de monde, à commencer par Michael Youn et son film Fatal auquel on pense forcément.

Zoolander est une comédie potache d’une redoutable efficacité. On rit à foison du début à la fin. Ben Stiller confirme qu’il est un maître dans l’art de la critique absurde et confère à son film un sous-texte des plus intelligents. Une comédie devenue culte qu’on ne se lasse pas de revoir.

Informations

Détails du Film Zoolander
Origine Etats Unis - Allemagne - Australie Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 89 '
Sortie 02/01/2002 Reprise -
Réalisateur Ben Stiller Compositeur David Arnold
Casting Milla Jovovich - David Duchovny - Will Ferrell - Ben Stiller - Owen Wilson - Jon Voight - Vince Vaughn - Christine Taylor - Jerry Stiller
Synopsis Derek Zoolander, un célèbre mannequin, est à l'apogée de sa carrière. Couronné trois fois de suite Top model de l'année, il est sur le point de recevoir son quatrième trophée lorsque ce titre lui est ravi par un jeune et ambitieux challenger : Hansel.

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Commentaires sur " Zoolander "
  • Htb

    Htb le 28/02/2016 à 12:37

    Bon ben il va bien faloir que j'y jette un coup d'oeil ! emoticone

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