Critique Don Jon

Don Jon
Pour son premier film en tant que réalisateur, Joseph Gordon Levitt (JGL) prend le parti de la simplicité. Devant et derrière la caméra, JGL s'efforce à dépeindre la portrait de Jon, jeune homme des quartiers pauvres/modestes, looser à la superficialité...

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Pour son premier film en tant que réalisateur, Joseph Gordon Levitt (JGL) prend le parti de la simplicité. Devant et derrière la caméra, JGL s'efforce à dépeindre la portrait de Jon, jeune homme des quartiers pauvres/modestes, looser à la superficialité surdimensionné. Jon est, sous quelques encablures, le reflet moderne du John Travolta de La fièvre du samedi soir. Même démarche absurde, Jon est un petit italien adepte de frimes, des soirées discothèques avec ses potes et des histoires sans lendemain. Fidèle de l'église catholique chaque dimanche, il lave ses pêchés de la semaine pour mieux recommencer. Un tunnel sans fin. Pire, son pêché mignon est la branlette et les vidéos pornos. Petit plaisir solitaire où il s'évacue dans le néant, le porno est, chez Jon, une sorte d'exutoire. Jusqu'au jour où il fait la rencontre de Barbara, barbie surdéveloppée prenant forme dans les atouts voluptueux de Scarlett Johansson. Les deux se trouvent comme le couple parfait. L'histoire idéale pour Barbara qui cherche vainement l'image guimauve des films romantiques dont elle est fanatique.

En délaissant son portrait de petit homme, Joseph Gordon-Levitt embraye sur cette histoire d'amour à l'eau de rose. Là, malheureusement, le bas blesse pour le film. Le jeune réalisateur néglige son ton ironique collant aux basques de son personnage principale pour poser sa narration dans un premier degré beaucoup plus consensuel (la présentation aux parents, les sorties en couples).

Trop démonstratif, le récit peine à évoluer vers autre chose. Joseph Gordon Levitt ne sait pas réellement quelle direction donnée à Don Jon. Il laisse ses personnages en roue libre, Scarlett Johansson mâchouillant inlassablement son chewing gum. Le film finit par tourner en rond. Car dans sa faiblarde deuxième partie, le metteur en scène se force vainement à développer le personnage mièvre de Barbara, se bloquant sur ce personnage a sens unique dont il ne peut rien tirer. Scarlett Johansson peine à lui donner de l'ampleur, restant au final qu'une simple blonde décervelée et ringarde.

Mais au bout d'une heure de film, JGL trouve la solution. Julianne Moore apparaît maladroitement au détour d'une scène banale. Don Jon ne s'en remettra pas. Véritable bouée de sauvetage du film, on assiste à l'apparition du personnage le plus profond du film. On ne saura finalement que très peu de choses sur elle, mais assez (la perte de son mari et son enfant) pour que l'empathie se créer. Jon voit en Esther le véritable visage de la vie. Entre mère et amante, elle sera la solution d'une maturation pour Jon. Progressivement, elle lui donnera une dimension autre, le faisant basculer de simple image à celui d'homme (amoureux de surcroît) à part entière. En trente minute, Don Jon trouve enfin son point d’intérêt et finalement son sujet.

Le film se conclut sur une apothéose conventionnelle. Jon a compris la véritable valeur de la vie. Il a réussi à remplir ce vide, ce néant inexpliqué qui faisait de lui une enveloppe imagée plutôt qu'un homme.

Là où on espérait voir en Don Jon un bon premier film, on trouvera un petit essai sympathique. Une oeuvre vivante aux grès de ces deux personnages féminins, véritable reflet du film.

Informations

Détails du Film Don Jon
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie
Version Cinéma Durée 90 '
Sortie 25/12/2013 Reprise -
Réalisateur Joseph Gordon Levitt Compositeur Nathan Johnson
Casting Julianne Moore - Scarlett Johansson - Joseph Gordon-Levitt
Synopsis Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques