8h30 : Baccalauréat de Cristian Mungiu

Le Roumain Mungiu revient et frappe assez fort. Dans cette histoire de personnage de père qui découvre la compromission après l’agression de sa fille, il interroge notre société qui privilégie les vainqueurs aux perdants, quelle que soit la manière de triompher. Avec plus d’à-propos que les Dardenne, ses producteurs, il se paie le luxe de les battre sur leur propre terrain. Une Palme en puissance?

11h30 : Two Lovers and a bear

La Quinzaine des Réalisateurs offre un peu de fraîcheur. Des amoureux tourmentés dans une région glaciaire, avec une distribution branchée, Dane DeHaan et Tatiana Maslany. Guère inoubliable mais plutôt un joli moment au-delà de la prétention ambiante.

19h : The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Voir ma critique à venir. On nous en avait dit le plus grand mal. J’étais pour ma part sceptique, étant réticent face à Only God forgives et appréciant un Refn sur deux. D’une beauté hallucinante (les plus belles images de Cannes se trouvent dans ce film), The Neon Demon détourne les codes des univers de la pub et de la mode par le film d'horreur pour faire prendre conscience autrement du phénomène omniprésent de la beauté et de notre rapport d'assujetissement face à lui. Critique à suivre.

24h : Gimme danger de Jim Jarmusch

Cela sent la fin du Festival. Pourtant la foule des grands soirs était là pour accueillir à minuit Jim Jarmusch et surtout Iggy Pop, en forme olympique, celui qui a survécu à David Bowie et Lou Reed. Jim Jarmusch, seul cinéaste à présenter un film en compétition (Paterson) et un autre hors compétition (Gimme Danger) sera-t-il le grand triomphateur de ce Festival ? Le jury le dira dimanche.

En tout cas, Gimme Danger revient sur la fascination de Jarmusch pour les survivants (cf. son portrait de Neil Young, autre rock-star dans Year of the horse). Lutter contre la routine, si pesante dans Paterson, savoir vieillir, tels sont les thèmes qui apparaissent en filigrane dans Gimme Danger. Lorsqu’on voit Iggy Pop galoper comme un cabri à 70 ans environ, on se dit qu’il a peut-être trouvé la solution. Quant à nous, on vieillira sûrement, et nos textes raccourcissent de plus en plus, il est temps que cela se termine, haha…On doit voir le Sean Penn demain à 8h30 après s’être couchés à 3h…