Critique Le Grand jeu

Le Grand jeu
Présenté en ouverture lors de la 3e édition du Film Noir Festival en présence de son réalisateur, Nicolas Pariser, Le Grand Jeu s’établit sous un mystère captivant toute la première partie de ce premier film d’un réalisateur forgé aux courts-métrages.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Présenté en ouverture lors de la 3e édition du Film Noir Festival en présence de son réalisateur, Nicolas Pariser, Le Grand Jeu s’établit sous un mystère captivant toute la première partie de ce premier film d’un réalisateur forgé aux courts-métrages. Le Grand Jeu est un film, aux premiers abords, pointu s’articulant sur une (im)probable rencontre entre une personnalité bavarde, mais obscure et un jeune paresseux autrefois écrivain, révolutionnaire par les idées et les mots. L’écrivain, c’est Pierre Blum, homme dépourvu de vie, s’entourant d’ironie entre plans drague foireux et rendez-vous avec son ex-femme. Cette rencontre incongrue va être le déclenchement d’un basculement vital pour le personnage interprété par Melvil Poupaud se retrouvant bien malgré lui à se terrer dans une chambre de bonne. Alors cette commande d’un livre par ce personnage curieux et charismatique interprété par André Dussolier va faire virer Pierre dans les arcanes de l’état dans une machination envers le ministre de l’Intérieur. Les aspirations opportunistes vont emmener Pierre à prêter sa plume pour un livre contradictoire. Alors, l’homme plonge dans une mystérieuse affaire.

Le Grand Jeu joue principalement de sa première moitié obscure tirant sur des ficelles politiques. Malheureusement, le film se perd dans sa seconde partie par une amourette incongrue.

Nicolas Pariser est un jeune réalisateur très au courant des affres de la politique manœuvrant l’univers depuis ses courts-métrages, dont La République, prix Jean Vigo en 2011. Prenant l’idée de l’œuvre de Joseph Conrad, Sous les yeux de l’Occident, mêlé à l’affaire de Tarnac ayant fait trembler l’UMP et le gouvernement Sarkozy en 2008, le néo-metteur en scène organise un thriller politique au potentiel incroyable. La sombre et délicate première partie accroche et scotche notamment par les échanges intrigants entre Melvil Poupaud et André Dussolier. À n’en point douter, ce dernier est la grande force du film. Melvil Poupaud en écrivain/révolutionnaire raté apporte son charisme et sa complémentarité, mais l’acteur aperçu dernièrement dans Diplomatie se révèle être l’atout majeur du Grand Jeu. Alors, qu’elle n’est pas notre stupéfaction de cette tournure de second acte préférant se concentrer sur Pierre Blum et ses ressentis existentiels l’impliquant de loin à l’affaire, André Dussolier interprétant Joseph Paskin se voyant mis de côté, éliminé par le scénario et la mise en scène, laissant le jeune homme prendre ses aises à la campagne dans un camp d’activistes d’extrême gauche. La politique s’efface au profit d’une orientation sentimentale autour de Pierre Blum avec une jeune activiste interprétée avec effacement par Clémence Poesy.

Nicolas Pariser abandonne l’exercice de l’état à notre plus grand désarroi. Là où était le sujet d’un film demandant une ampleur à faire exploser cette classe politique, nombriliste et auto-suffisante, le spectateur devra se satisfaire d’une course poursuite à Kent, lieu où Pierre Blum s’est finalement réfugié. Le film se clôt sans âme tel un petit essai modeste sur le quai d’une gare faisant réagir le public présent face au réalisateur dans la salle. Le Grand Jeu se devait être un essai primal, malin et fonceur, qui au final, tombe à plat par une amourette inconséquente et malvenue pour un thriller humble, trop peut être.

Informations

Détails du Film Le Grand jeu
Origine France Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Thriller - Drame
Version Cinéma Durée 100 '
Sortie 16/12/2015 Reprise -
Réalisateur Nicolas Pariser Compositeur Benoît de Villeneuve - Benjamin Morando
Casting Melvil Poupaud - André Dussollier - Clémence Poésy - Nathale Richard
Synopsis Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d'un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu'il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger. Au milieu de ce tumulte, Pierre tombe amoureux de Laura, une jeune militante d'extrême gauche; mais dans un monde où tout semble à double fond, à qui peut-on se fier ?

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