Critique Sorcerer

Sorcerer
William Friedkin voulait faire de Sorcerer son chef-d’œuvre, il n'en fera qu'un film manquant cruellement d'épaisseur mais qui saura se rattraper sur sa dernière heure avec quelques scènes d'anthologie.

Verdict Note : Moyen. Moyen.

Par Alexandre Coudray

Critique du Film

La légende veut que lorsque William Friedkin demanda à Henri-Georges Clouzot en personne la permission de réaliser un remake du Salaire de la peur, il lui promit qu'il ne ferait pas mieux que l'original. En redécouvrant aujourd'hui Sorcerer (ou Le Convoi de la peur en version française) sur grand écran dans sa version director's cut, on ne peut s'empêcher de penser que Friedkin a eu diablement raison. Avec Sorcerer, le cinéaste américain a voulu faire son chef-d’œuvre. L'ambition est là, mais qu'il soit comparé au film de Clouzot ou non, le film reste une déception.

Nous avons bien dit déception à défaut d'être un ratage complet. Lors de certaines scènes, Sorcerer témoigne d'une fulgurance inouïe, d'un savoir-faire de mise en scène indéniable, capable d'amener de la tension à son paroxysme. Mais il faudra bien une heure de film avant que l'intrigue ne démarre. Au début, il faudra se cogner les back-story des personnages (que des crapules, assassins, terroristes, fraudeurs, truands) et une mise en route laborieuse, n'aidant pas à épaissir la psychologie de ces anti-héros, mais éclairant un peu plus en détail leur situation désespérée dans cette jungle perdue en Amérique du Sud.

William Friedkin voulait faire de Sorcerer son chef-d'oeuvre, il n'en fera qu'un film manquant cruellement d'épaisseur mais qui saura se rattraper sur sa dernière heure avec quelques scènes d'anthologie.

Situation désespérée qui les fera d'ailleurs accepter un travail terriblement dangereux, idée de génie de Georges Arnaud, auteur du roman original : transporter en camion sur des routes cabossées et quasiment impraticables de la nitroglycérine afin d'étouffer un incendie ayant lieu sur un puits de pétrole. Travail suicidaire, mais surtout terriblement cinématographique, la moindre secousse pouvant tout faire voler en éclats. À ce petit jeu, William Friedkin est à son aise. Il construit habilement la tension et multiplie les scènes d'anthologie (le passage sur le pont suspendu, la mise en place de l'explosion de l'arbre bloquant la route), nous collant à notre siège, utilisant tous les moyens à sa disposition pour verser dans le spectaculaire.

Mais les qualités de Sorcerer s'arrêtent là. S'il est certainement spectaculaire, ce remake ne tient guère la route en terme de tension psychologique, véritable réussite du film de Clouzot. Tout au plus archétypes, les personnages peinent à exister, en dépit de la présentation de leurs origines dans le premier acte. Mais le fait est que l'on se moque bien d'où ils viennent. Belle tentative afin d'étoffer les personnages, ces séquences ouvrant le film sont peine perdues à partir du moment où le scénario les laisse rapidement tomber par la suite. Ils sont là, gueules perdues dans un village moite et étouffant, mais ils n'ont pas d'âme. Le scénario ne prend même la peine de créer un semblant de relation entre eux, préférant effleurer la surface des choses plutôt que de l'explorer. Une vraie déception qui ne manque pourtant pas de panache dans sa dernière heure.

Informations

Détails du Film Sorcerer
Origine Etats Unis Signalétique Tous Publics
Catégorie Film Genre Action - Aventure
Version Director's cut Durée 121 '
Sortie 15/11/1978 Reprise 15/07/2015
Réalisateur William Friedkin Compositeur Tangerine Dream
Casting Roy Scheider - Francisco Rabal - Amidou - Bruno Cremer
Synopsis Quatre étrangers de nationalités différentes, chacun recherché dans son pays, s'associent pour conduire un chargement de nitroglycérine à travers la jungle sud-américaine… Un voyage au cœur des ténèbres…

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