Après la Sélection Officielle, c'est maintenant au tour de la sélection de la Semaine de la Critique d'être dévoilée. Chaque année, la Semaine de la Critique récompense, en parallèle de la Sélection Officielle, des courts-métrages ainsi que des premiers ou deuxièmes longs-métrages afin de promouvoir le renouveau du cinéma. Cette année, la présidence du jury, confiée à Ciro Guerra, co-réalisateur du film Les Oiseaux de Passage, a choisi de mettre en avant une sélection particulièrement ouverte sur le cinéma international, un cinéma toujours sensible à des questions politiques et à l'actualité.

Ainsi, sur les 1605 courts-métrages visionnés, la commission courts-métrages en a retenu 10. On pourra ainsi découvrir Fakh, de Nada Riyadh, sur l'histoire d'un adultère contrarié par la société égyptienne, ainsi que The Manila Lover de Johanna Pykkö, un film sur le rapport toxique d'un homme blanc envers une femme philippine qu'il souhaite séduire. On découvrira aussi Dia de Festa de Sofia Bost, l'histoire d'une mère de famille faisant tout pour organiser l'anniversaire de sa fille, et Lucía en el limbo de Valentina Maurel, dans lequel une adolescente se débat avec un harceleur dans un bus. Journey through a body  de Camille Degeye nous racontera l'histoire d'un musicien en quête de son art, et Ikki Illa Meint de Andrias Høgeni l'histoire d'une amitié à l'ère des réseaux sociaux. Dans She Runs de Qiu Yang, une jeune gymnaste s'oppose à l'esprit de compétition ambiant, et dans Mardi de 8 à 18 de Cecilia de Arce, une jeune surveillante se bat contre le système scolaire injuste dans lequel elle travaille. Dans Ultimul Drum Spre Mare d'Adi Voicu, l'humanité d'un groupe de voyageurs en train est mise à mal, et dans Kolektyvinai Sodai de Vytautas Katkus, c'est la masculinité patriarcale qui éclate au grand jour, dans toute sa toxicité. Une sélection marquée par la place qui y est faite à la réflexion sur la condition féminine et l'oppression systémique des individus. 

Du côté des longs-métrages, on retrouvera à l'ouverture de la compétition Litigante de Franco Lolli, un film centré sur une femme faisant face à des drames personnels. On pourra aussi voir Les héros ne meurent jamais d'Aude Léa Rapin, un film avec Adèle Haenel sur la trajectoire d'un homme persuadé d'être la réincarnation d'un autre, ou encore Tu mérites un amour de Hafsia Herzi, portrait d'une jeune femme en quête d'amour. De son côté, Le Miracle du saint inconnu, d'Alaa Eddine Aljem, suivra l'histoire de personnes tentant de tirer profit d'un butin qu'un voleur aurait enterré dans leur village. Seront aussi en compétition A White, White Day, de Hlynur Palmason, film dans lequel un homme fait face à la mort de son épouse dans un accident ; J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapain, film d'animation suivant une main qui cherche à tout prix à retrouver son corps d'origine dont elle a été séparée ; Nuestras Madres de Cesar Diaz, un film sur un jeune homme s'efforçant de retrouver et d'identifier les hommes disparus sous la dictature guatémaltèque ; ainsi que Vivarium, un film de Lorcan Finnegan, avec Jesse Eisenberg, dans lequel un couple se retrouve piégé dans un univers surréaliste. Abou Leila, d'Amin Sidi-Boumédiène, raconte la quête de deux hommes au beau milieu de la guerre civile algérienne des années 1990, tandis que Ceniza Negra, de Sofia Quiros Ubeda, propose le portrait d'une jeune femme qui prend conscience de son corps alors que ses grands-parents meurent. Le film de clôture de la sélection sera Dwelling in the Fuchun Mountains de Gu Xiaogang, premier film d'une trilogie retraçant la vie d'une famille entre drame familial et harmonie avec la nature.