Chienne timbrée

Sympathique teen-movie norvégien, Psychobitch remplit toutes ses promesses de divertissement agréable et mignon, à la manière du meilleur produit Netflix trouvable sur le marché. Un ado bien rangé, attachant et "awkward", une ado rebelle, attachante et suicidaire, se retrouvent attirés l'un par l'autre comme un neutron et un proton autour du noyau d'un atome. Mais leur histoire ne sera pas si simple à vivre car l'adolescence vient avec une armée de règles sociales et de jugements anxiogènes concentrés à leur paroxysme dans le cadre du collège-lycée. Malgré une forme assez lisse voire générique, Psychobitch réussit à capturer intelligemment le portrait de la nouvelle génération d'adolescents (instagram-addicts, peu confiants envers le futur, davantage en proie aux troubles psychiques). Et soulignons la présence magnétique de l'actrice Elli Rhiannon Müller Osbourne, un croisement nordique entre Chloë Grace Moretz dans Come as you are et l'Effy Stonem de Skins.

Un professeur débilosse et sa Judy enragée

Sélectionnée au dernier Festival de Sundance, la comédie horrifique Judy & Punch surprend aux premiers abords par son sujet : un mari, véritable professeur en marionnettes, devient meurtrier involontairement, et sa femme a malencontreusement disparu; le tout raconté à l'époque du Moyen-Âge. Audacieux et satisfaisant par touches dans ses instants les plus burlesques, Judy & Punch aurait tout eu à gagner en s’inscrivant sans réserve au sein d'une veine grotesque plutôt que de rester parfois plaqué à une histoire plan-plan. Les choix musicaux sautent plus aux oreilles que la prestation du protagoniste ne saute aux yeux. Ainsi, on remplace dans notre esprit l'acteur de Punch par toutes ses apparentes inspirations : un Jack Sparrow plus ivrogne et plus barbare, un Docteur Parnassus (version Heath Ledger) bien moins convaincant. Mia Wasikowska, déjà plus adéquate, propose une Judy qui évoque la mariée de Kill Bill en plus ingénue. La violence, le sang et la vengeance seront tout de même au rendez-vous. Pourquoi pas retrouver Judy & Punch dans un futur catalogue OCS.

Les clips font leur cinéma

Au bout du compte, on se retrouve bien plus enthousiasmés par la séance spéciale clips que par nos films du jour. Enfin, en reformulant, on se retrouve plus subjugué par ces films-clips-ci. Véritable long-métrage articulé en clips, la séance CLIPS! formait une matière musicale et cinématographique hallucinée et hypnotisante. De Bertrand Mandico (et ses envolées sanguinolentes) jusqu'à Kim Chapiron (et ses grenouilles-LSD) en passant par les frères Gondry (et leur chorégraphie laitière), les réalisateurs ont fourni des mets de choix. Nous voilà scotchés devant un détonant panorama de clips contemporains. Tant et si bien que les discriminations actuelles envers ce format cinématographique mettent en rogne. Est-il encore nécessaire de prouver que le clip sait faire du cinéma? Faut-il encore citer la multitude de grands noms passés par le clip pour qu'il obtienne reconnaissance? La séance, initiée par des collègues de la revue Répliques, a convaincu de la puissance créative absolue du format. Expérimenter ces petits chefs-d’œuvre sur grand écran s'est révélé totalement exaltant.