Critique The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short)

The Big Short : Le Casse du siècle
Si dans le même registre, on lui préférera Margin Call, The Big Short reste tout de même un film extrêmement plaisant, mené par un joli casting et une bonne part de cynisme. Dommage qu'il se sente parfois obligé d'être trop démonstratif.

Verdict Note : Intéressant dans son ensemble. Intéressant dans son ensemble.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

Connu pour ses comédies joyeusement délirantes avec Will Ferrell (Ricky Bobby : roi du circuit, Frangins malgré eux, Anchorman), Adam McKay décide de s'attaquer à un registre plus sérieux avec The Big Short. Adaptation d'un best-seller de Michael Lewis (à qui l'on doit également Le Stratège de Bennett Miller), The Big Short nous conte l'histoire (vraie) de plusieurs personnes travaillant dans la finance et qui ont anticipé en 2005 l’effondrement du marché qui viendra trois ans plus tard, en profitant au passage pour se faire une jolie petite fortune.

Stupidement sous-titré en français Le casse du siècle, le film est pourtant loin de raconter un casse. Certes, il nous montre des outsiders et des marginaux trouver la faille d'un système économique et la tourner à leur avantage, mais ces personnages (qui ne se croiseront pas tous) ont des intérêts divergents. Il y a bien évidemment l'appât du gain représenté par le personnage de Ryan Gosling (brun pour l'occasion !), mais les raisons des autres personnages sont plus obscures. Outre Ryan Gosling et son personnage cupide, profil typique du courtier en bourse, on pourra croiser deux jeunes hommes ambitieux chaperonnés par un ancien de la finance un peu parano (Brad Pitt, dans un rôle mineur, mais néanmoins irrésistible), un outsider presque asocial mais qui a décelé la faille du système en premier (Christian Bale, forcément bon dans ce rôle) ou encore un homme d'affaires méprisant le système et souhaitant profiter de cette faillite à venir pour taper sur ses personnes cupides et déconnectées du réel qu'il méprise (Steve Carell, décidément à un sacré tournant dramatique de sa carrière).

Si dans le même registre, on lui préférera Margin Call, The Big Short reste tout de même un film extrêmement plaisant, mené par un joli casting et une bonne part de cynisme. Dommage qu'il se sente parfois obligé d'être trop démonstratif.

Non seulement le casting réuni ne manque pas de charme mais le sujet abordé est également ambitieux. Et c'est là que le bât blesse. Bien que noir et cynique dans sa vision du monde capitaliste et ponctué de touches d'humour, The Big Short nous parle d'un sujet bien trop vaste pour qu'il soit totalement compris. Le scénario a beau s'en sortir avec de jolies pirouettes (des caméos de Margot Robbie ou de Selena Gomez nous expliquant des termes pointus de la finance), il touche à des choses complexes et même s'il assume notre incapacité à tout comprendre, il se veut souvent trop démonstratif pour être pleinement apprécié. Dans le même genre, Margin Call de J.C. Chandor faisait beaucoup mieux en 2011 et présentait une vision plus sombre et à la fois plus claire de la crise économique de 2008.

Puisqu'il se veut plus ample et puisqu'il se déroule sur plusieurs années, The Big Short semble ne pas avoir d'autre choix que de se coltiner pas mal de scènes démonstratives qu'Adam McKay met un point d'honneur à toujours désamorcer par un trait d'humour appréciable, ne rendant pas forcément les choses claires pour autant. Malgré tout, l'important est de comprendre l'essence de ce qu'il se passe et il n'y a pas de soucis à ce niveau-là. On se perdra dans les termes, mais on arrivera à suivre, s'accrochant à des acteurs charismatiques que l'on apprécie. Si cette complexité et ce sens de la narration parfois maladroit dessert certainement le film, il faut aussi pointer du doigt la mise en scène adoptée par McKay.

Alors que ses précédents films sont esthétiquement simples, mais tout de même agréables à regarder, The Big Short opte ici pour beaucoup de caméra à l'épaule, de photographie réaliste, mais peu esthétique et surtout d'effets de montage un peu balourds. Comme si le fait que ce soit une histoire vraie nécessitait une mise en scène plus réaliste le tout accompagné d'images d'archives assez lourdingues. Cherchant visiblement à donner un style bien particulier à son film, McKay tombe dans des travers de réalisation qu'on ne lui connaissait pas et il faudra du temps pour s'habituer à ce réalisme et à ce dynamisme plus encombrant qu'autre chose, comme si la force du sujet et de son histoire ne suffisait pas. Et pourtant, elle suffit cette histoire, car ce que l'on entrevoit à travers ses maladresses, c'est tout de même le constat virulent d'une société capitaliste qui n'apprend pas de ses erreurs. Sous couvert du divertissement et de ses traits d'humour, la morale de The Big Short effectue un constat amer : au final, cette crise, qu'elle ait coulé des banques ou enrichit certaines personnes, a plus nuit qu'autre chose aux pauvres qui continuent de trinquer pour les autres. Peu subtil, mais efficace.

Informations

Détails du Film The Big Short : Le Casse du siècle (The Big Short)
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Comédie Dramatique
Version Cinéma Durée 132 '
Sortie 23/12/2015 Reprise -
Réalisateur Adam McKay Compositeur
Casting Brad Pitt - Christian Bale - Steve Carell - Ryan Gosling - Marisa Tomei - Karen Gillan - Max Greenfield - Finn Wittrock
Synopsis Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des medias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point… le casse du siècle ! Michael Burry, Steve Eisman, Greg Lippmann et Ben Hockett : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques … et tenter de rafler la mise !

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques