8h30 : Loving de Jeff Nichols

A travers cette histoire d’amour interraciale, notre jeune chouchou du cinéma américain indépendant se montre bien plus militant que cinéaste. D’une histoire vraie, il a tiré un petit mélo politiquement correct qui ne casse pas des briques et surtout laisse la mise en scène aux abonnés absents. Au générique de fin, on a même droit au gros cliché (sans jeu de mots) de la photographie des véritables protagonistes, pour bien nous enfoncer dans le crâne, au cas où on en aurait douté, que cette histoire a réellement existé.

11h15 : Apprentice de Boo Junfeng

Une histoire de bourreau fils de meurtrier assez troublante et plutôt bien menée. Les séquences d’exécution sont poignantes. A déconseiller fortement aux personnes dégoûtées par la peine de mort.

14h30 : Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

Documentaire exceptionnel de 3h10, ce Voyage à travers le cinéma français a été réalisé sur le modèle des documentaires de Martin Scorsese sur les cinémas américain et italien. Et qui mieux que Bertrand Tavernier pour raconter cette histoire ? Tavernier reprend à son compte la narration très subjective et non chronologique du film de Scorsese sur le cinéma américain et évite l’écueil du documentaire sur le cinéma italien où Scorsese détaillait un peu trop chaque film, ce qui finissait par ôter l’envie de les voir. Ici, les extraits sont courts et s’enchaînent suivant un montage ultra-rapide et virtuose. Tavernier évoquera successivement au gré de ses souvenirs Jacques Becker, Jean Renoir, Jean Gabin, Marcel Carné, Jean Vigo, Maurice Jaubert, Joseph Kosma, François Truffaut, Eddie Constantine, Jean-Pierre Melville, etc. Certes il manque des heures de projection pour approfondir Grémillon, Bresson, Ophuls, Cocteau, Pagnol, etc. En 3h10, Tavernier a tout de même le temps de consacrer des développements à des cinéastes méconnus, à redécouvrir : Edmond T. Grandville, Jean Sacha, John Berry. C’est le charme de cette histoire très personnelle et subjective où il n’hésite pas à régler quelques comptes ou à rétablir certaines vérités (Renoir a écrit des lettres infamantes lors de l’Occupation, Jean-Pierre Melville était un scénariste original plutôt médiocre). On suivra avec intérêt la sortie en salles de ce documentaire impressionnant et plus encore la version longue de 9h destinée à la télévision.

19h : Personal Shopper d'Olivier Assayas

Certains pourront faire des lectures très brillantes de ce film en analysant la place de Kristen Stewart par rapport au cinéma d’auteur. Il n’empêche que d’un point de vue basique et littéral, Personal Shopper constitue une approche de la mort par Olivier Assayas et de la solitude et du manque de communication qui en découle. L’approche du film de genre (avec apparitions de fantômes à la clé) s’avère assez ridicule, ne générant absolument pas la fascination. En revanche la partie thriller qui se concentre sur l’écran d’un Iphone à coups de sms angoissants est très réussie. Un verre à moitié plein donc pour ce film qui ne parvient pas à incarner ses angoisses existentielles dans la concrétisation de fantômes mais devient assez bon lorsqu’il se raccroche à l’idée d’un documentaire sur Kristen Stewart. Elle, même avec les cheveux gras et des tatouages disgracieux, parvient à scotcher notre attention, en incarnant le spectre de la dépression, bien plus terrifiant que toutes les apparitions virtuelles.

22h15 : Hell or High Water de David McKenzie

Un duo de rednecks (Ben Foster et Chris Pine° fait des braquages de banques le matin pour sauver leur ferme familiale. Une enquête est menée par le shérif local (Jeff Bridges). Sympathique mais guère inoubliable. Belle photographie et jolie ambiance musicale.