Critique La Chambre des Horreurs (Chamber of Horrors)

La Chambre des Horreurs
La Chambre des Horreurs est un film trop simple pour marquer les esprits. En dépit d’un Patrick O’Neal inspiré et d’une réalisation au diapason, le film souffre de beaucoup trop de défauts pour daigner avoir envie d’y revenir.

Verdict Note : Maladroit sur de nombreux points. Maladroit sur de nombreux points.

Par Anthony Verschueren

Critique du Film

Hy Averback était un réalisateur, acteur et producteur prolifique dans le domaine des séries télé. Il a notamment contribué au tournage de quelques épisodes de séries comme Columbo ou encore Shérif, Fais-Moi Peur. La Chambre des Horreurs est son premier long-métrage. Sorti en 1966, on y fait la connaissance de deux gardiens d’un musée de cire reconstituant les plus grandes scènes de crime au monde. Détectives à leurs heures perdues, ils viennent en aide à la police sur les traces d’un psychopathe sanguinaire, John Crevette, dont le passe-temps favori consiste à étrangler des femmes avec leurs cheveux avant de les épouser. Crevette sera vite mis hors d’état de nuire. Lors de son transfert vers la prison, l’homme se coupe la main afin de se libérer et de s’évader. Porté-disparu et considéré comme mort, il prendra tout son temps afin d’élaborer une vengeance digne de ce nom et de tuer tous les bourreaux coupables de sa condamnation. La Chambre des Horreurs est disponible en DVD dans la série « Les Trésors de Warner – Collection Horreur & Science-Fiction ».

La Chambre des Horreurs aura vite fait de faire déchanter le fan de classiques horrifiques.

Pensé à l’origine comme le pilote d’une série télé inspirée du film avec Vincent Price, l’Homme au Masque de Cire, La Chambre des Horreurs avait été jugé trop violent pour la télévision. Averback a alors pensé son film différemment, rallongé ce dernier d’une demi-heure, et l’a sorti au cinéma. Fort d’une promotion déclamant l’horrible intensité des scènes effrayantes sur les affiches du film, La Chambre des Horreurs s’ouvre sur un avertissement angoissant où une voix off nous invite à détourner les yeux lors des séquences macabres. Pour aider le spectateur à les détecter, le film sera accompagné d’un « fear flasher », avertissement sonore et visuel figeant l’image durant quelques secondes. Nous sommes trois ans après la sortie de Blood Feast (premier film gore de l’histoire du cinéma). Les essais horrifiques en technicolor sont en pleine expansion. Nous nous attendions donc à en avoir pour notre argent. Quelle ne sera pas notre surprise lorsque nous nous retrouverons devant le fait accompli ! Non seulement les scènes horrifiques sont suggérées et nous déplorerons la moindre goutte de sang à l’image. Quand bien même l’horreur ne passe pas spécialement dans le visuel, ce « fear flasher » annihile toute notion de suspense, si bien que les tensions sont désamorcées avant même d’avoir été créées à l’image. Horrible pétard mouillé, La Chambre des Horreurs aura vite fait de faire déchanter le fan de classiques horrifiques. Fort heureusement, le psychopathe incarné par Patrick O’Neal est majestueux. Tel un acteur de tragédie grecque, l’homme sublime son personnage, rendant chacune de ses interventions à la fois magistrales et prenantes.

La Chambre des Horreurs est un film trop simple pour marquer les esprits.

La Chambre des Horreurs pâtit de ce défaut alarmant d’avoir été pensé pour la télévision. Certaines scènes tirent douloureusement en longueur. On peinera à garder les yeux ouverts lors de dialogues interminables où la naïveté des protagonistes fera foi d’une bêtise homogène. En effet, les deux héros du film, les gardiens du musée, ressemblent à deux pauvres Sherlock Holmes en carton. Usant de procédés policiers dépassés, les deux hommes expliquent sans cesse leurs actes à haute voix. Ils tiennent viscéralement le spectateur par la main et rendent les propos et l’action douloureusement pompeux. Ceci étant, la réalisation d’Averback est soignée. Visuellement, La Chambre des Horreurs nous ramène fièrement au début du XXe siècle notamment par le biais de costumes somptueux. Les acteurs sont vraiment très beaux à regarder. La forme visuelle est riche et le projet aurait été très ambitieux pour son époque s’il avait été décliné en série télé comme convenu. D’ailleurs, on sent que Hy Averback croyait au potentiel de son histoire compte tenu du cliffhanger qui conclut le récit. Une fin ouverte se traduisant comme un appel aux producteurs à reconsidérer leur offre. La suite des événements leur donnera raison puisque le projet restera en l’état.

La Chambre des Horreurs est un film trop simple pour marquer les esprits. En dépit d’un Patrick O’Neal inspiré et d’une réalisation au diapason, le film souffre de beaucoup trop de défauts pour daigner avoir envie d’y revenir. On préférera retourner voir l’Homme au Masque de Cire (et même son remake, loin d’être mauvais, par Jaume Collet-Serra, qui se fait une joie d’empaler violemment l’exécrable Paris Hilton) qui, lui, ne désamorçait pas ses scènes intenses par un procédé âpre : nous maudissons ce « fear flasher » de malheur !

Informations

Détails du Film La Chambre des Horreurs (Chamber of Horrors)
Origine Etats Unis Signalétique Interdit aux moins de 12 ans
Catégorie Film Genre Horreur
Version Direct To Video Durée 95 '
Sortie 16/10/2015 Reprise -
Réalisateur Hy Averback Compositeur William Lava
Casting Patrick O'Neal - Wilfrid Hyde-White - Cesare Danova - Laura Devon
Synopsis Un homme condamné coupe sa main pour se libérer, équipe son moignon d'un outil pour couper, déchirer et embrocher et commence une fête macabre.

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