ARTICLE Séries Mania 8 Jours 5 et 6 : Dix pour cent saison 2

Séries Mania 8 Jour 5 : Dix pour cent saison 2

C'est ce qu'on appelle le fameux coup de mou de mi-festival...Ceux qui pratiquent le Festival de Cannes comprendront. On avait prévu de voir l'intégrale de Search Party lundi matin et puis une fausse manipulation efface toute la chronique du week-end et nous voilà obligés de tout recommencer depuis le début...Et nous prive de Search Party...Par conséquent on commence la journée beaucoup plus tard mais sans doute projeter deux intégrales la même journée (Dix pour cent était aussi prévu), cela se révélait un peu excessif...

Lundi 17 avril: Dix pour cent, saison 2

14h45: The Art of Television partie 2

On avait visionné avec plaisir la première partie, nous permettant de découvrir les histoires extraordinaires d'Alan Poul, Rosemary Rodriguez et Tim Van Patten. La deuxième partie nous permet de faire connaissance avec d'autres metteurs en scène de série, Jennifer Getzinger (Mad Men, Masters of Sex), Matthew Penn (Damages), Alan Taylor (Les Soprano, Game of Thrones). Qui aurait cru que Jennifer Getzinger était au départ réceptionniste ou Matthew Penn acteur? Que tous deux ont eu leur peur de leur vie lorsqu'on leur a confié la réalisation d'un épisode de série télé...Alan Taylor, une référence en matière de série télé, ayant enchaîné les épisodes des Soprano, Mad Men et Game of Thrones, confie une certaine amertume après son expérience des blockbusters (Thor, Terminator Genesys). Normalement la réalisation de films aurait pu apparaître comme une progression dans son parcours. Or, vu la volée de bois vert critique et la perte de contrôle artistique, il a considéré cela comme une régression. Qui aurait pensé qu’il admirait Andrei Tarkovski, une de ses premières admirations cinéphiliques, en voulant adapter en série télé le roman qui a inspiré Stalker ? C’est ainsi l’une des grosses surprises, l’une des grandes leçons de ce documentaire, la télévision semble aujourd’hui un milieu plus épanouissant pour les créateurs et les réalisateurs.

18h30 : Dix pour cent, saison 2

C’est l’un des grands événements de cette édition de Séries Mania, la projection de l’intégrale de Dix pour cent, l’une des séries les plus attendues de la production télévisuelle française, après le succès-raz-de-marée de la première saison. Pour l’occasion, Séries Mania s’était légèrement délocalisé à l’UGC Normandie, l’une des plus belles salles de Paris qui a accueilli quelques jours plus tôt la conférence de presse de la Sélection officielle du Festival de Cannes. Certes, on peut regretter que pour l’occasion ni Camille Cottin et encore moins les vedettes invitées (Virginie Efira, Isabelle Adjani, Juliette Binoche, etc.) n’avaient fait le déplacement. Néanmoins les créateurs de la série, Fanny Herrero, Dominique Besnehard, Cédric Klapisch, le réalisateur de la saison 1, ainsi qu’une bonne partie des seconds rôles de la série étaient là.

Pour résumer l’intrigue, l’agence ASK est reprise par un jeune homme d’affaires qui va imposer de nouvelles méthodes auxquelles l’équipe d’agents artistiques va progressivement s’habituer. Une animosité plus ou moins amoureuse va s’instaurer entre Andréa Martel (Camille Cottin) et ce dirigeant, ce qui va faire vaciller les préférences sexuelles d’Andréa.

Dans l’ensemble, les six épisodes sont de très bonne tenue, confirmant la bonne impression de la première saison. Certes les épisodes 1, 2, 4, 6 sont largement meilleurs que les épisodes 3 et 5 mais cela tient surtout au retentissement des guests. En effet, Dix pour cent demeure en grande partie tributaire de l’aura et de la renommée des vedettes invitées. Il ne faut donc guère s’étonner que les épisodes mettant en scène Virginie Efira, Fabrice Luchini, Isabelle Adjani ou Juliette Binoche demeurent nettement supérieurs à ceux faisant figurer Norman Thavaud ou Guy Marchand. L’objectif de Dix pour cent réside en effet dans le miroir plus ou moins déformant qu’il tend au métier cinématographique. C’est la télévision qui se moque impitoyablement du cinéma et de sa foire aux vanités.

Dans cet écheveau d’intrigues, ce sont les acteurs de pure comédie qui s’en tirent le mieux, Camille Cottin qui sublime le tout avec son abattage habituel et également Laure Calamy et Nicolas Maury qui, dans le rôle des assistants de service, nous gratifient de performances hilarantes, à base de mimiques et de punchlines époustouflantes. On peut regretter que certaines lignes narratives ont toujours un peu de mal à fonctionner, la fille cachée de l’un des principaux agents ou la standardiste-réceptionniste, maîtresse d’un autre agent artistique. Mais apparemment les auteurs s’en sont aperçus puisque au moins l’une des deux intrigues va sans doute disparaître à la fin de cette saison.

Globalement Dix pour cent demeure une série très bien écrite, aux dialogues souvent tordants, en dépit parfois de quelques facilités. Néanmoins elle ne fonctionne à plein que sur le mode de la comédie. Lorsque les auteurs s’aventurent sur d’autres terrains plus graves, cela n’opère pas aussi bien (Juliette Binoche faisant un discours à Cannes en l’honneur des femmes réalisatrices). En effet, Dix pour cent reste sur le mode du pur divertissement et ne recherche pas une profondeur peut-être surestimée. Il manque une dimension de gravité et surtout de mise en scène (trop souvent très fonctionnelle, confiée aux soins de Laurent Tirard et Jeanne Herry) pour qu’elle s’impose définitivement comme une grande série tout court. Mais Dix pour cent ne vise peut-être pas cet objectif. Etre un divertissement grand public d’une qualité incontestable suffit certainement à son bonheur et surtout à celui de ses téléspectateurs.

On avait quelques craintes pour le retour en métro mais la projection des six épisodes s’est terminée pile à 0h35, soit suffisamment tôt pour pouvoir rentrer…

Mardi 18 avril : Sex and the series, Sense8

Cela tombe bien, on commençait fort tôt le mardi à 9h30, pour l’une des journées les plus longues de Séries Mania.

9h30 : Better than us

Série Panorama donc motus !

11h30 : I love Dick

C’est la nouvelle création de Jill Soloway, l’auteur de Transparent. Racontant l’étrange béguin d’une cinéaste ratée et mariée pour un prof d’art plastiques, I love Dick ne sait pas trop sur quel pied nous faire danser. Pourtant, bénéficiant des collaborations de l’irrésistible Kathryn Hahn, du revenant Griffin Dunne et du magnétique Kevin Bacon, ainsi qu’à la réalisation de Kimberley Peirce (Boys don’t cry) ou Andrea Arnold (American Honey), elle peine à nous intéresser et à sortir du moule convenu des séries sentimentalo-sexuelles qui naissent actuellement comme des champignons.

14h30 : Sé quien eres

Série Panorama !

16h30 : Salaam Moscou !

Idem que ci-dessus.

18h30 : Sex and the series

Dans ce documentaire intéressant, Iris Brey revient donc sur les séries justement sentimentalo-sexuelles (Masters of Sex, Girls, etc.) qui ont redéfini la représentation des relations hommes-femmes dans le monde d’aujourd’hui. On retiendra les prestations gênées et amusées de Lizzy Caplan et Alison Williams qui ont avoué leur pudeur, en se dévouant pour des scènes de nudité, conçues pour la bonne cause. On apprendra avec intérêt que par contrat, Alison Williams refuse d’apparaître nue à l’écran et a recours à tous les subterfuges possibles et imaginables pour contourner les scènes de sexe, ce qui s’avère assez croustillant pour l’anecdote, tout en restant parfaitement crédible à l’écran.

20h30 : Sense8 saison 2 épisode 1

Embargo donc on ne peut rien dire, hahaha !

David Speranski

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