Après une cérémonie d'ouverture placée sous le signe du strass et du pop, le Festival de Cannes rentre dans le vif du sujet, avec une deuxième journée lourde de films. En effet, pour ce mercredi 15 mai, neuf films au total seront projetés. Des films très variés : cette deuxième journée de compétition marque le lancement des projections pour les compétitions parallèles, comme "Un certain regard" ou Cannes Classics.

La moitié des films de la journée sont en effet diffusés dans le cadre de la sélection Cannes Classics, qui s'attache chaque année à remettre au goût du jour certains classiques du cinéma en projetant des copies restaurées dans ses salles. Ce sera le cas de Le Serpent blanc de Yabushita Taiji, premier film d'animation japonais intégralement colorisé, ainsi que de Toni, un film de Jean Renoir, drame sentimental sur fond de travail ouvrier et d'immigration. Dans la lignée des films avec un discours social, la sélection de Cannes Classics, cette année dédiée partiellement à l'oeuvre de Luis Buñuel, projettera aussi son film Les Oubliés, mise en scène poétique d'un bidonville de Mexico City. Plus tard dans la journée, ce sera aussi l'occasion de fêter un heureux anniversaire : celui d'Easy Rider de Denis Hopper, film iconique et critique du rêve américain, qui fête cette année ses 50 ans - et s'offre à l'occasion un lifting, avec une copie restaurée.

Cependant, il faut aller de l'avant, et célébrer le cinéma d'aujourd'hui tout autant que le cinéma d'hier. Un cinéma qui, pour cette deuxième journée, traitera plus particulièrement des questions de minorités et de conflits. À ce titre, le film le plus attendu de la journée est très certainement Les Misérables, un premier film en compétition à la fois pour la Caméra d'or et la Palme d'Or, dans lequel le réalisateur Ladj Ly nous plonge dans la répression policière des banlieues - un film qui devrait vibrer fortement avec les débats actuels concernant les violences policières. Plus tard dans la soirée, Bacurau de Kleber Mendonça Filho, autre film de la Sélection Officielle, reviendra sur l'isolement des petites communautés provinciales brésiliennes.

Cette deuxième journée sera aussi l'occasion de découvrir trois autres premiers films. Tous deux sélectionnés dans la catégorie "Un Certain Regard", Bull d'Annie Silverstein et La Femme de mon frère de Monia Chokri s'attaqueront plutôt à des problèmes relationnels : le premier étudiera la relation qui unit une jeune adolescente et un torero vieux-jeu dans un Houston populaire, et le second le conflit opposant un frère et sa sœur alors que celui-ci fréquente la gynécologue de cette dernière... Enfin, lors d'une séance spéciale qui achève de montrer que le cinéma actuel est un cinéma en prise avec les questions de sociétés, le Festival de Cannes projettera For Sama, premier film de Waad Al Kateab et Edward Watts, suivant cinq ans de la vie d'une mère syrienne, entre combat pour la liberté et crainte pour sa sécurité ainsi que celle de sa fille nouvellement-née. Une histoire familiale sur fond de révolution et de guerre civile qui devrait faire couler de l'encre sur le tapis rouge.