Après une relative disparition des sphères médiatiques, Tarantino revient, avec un film à la clé – ou plutôt ses affiches. Le réalisateur sortira donc son neuvième long métrage, Once upon a time in Hollywood, le 14 août en France. Si l'on compte la totalité de ses films, Tarantino aurait réalisé dix films. Ce long métrage pourrait donc être son dernier : le réalisateur a souvent revendiqué ne pas vouloir faire plus de dix films...Mais Tarantino a souvent dit qu'il considérait Kill Bill comme un unique film en deux parties. Ce qui ferait de Once Upon a Time in Hollywood au mieux l'avant-dernier, au pire le dernier des films du réalisateur. D'où la nécessité, pour Tarantino, de ne pas manquer le coche. Et il s'en donne les moyens : avec Brad Pitt et Leonardo DiCaprio en tête d'affiche, le réalisateur frappe fort et annonce un film qui ferait baver le moindre cinéphile.

Synopsis : Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino revisite le Los Angeles de 1969, quand tout est en train de changer. La star de télévision Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) et le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. Le neuvième film de l’auteur-réalisateur met en scène une vaste distribution et de multiples intrigues dans un hommage aux derniers moments de l’âge d’or d’Hollywood.

Sur la première affiche promotionnelle, on peut voir les deux vedettes du film, Leonardo diCaprio et Brad Pitt, à la pointe de la mode des années 70 : blouson en cuir, cheveux longs, chemise flashy et couleurs criardes...Tout l’imaginaire classique des seventies se profile, des voitures aux acteurs. Un imaginaire qu'on retrouve aussi dans la deuxième affiche, dans laquelle Margot Robbie, habillée plus sobrement, est seule devant un parc d'attractions.

Pourtant, malgré cette première affiche, Tarantino a encore tout à prouver. Avec deux acteurs masculins immensément populaires en tête de file, dont un oscarisé, le réalisateur soulève énormément d’attentes, mais risque aussi de décevoir.

Un risque qui n’est pas amoindri par sa popularité en berne depuis l’affaire MeToo : car Once Upon a Time in Hollywood sera avant tout le premier film du réalisateur à ne pas être produit par Harvey Weinstein, avec qui Tarantino avait noué de fortes relations. Il s’agit pour Tarantino de marquer le coup, et de prouver à tous.tes qu’il lui est possible de rentrer dans une nouvelle période du cinéma, une période marquée par le respect de la femme et la représentation des catégories sociales dominées.

A l’heure où son manque de positionnement au sujet des crimes présumés de son producteur lui est fortement reproché, il est d’autant plus risqué de faire un film avec deux stars qui, en plus d’être masculines, sont aussi de grands symboles de virilité. D’autant que le récit, prenant place dans la Californie des années 70, ne laisse que très peu de chances de voir émerger un discours favorable aux droits de la femme : l’époque est en effet plus réputée pour son virilisme ambiant que pour la diffusion du féminisme.

En somme, ce neuvième film pourrait être le film de trop pour la réputation du réalisateur. Un film qui prend beaucoup de risques, compte tenu aussi de la présence au casting… de Roman Polanski, toujours en procédure judiciaire pour agression sexuelle sur mineure. Si Tarantino n’est pas actuellement réputé pour sa popularité dans les milieux féministes, il risque ici une autre polémique qui pourrait nuire à sa réputation.... Et bien que le synopsis fasse rêver le cinéphile lambda, peut-être faudrait-il que Tarantino réexamine les conséquences qu'un film avec Roman Polanski pourrait avoir sur sa réputation, surtout après MeToo.

Mais peut-être que Tarantino a trouvé, dans le rôle de Margot Robbie, la solution. Si sur les affiches les personnages masculins paraissent très datés, elle apparaît déjà comme plus intemporelle, avec une tenue sobre et élégante. Seule, l'affiche la représente comme une femme songeuse mais indépendante. Peut-être un personnage féminin fort pour rééquilibrer ce qui pourrait être une masculinité ambiante ? A ce stade, difficile à dire : l'actrice devrait jouer le rôle de Sharon Tate, célèbre pour avoir été assassinée par la secte de Charles Manson. Un rôle qui n'est peut-être pas le meilleur pour promouvoir un rôle féminin fort, comme Tarantino avait pu le faire dans Kill Bill. Une affaire à suivre.