Le talentueux Christopher Walken était présent hier dans le cadre du Champs-Elysées Film Festival pour revenir, le temps d'une Masterclass, sur sa prolifique carrière. A 76 ans, Walken n'a il faut dire plus grand chose à prouver : après avoir incarné plus de cents rôles et été face à la caméra de grands noms comme Spielberg, Abel Ferrara, Tarantino ou encore Michael Cimino, son empreinte dans le cinéma américain est aujourd'hui incontestable.

Gaumont des Champs-Elysées, un peu après 19h30, Christopher Walken entre dans la salle. Les applaudissements sont nourris, l'homme monte sur scène, fait un rapide signe au public et avance rapidement vers son siège : l'exercice de l'ovation, certainement trop vécu, ne semble plus l'atteindre. Débute alors un véritable plongeon dans la carrière de l'acteur, avec des extraits pour ponctuer, en image, ses incarnations phares. Comme une pertinente évocation, derrière lui apparaît ainsi son bouleversant rôle dans Voyage au bout de l'enfer (1978) pour lequel il a remporté un Golden Globe. A partir de là, les succès s'enchaînent : La Porte du Paradis, Dead Zone, Comme un chien enragé, Dangereusement vôtre, etc. Lorsqu'il y réfléchit, Walken se dit qu'il n'aurait peut-être pas dû accepter certains rôles, pour autant il confesse être un grand optimiste : un mauvais scénario peut, avec un peu de chance et du talent, devenir un bon film. Tantôt figure de l'adversaire, du truand, du vilain mais aussi du meneur, l'acteur incarne souvent des rôles mystérieux, parfois inquiétant. Il se souvient d'ailleurs avoir été menacé de mort pour avoir joué un personnage tiré d'une histoire vraie. Heureusement, l'homme est toujours derrière les barreaux.

La mémoire solide, l'acteur partage des anecdotes sur ses rencontres avec des acteurs, du repas au Fouquet's à Paris avec Roger Moore en passant par sa petite course poursuite en voiture (en tant que passager) avec la police en compagnie de Sean Penn. Concernant les réalisateurs, c'est avec émotion qu'il parle de Tony Scott et de sa participation dans True Romance. De même, il ne cache en rien son admiration pour le réalisateur Abel Ferrara, appréciant particulièrement sa liberté. Si Walken aussi a écrit et réalisé un court métrage pour HBO (Popcorn Shrimp), il ne s'en vante pas et recommande même de ne pas le regarder : "please don't watch it".

Passant de rôles ténébreux à d'autres plus comiques au début des années 2000, Christopher Walken change de carrière. Lorsqu'on lui demande si il s'agit d'un choix conscient, il répond que c'est la télévision et notamment l'émission Saturday Night Live qui a fait pour lui ce travail : après ses 7 participations au SNL, on ne lui a proposé que des comédies (et de sympathiques danses). Pour l'avenir, il rêve toujours d'une collaboration avec Scorsese. En attendant ce jour, on se lève une dernière fois pour applaudir cet immense acteur.