Il n'a pas fallu attendre très longtemps pour visionner des perles à l'Etrange Festival puisque dès jeudi, deux films majeurs ont été projetés : Generation Proteus de Donald Cammell et Vivarium de Lorcan Finnegan. Leur point commun, la description d'un futur dystopique effrayant en tous points.

Dans la petite salle 100, on se serrait les coudes pour tenir devant l'écran qui projetait Génération Proteus. On reconnaissait même un certain Pacôme Thiellement au 2ème rang au centre. Le film était présenté par Chloé Delaume dans le cadre d'une carte blanche offerte à 25 personnalités proches de l'Etrange Festival. Film culte datant de 1978, il est très rarement projeté. Œuvre du coauteur de Performance, qui s'est suicidé depuis, le film n'a rien perdu de sa capacité d'effroi. Cette description d'un ordinateur cherchant à féconder une femme (Julie Christie) est suffisamment effroyable dès la lecture de l'argument dramatique, comme si HAL de 2001 avait cherché à acquérir une descendance...Fantastique séance dans tous les sens du terme.

On pensait alors gagner du répit en allant voir Vivarium de Lorne Finnegan. Quelle erreur! Ce film primé cette année à la Semaine de la Critique propose un futur tout aussi horrifiant, sous l'apparence de tableaux de Magrittte. Un couple s'égare dans un village dont il ne peut plus repartir, en étant appâté par une maison individuelle. Le couple sera bientôt réquisitionné pour élever un bambin insupportable qui grandit à vitesse grand V. Parabole sur l'enfer du quotidien, porté par un couple de comédiens exceptionnels, Jesse Eisenberg et Imogen Poots, angoissant, surréaliste et extrêmement bien réalisé, le film n'a pas volé son prix cannois et s'impose comme l'un des grands favoris pour le Prix Nouveau Genre qui sera décerné à la fin de l'Etrange Festival.

Vivement la suite du Festival!