8h30 : Elle de Paul Verhoeven

C’est sûr, Paul Verhoeven et Isabelle Huppert n’ont peur de rien…Elle s’ouvre directement par une séquence très crue de viol observée par les yeux d’un chat. Ensuite Michèle aka Isabelle Huppert agira comme si de rien n’était, un peu comme Terminator. Il faut dire que ses relations de famille sont très compliquées : un père serial-killer, une mère qui se tape des gigolos, un amant compagnon de sa meilleure amie, un ex encore très présent, en couple avec une jeunette et un fils en proie avec une petite peste enceinte d’un bébé qui n’est pas de lui. De quoi dynamiter toutes les conventions du film bourgeois français. Elle serait un peu un film de Chabrol dynamité par le cynisme d’un Haneke. Verthoeven fait flèche de tout bois et étonne par sa capacité à se réinventer, loin des blockbusters hollywoodiens.

15h : Mercenaire de Sacha Wolf

Le film a obtenu le Prix Label Europa Cinémas de la Quinzaine des Réalisateurs. C’était suffisant pour attirer notre curiosité. Présentant le parcours de Soane, rugbyman wallisien, qui va exercer en métropole, découvrir l’amour et se libérer de l’emprise de son père. Bien interprété et réalisé, Mercenaire n’a pas volé son prix et parvient à nous immerger dans un univers qui nous est complétement étranger. C’est le talent d’un metteur en scène de nous faire appréhender un monde qui n’est pas le nôtre et de nous y faire nous sentir bien.

18h30 : The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

On le revoit pour affiner notre critique à venir. Le film est encore plus splendide visuellement à la deuxième vision. Le discours critique est assez fort puisqu’il s’agit d’utiliser les armes de la mode et de la pub pour les retourner contre la superficialité de ces univers. Des lenteurs dans le rythme l’empêcheront de briguer la Palme mais un Prix de la mise en scène n’est pas inenvisageable. Il n’en reste pas moins que The Neon Demon reste un film très clivant qui aura du mal à recueillir une majorité dans un jury. A cette séance, les sifflets qui étaient très présents à la séance de presse avaient disparu et les applaudissements étaient cette fois-ci bien plus nombreux. La preuve que le vent tourne ?

20h30 : L’Effet aquatique de Solveig Anspach

Prix SACD (l’année dernière, c’était le magnifique Trois souvenirs de ma jeunesse), L’Effet aquatique est le film posthume de Solveig Anspach qui nous a quittés récemment suite à une reprise de son cancer. Drôle, touchant, émouvant, L’Effet aquatique permet de boucler la trilogie Montreuil-Islande de Solveig Anspach et de retrouver une dernière fois Samir Guesmi et Florence Lioret-Caille, les amants impossibles et tous leurs amis islandais. Pas inoubliable, le film permet de clore néanmoins ce festival sur une douce caresse d’amitié et d’hommage à une personne infiniment regrettée.