ARTICLE Hommage à George A. Romero, le seigneur de l'horreur

Hommage à George A. Romero, le seigneur de l'horreur

Sans lui, les zombies sont un peu orphelins. George A. Romero nous a quittés hier dans son sommeil, des suites d'un cancer du poumon. Il laisse surtout derrière lui une série de six films qui resteront dans l'histoire du cinéma de genre, voire l'histoire du cinéma tout court, la saga des zombies comportant La Nuit des morts-vivants, Zombie, Le Jour des morts-vivants, Le Territoire des morts, Chronique des morts-vivants, et Le Vestige des morts-vivants.

Avec Wes Craven mort en 2015, c'est un autre seigneur de l'horreur qui s'en va. Du trio royal qui hante nos cauchemars cinéphiliques, ne reste plus désormais que John Carpenter. Chez George A. Romero, l'horreur était viscérale et nous faisait réagir de manière électrique dans ses meilleurs films. Sans lui, les zombies n'auraient pas autant droit de cité dans le cinéma d'horreur américain et surtout à la télévision via The Walking Dead. Romero faisait peur et faisait surtout réfléchir, ce que beaucoup de suiveurs, reprenant le procédé des zombies, avaient tendance à oublier.

Tous ses films représentaient un commentaire politique, pertinent et iconoclaste de la société américaine. Les trois plus remarquables visaient des cibles qui sont toujours d'actualité aujourd'hui : la guerre, la ségrégation et le racisme dans La Nuit des morts-vivants, la société de consommation dans Zombie et le voyeurisme des médias dans Chronique des morts-vivants.

George A. Romero aimait nous faire peur au cinéma mais il avait des bons yeux doux de tonton gâteau dans la vie. On se souviendra aussi de son humour ravageur: quand on lui demandait pourquoi ses zombies ne couraient jamais, il répondait : “Les genoux… Déjà que les vieux vivants n’ont pas de très bons genoux. Je sais de quoi je parle. Alors imaginez les morts”. Il disait aussi :« Les zombies ne m'ont jamais rendu malade. Les producteurs oui. »

Repose en paix, George. Ne te réveille pas comme une de tes créatures. Tu as bien mérité de te reposer. Merci pour tout.

David Speranski

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