8h30 : The Last Face de Sean Penn On croyait avoir atteint le fond avec Garcia et Dolan. Mais il était encore possible de descendre plus bas. En dépit de leurs défauts (absence ou excès de style), les sus-nommés présentaient une certaine cohérence. Avec Sean Penn, c’est le règne du grand n’importe quoi : filmage à l’emporte-pièce avec recadrages maladroits sur des morts, des malades ou des blessés ; répliques ridicules ; situations conventionnelles, seconds rôles affligeants (Jean Reno en Docteur Love, Adèle Exarchopoulos en séropositive)…C’est le seul film où on a pu voir une salle entière ricaner du début à la fin, sans avoir le moindre doute sur l’impossibilité de rémission…

11h30 : La Longue nuit de Francisco Santis de Francisco Marquez et Andrea Testa

La nuit fut courte, Jarmusch oblige et on espérait se rattraper avec ce film d’une heure 18. Mal nous en a pris, il était très long en dépit de sa durée. Etait-en raison de notre nuit trop courte ? Nous ne le saurons sans doute jamais.

14h30 : Gentleman Rissient de Benoit Jacquot, Pascal Mérigeau et Guy Seligman

Il s’agit d’un hommage à un immense passeur de cinéma, celui qui a découvert Jane Campion, réhabilité Clint Eastwood et exploré le cinéma asiatique pour le Festival de Cannes. Le dispositif est très simple : Pierre Rissient est interrogé dans sa salle de séjour au sujet de 30 films (dont nous voyons des extraits très courts) qui ont compté pour lui. Les anecdotes et les films défilent et c’est tout à fait passionnant : Lang, Losey, Ida Lupino, Clint Eastwood, Dalton Trumbo…On revisite tout un pan de la filmographie que Pïerre Rissient a découverte et fait découvrir au monde via les Mac-Mahoniens et le Festival de Cannes. Instructif et essentiel.

19h : Le Client d’Asghar Farhadi

On assiste au retour en très grande forme d’Asghar Farhadi qu’on avait laissé un peu dépité après sa défaite cannoise de 2013 face à La Vie d’Adèle. Le Client renoue ainsi avec ses thrillers psychologiques iraniens où des béances dans l’histoire permettent d’interroger le sens de la vérité. Toute la distribution est exceptionnelle en particulier Taraneh Allidousti. Farhadi parvient avec sa science habituelle du scénario à ménager un suspense haletant avec trois fois rien. Des répliques, des grands comédiens, un dilemme moral. Une place au Palmarès, voire une haute récompense, est loin d’être impossible.