C'est confirmé. En 2020 (oui, l'info circule bien à l'avance!), une rétrospective et une exposition seront consacrés au grand Louis De Funès. Rabbi Jacob, La soupe aux choux, L'aile ou la cuisse, la liste de films ayant déclenché les zygomatiques de millions de gens peut encore se dérouler longtemps. Alors qu'un musée dédié ouvrira ses portes le 31 juillet (date de son anniversaire) à Saint-Raphaël, et alors même que son naturel burlesque satirique est aussi populaire que sa figure élastique aux mimiques tordantes, des détracteurs se plaignent qu'il abaisserait le niveau d’élitisme du temple du cinéma... Certes, Martin Scorsese, Sergio Leone, Chris Marker et d'autres grands noms plus convenus y ont été sanctifiés. Alors la mascotte française du burlesque grand public ne ferait-elle pas suffisamment "sérieux"?

Même avec 36 ans de recul (depuis sa mort), De Funès marque l'histoire du cinéma de son jeu comique potache et intelligent. Le comédien s'aligne avec des génies burlesques tels que Jim Carrey qui ont autant gardé leur conscience d'adulte que leur émerveillement d'enfant. N'en déplaise aux rabat-joie, le génie de l'acteur sera célébré dans l'institution du 7ème art la plus prestigieuse de France (du monde?). Le comédien mérite reconnaissance de la cinémathèque et y détient même une place de choix, à l'étage "génie comique de patrimoine". Le critique méprisant clôt son article ainsi : "Quoi après Louis de Funès ? Chuck Norris ?" Euh... bah oui, pourquoi pas après tout? Méfions-nous de ceux qui ont égaré leur sens de l'humour sous leur pile de slips Rohmer.

Refermons le débat sur la réaction spontanée d'un certain Quentin Dupieux quant à cette tribune s'opposant à la consécration : "Je ne sais qui sont les gens qui ont écrit ça, mais ce sont des sales cons. Il mérite les mêmes honneurs que Stanley Kubrick. Il n'y a pas de chef-d’œuvre dans sa carrière : c'est lui le chef-d’œuvre. Je ne pense pas qu'il ait d'équivalent aujourd'hui."