Dès le lendemain de la superbe soirée d'ouverture, le festival de La Rochelle bat son plein ! Le panel cinématographique alléchant nous confronte à un choix cornélien : environ 6 séances se déroulent en parallèle pour environ 30 films au total en une journée. Le festival proposerait-il un excès de possibilités? Au contraire, on retrouve des films pour toutes les envies et adaptés à tous les profils.

Par exemple, au menu le matin, on peut se laisser tenter par la reprise Des Hommes et Des Dieux de Xavier Beauvois et Grand Prix du Jury à Cannes en 2010, ou par Sobibor, 14 Octobre 1943, 16 heures de Claude Lanzmann, deux films dans le cadre de l'hommage à Caroline Champetier (une directrice de la photographie phénoménale, qui a travaillé notamment sur le brillant Holy Motors projeté en soirée). Mais les films "du côté de l’Islande" nous font aussi de l’œil, comme l’œuvre aux trois nationalités nordiques A White, White Day, récompensé à la dernière Semaine de la Critique.

À l'occasion de l'hommage au prodigieux réalisateur de films d'animation Jean-François Laguionie (Louise en Hiver, Le Tableau) notre cœur a penché vers L'île de Black Mor, un beau conte sur les pirates pour petits et grands. Laguionie revisite le film de pirates avec empathie en s’intéressant aux origines qui amènent les rebuts de la société à devenir des marins hors-la-loi. Ainsi, nous suivons un orphelin, autoproclamé "le Kid", qui s'échappe d'un orphelinat évoquant celui d'Oliver Twist. Plus une épopée fantastique et émouvante à la Tortue Rouge qu'une suite de batailles au sabre entre des clans de pirates ennemis.

Puis, place au maître du "giallo" Dario Argento venu présenter Suspiria, son plus grand succès, situé aux antipodes du joli film d'animation précédent. Avant la projection du chef-d’œuvre italien, Christophe Gans et "il maestro" ont tenu une discussion endiablée autour du cinéma italien, des obsessions du cinéaste, de ses influences et de ses travaux moins connus (co-scénariste pour Il était une fois dans l'Ouest). La séance autour de Suspiria, qu'on ne présente plus, a autant déclenché d'engouement auprès des non-initiés que de bonheur pour les fanatiques. Le débat suivant la séance a repris de plus belle et a regorgé de réflexions intéressantes : notamment, les correspondances entre Blanche Neige et Suspiria sautaient aux yeux (la jeune femme pure au milieu de sorcières maléfiques).

La soirée était aussi un moyen d'annoncer la liste de Dario Argento pour la CinéTek (en plus de la rediffusion de cette séance sur leur site). Et nous avons rencontré le cinéaste le lendemain pour une rencontre exceptionnelle !