Une troisième de journée de festival qui promet son lot d'émotions fortes. Au programme de ce jeudi 16 mai, une sélection entre classiques et films d'auteur, et le retour du très attendu Ken Loach. Le réalisateur britannique concourt pour une troisième Palme d'or avec Sorry We Missed You, drame familial et social sur fond d'ubérisation du travail. Un film très attendu qui sera projeté en fin de journée, mais qui, espérons-le, n'éclipsera pas Atlantique de Mati Diop : le premier film de la jeune réalisatrice franco-sénégalaise, racontant l'histoire d'un jeune couple sénégalais face au désir d'émigrer pour avoir une vie meilleure, promet d'être l'une des grandes révélations de cette sélection.  

En dehors de ces deux nouveaux films de la sélection officielle, les festivaliers pourront aussi découvrir dans la sélection "Un Certain Regard" deux drames à forte connotation politique. Ainsi, Beanpole de Kantemir Balagov suivra le quotidien d'une jeune Russe en 1945, entre inquiétude et perte de sens, alors que celle-ci tente de reprendre sa vie après la fin du siège de Stalingrad, plus long siège de l'Histoire. Avec Les Hirondelles de Kaboul, adapté d'un roman de Yasmina Khedra par Éléa Gobbe-Mévélec et Zabou Breitman, changement de lieu, changement d'époque : ce film d'animation suivra l'histoire d'un jeune couple kaboulien des années 2000 dont la vie est changée du tout au tout lorsque la femme aimée est emprisonnée par le régime taliban.

Ce jeudi sera aussi l'occasion de réviser ses classiques, avec quatre films restaurés et diffusés dans le cadre de la sélection "Cannes Classics". Un biopic d'abord : Moulin Rouge  de John Huston, retraçant la relation entre Toulouse-Lautrec et le Moulin-Rouge où l'artiste a réalisé nombre de dessins. Un documentaire ensuite : Plogoff, des pierres contre des fusils de Nicole le Garrec, retraçant la lutte menée à la Pointe-du-Raz contre l'implantation du centrale nucléaire dans les années 1980. Puis une fiction : 125 Rue Montmartre de Gilles Grangier, dans lequel Lino Ventura incarne un crieur de journaux bienveillant manipulé par un homme qu'il croyait sauver du suicide. Un film culte enfin : la projection très attendue de La Cité de la peur d'Alain Berbérian, qui verra réunie autour d'une version restaurée l'équipe du film à l'occasion de son vingt-cinquième anniversaire .

Une journée bien remplie, qui sera complétée par trois séances spéciales : le film d'Alain Cavalier Être vivant et le savoir, entre autobiographie et cinéma en temps réel, qui mettra en scène l'élaboration d'une adaptation de Tout s'est bien passé d'Emmanuelle Bernheim alors que celle-ci est opérée d'urgence. Les deux autres séances spéciales porteront, elles, sur des sujets touchant aux milieux homosexuels : la première, 5B de Dan Krauss, suivra le premier service infirmier spécialement dédié à la prise en charge des malades du SIDA, confrontés au deuil et à la stigmatisation ordinaire des populations homosexuelles ; le deuxième, Rocketman de Dexter Fletcher, long-métrage projeté hors compétition, retracera la naissance d'Elton John, pilier de la musique américaine et figure importante des communautés LGBTQ+. Une troisième journée marquée encore une fois par des films traitant de notre société.