Critique Steve Jobs

Steve Jobs
Un scénario brillant dynamisant tous les codes du genre fait de Steve Jobs un film remarquablement intelligent et incisif.

Verdict Note : Exceptionnel ! Exceptionnel !

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Steve Jobs est un génie. Steve Jobs a révolutionné le monde de l'informatique. Bon jusqu'à présent rien de nouveau. Et puis après le Jobs avec Ashton Kutcher en 2013, on en avait assez vu. Pas besoin de jeter des fleurs au cofondateur d'Apple et pas besoin d'un autre biopic sur lui. Pour dire quoi ? Et puis Aaron Sorkin est arrivé. Le scénariste, à qui l'on doit The Social Network et A la Maison Blanche, n'est pas comme tout le monde. Un biopic ? Le genre est casse-gueule et dangereux et dans un cas comme celui de Steve Jobs, le manque de recul est assez évident, l'homme étant décédé en 2011. La solution est pourtant simple : éviter le biopic et ses pièges à tout prix. Culotté, Sorkin propose un scénario divisé en trois parties. Le film se déroule donc en 1984, en 1988 et en 1998. Trois séquences, situées juste avant le lancement d'un produit (le Mac, le NeXT, l'iMac). Trois séquences permettant de condenser la vie de son personnage principal, de montrer son évolution et de montrer tous ses conflits intérieurs.

Avec ce procédé, Aaron Sorkin désamorce tous les pièges de la narration classique. Certes, quelques séquences de flash-back viennent s'introduire dans la structure mais uniquement pour servir les propos du présent que l'on nous montre. Et en se concentrant sur ces trois événements d'une vie, Steve Jobs démontre sa plus grande qualité : ce n'est pas un film sur le cofondateur d'Apple, c'est un film à la portée beaucoup plus universelle. Pas besoin de savoir manier un mac ou d'être passionné d'informatique pour se prendre au jeu. Car Steve Jobs est un homme comme un autre, avec sa complexité, son génie, ses paradoxes, ses défauts, ses failles, ses inquiétudes et ses qualités. Steve Jobs est bien plus que le portrait de l'homme qui a révolutionné l'informatique, c'est avant tout le portrait d'un homme complexe, dont on peut saisir chaque nuance sans pour autant le comprendre entièrement. Pour l'appréhender, le scénario le met sans cesse en conflit. Avec sa fille qu'il a mis du temps avant de reconnaître, avec Steve Wozniak, son complice depuis ses débuts qu'il a largué en cours de route, avec John Sculley, PDG d'Apple qu'il voit comme une figure paternelle. Autant de conflits qui éclatent alors qu'une présentation est à faire dans quelques minutes et qui rythment l'ensemble, dynamisant un genre que l'on croyait à jamais pris au piège de ses conventions.

Un scénario brillant dynamisant tous les codes du genre fait de Steve Jobs un film remarquablement intelligent et incisif.

Le rythme. Voilà bien un mot qui définit à merveille Steve Jobs. C'est un film qui n'a pas de répit et ce sont les dialogues qui mettent la machine en marche. Des dialogues que Sorkin maîtrise à merveille et que ses personnages utilisent comme des armes. Le climax de la deuxième séquence, affrontement verbal entre Jobs et Sculley, sera aussi violent qu'une scène de castagne entre James Bond et Jason Bourne. Les répliques fusent, les mots font mal et en disent long sur la relation entre les personnages. Bavard ? Bien sûr. Mais n'allez pas croire un seul instant que rien n'est millimétré dans ces joutes. Tout est calculé, pensé pour viser juste et à ce niveau-là, le scénario est tout simplement brillant. Danny Boyle n'a donc pas grand chose à faire si ce n'est se mettre au service du scénario et dynamiser un peu l'ensemble avec sa mise en scène mais juste ce qu'il faut. Les acteurs font le reste. Michael Fassbender prouve une fois de plus l'étendue de son talent, offrant toutes ses nuances à un personnage complexe, mégalomane et difficile à aimer. Kate Winslet, Seth Rogen, Michael Stuhlbarg et Jeff Daniels viennent compléter le tableau et donner à chaque réplique l'intonation qu'il faut. Mais que le doute ne plane pas. Si Steve Jobs est un grand film, c'est grâce à son scénario. Pas étonnant que dans la grande valse des talents venus graviter autour du film (David Fincher à la réalisation, Christian Bale, Leonardo DiCaprio ou Natalie Portman au casting), celui qui n'a pas bougé est Aaron Sorkin. Le film lui doit tout et vient nous asséner en pleine figure un rappel bon à entendre : ne jamais sous-estimer la puissance d'un scénariste.

Informations

Détails du Film Steve Jobs
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Drame - Biopic
Version Cinéma Durée 122 '
Sortie 03/02/2016 Reprise -
Réalisateur Danny Boyle Compositeur Daniel Pemberton
Casting Seth Rogen - Michael Fassbender - Kate Winslet - Jeff Daniels - Michael Stuhlbarg - Katherine Waterston
Synopsis Situé dans les coulisses de trois lancements de produits emblématiques et se terminant en 1998 avec le dévoilement de l'iMac, Steve Jobs nous entraine dans les coulisses de la révolution numérique pour peindre un portrait intime de l'homme brillant à son épicentre.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques