8h30 : Mademoiselle de Park Chan-Wook

Ce film évoque celui de Im Sang-Soo, l’Ivresse de l’argent. Même formalisme un peu étouffant, même intrigue à base de relations maître-servante, même densité scénaristique assez vaine. Malgré une très belle direction artistique et de jolis effets de caméra, l’histoire en trois chapitres peine à convaincre, ce qui fait que le film ne dépasse pas l’exercice de style. De plus 2h24 pour un film qui possède un chapitre de trop, c’est largement excessif.

11h45 : Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg

On retrouve le Spielberg qui aime à s’adresser aux enfants, même davantage qu’à l’enfant qui survit encore en nous. Le Bon Gros Geant est ainsi une adaptation d’un conte pour enfants de Roald Dahl. On peut largement préférer sa veine de science-fiction voire ses drames récents sur le passé des Etats-Unis. Il n’empêche que Le BGG n’est pas un film raté loin de là, à partir du moment où on accepte qu’il s’adresse principalement à des enfants et en adopte les codes et le point de vue.

14h15 : Happy times will come soon de Allessandro Comodin

En 1h 40 seulement, Comodin a réussi à épuiser notre patience. Mal photographié dans un noir presque incessant (volontairement ou pas, c’est la question), le film se perd dans une absence d’intrigue relative à un terrier qui pourrait évoquer de loin Alice au pays des Merveilles mais on en est très loin. Même la présence de Sabrina Seyvecou (Choses secrètes de Jean-Claude Brisseau) ne parvient pas à sortir le film de sa torpeur.

19h : American Honey d’Andrea Arnold

On retrouve avec plaisir Andrea Arnold depuis ses deux prix du jury, Red Road et Fish Tank et un intermède romanesque, l’adaptation des Hauts de Hurlevent. Cette fois-ci, elle propose un road-movie quasiment dans le style de Kerouac, avec des acteurs dans le vent (la débutante Sasha Lane, Riley Keough, Shia Labeouf) et une bande originale très à la mode. Non exempt de longueurs (car la répétition est souvent la structure du voyage), American Honey est malgré tout un beau voyage à travers les Etats-Unis, pour apprendre la vie, les déceptions et les tromperies.

22h15 : Grave de Julia Ducourneau

Décidément l’anthropophagie a de beaux jours devant elle, au cinéma. Après les pauvres cannibales de Ma Loute de Dumont, voici une jeune étudiante en médecine vétérinaire qui se prend au goût de la chair humaine. Cela rappelle Cronenberg dans le côté organique et répulsif ou plus près de nous, le terrifiant Dans ma peau de Marina de Van. Malgré quelques excès de style, ce film est une tentative courageuse de sortir des sentiers battus.