Critique Spectre

Spectre
Spectre s'avère être l'étape attendue et cruciale d'une renaissance. L'héritage glorieux trône fièrement laissant enfin s'échapper la descendance sans l'étouffer ni l'aseptiser...

Verdict Note : Un très bon moment en perspective. Un très bon moment en perspective.

Par Mathieu Le Berre

Critique du Film

Spectre - James Bond - Photo 1"The Dead are alive" s'imprime doucement sur l'écran laissant place à une foule endiablée lors de la Fête des Morts à Mexico. James Bond l’observe derrière un masque de mort en attendant sa cible avec flegme. À son bras, une voluptueuse mexicaine l'accompagne lors d'un plan-séquence sensationnel de plus de trois minutes. James Bond s'imprime avec dureté telle que son empreinte littéraire s'est dessinée lors des multiples lectures des romans de Ian Fleming. Sam Mendes, en dehors des multiples tours de force de sa mise en scène délicate et inspirée, sera le commanditaire du retour de la saga dans les codes de son propre genre. Avec cette 24e aventure du célèbre espion au service secret de sa Majesté, Spectre rentre dans le moule d'une saga universelle et intergénérationnelle. Le célèbre et indémodable Gunbarrel retrouve enfin sa place en pré-générique originel.

Une mise en scène délicate et inspirée

En 2006, Casino Royale s'adaptait à un cinéma moderne ayant abandonné James Bond en petite forme. Le chapitre final de la période Pierce Brosnan, Meurs un Autre Jour, avait laissé circonspect la communauté spécialiste du personnage, mais pas le public. La saga James Bond s'est prise les pieds à son propre jeu, alors que Jason Bourne se sort des intrigues les plus improbables par des scénarios réalistes. James Bond a besoin d'être recadré, remis au goût du jour. Un nouveau chapitre s'ouvre sous le titre du premier roman écrit par Ian Fleming, Casino Royale, publié le 13 avril 1953. Tel un phœnix, James Bond renaît de sa belle mort sous la carrure sauvage de Daniel Craig.

James Bond, selon Daniel Craig, retrouve son identité propre de l'image faite par son auteur. Brut, immoral, parfois dangereux, James Bond perd tout style, tout flegme ayant par jadis fait son succès. Ce James Bond trouve une nouvelle identité, une certaine personnalité apte à être friable. Cette faille sera l'amour, ce même poison qui avait eu raison de George Lazenby pour Au Service Secret de sa Majesté. Une volonté des producteurs, à l'époque, à vouloir déjà recadrer son agent. Pour cela il faudra attendre 35 ans et Vesper Lynd, beauté hypnotique et voluptueuse. L'amour, ingrédient nourrissant au fil des pages ce chapitre moderne, entre Casino Royale et sa brève conclusion qu'était Quantum of Solace ou la prise en main incroyable de Sam Mendes par Skyfall.

Avec classe et démesure, cette aventure est propice au dépaysement et à l'incroyable

Skyfall, film charnière d'une nouvelle époque où l'amour se mêle à l'identité de l'espion. Les racines sont explorées tout en navigant parmi les références. Retour sur les terres familiales pour retrouver le véritable homme sous le smoking, Skyfall est une demeure fantomatique où les souvenirs s'embrasent et disparaissent. Les origines partent en fumée pour laisser place à l'avenir. Spectre clôt le chapitre, épris entre le passé et le futur, la mort et l'amour.

Spectre - James Bond - Photo 2Spectre tient dans les seules lettres de son titre toutes les réponses du renouveau du mythe devenu moderne. Par cet opus, la saga James Bond s'assume enfin comme une renaissance, une nouvelle disposition pour un héros hors du temps. Avec Spectre, toutes les questions ont enfin une réponse, mais surtout, James Bond a un futur. Le chapitre Daniel Craig s'est ouvert par le vertige de l'amour pour se conclure sous l'énoncé d'une nouvelle dilection. Avec classe et démesure, cette aventure est propice au dépaysement et à l'incroyable. Entre le Mexique, l'Angleterre, l'Italie, l'Autriche et le Maroc, James Bond cherche les réponses et un sens à sa vie. Il est au cœur de l'intrigue à défaut d'être le vecteur de l'aventure. Outre les multiples cascades improbables, mais prenantes (les courses poursuites dans les rues de Rome ou dans les montagnes autrichiennes ; l'ouverture à Mexico), Spectre s'inscrit dans l'héritage d'une saga culte, mais surtout dans celle du personnage. Introduite par Skyfall, l'exploration de l'homme James Bond continue, piquant au plus profond de son âme. Spectre essaie de rentrer dans sa tête, seule faille de l'espion increvable. Mais par le Spectre, James Bond va découvrir sa Némésis, son double infaillible, les maux de toutes ses douleurs, l'Hydre navigant dans les travers de ce chapitre enfin complet.

Spectre s'avère être l'étape attendue et cruciale d'une renaissance. L'héritage glorieux trône fièrement laissant enfin s'échapper la descendance sans l'étouffer ni l'aseptiser. Le personnage peut repartir au volant de son Aston Martin DB5, James Bond étant éternellement de retour. Une nouvelle histoire, un nouveau chapitre, 50 ans après, le célèbre espion au service secret de sa Majesté est toujours un double 0 fringant et apte pour le service, lui qu'on a pris pour un éternel ringard.

Informations

Détails du Film Spectre
Origine Angleterre Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure - Suspens - Espionnage
Version Cinéma Durée 140 '
Sortie 11/11/2015 Reprise -
Réalisateur Sam Mendes Compositeur Thomas Newman
Casting Ralph Fiennes - Naomie Harris - Christoph Waltz - Daniel Craig - Monica Bellucci - Ben Whishaw - Dave Bautista - Léa Seydoux - Andrew Scott
Synopsis Un message cryptique venu tout droit de son passé pousse Bond à enquêter sur une sinistre organisation. Alors que M affronte une tempête politique pour que les services secrets puissent continuer à opérer, Bond s'échine à révéler la terrible vérité derrière... le Spectre.

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Publicité Amazon - Soutenez Retro-HD

Laissez un commentaire

Publicité Google - Soutenez Retro-HD

Dernières Critiques