L'éternelle tradition annuelle de toutes les rédactions n'a pas échappé à l'équipe de Retro-HD. Tandis que certains pleurent encore la perte de leur foie perdu lors des gargantuesques fêtes de fin d'année, (presque) toute l'équipe s'est prêtée au jeu des Tops et Flops de l'année 2015. Classement qui débute avec celui de notre testeur Rémy qui a décidé de passer en revue ce qu'il s'est fait de mieux (et de pire) sur le marché du blu-ray l'année dernière.

 

REMY

Les 5 pires choses de 2015 en Blu Ray :

Le Bal de Ettore Scola : Edité par LCJ dans un Blu Ray sorti tout droit du pire du pire, avec des pistes sons dignes d’un DVD de 1999 et une image upscalée tirée d’un master qui ne devait déjà pas être terrible en DVD. Un désastre total, où les bonus sont finalement dans une meilleure qualité que le film. 

Criterion : On aime beaucoup Criterion mais cela ne nous empêche pas d’être critiques envers leur travail. On attend de leurs éditions qu’elles soient impeccables, mais le fait est qu’elles se traînent depuis trop longtemps maintenant (3 ans, en gros) des soucis de compression que peu d’éditeurs possèdent (cf Mulholland Drive et surtout My Own Private Idaho), tandis que les disques à erreur s’accumulent (Eraserhead, Dressed to Kill et potentiellement Code Inconnu). A cela s’ajoutent des problèmes de contrôle qualité, entre images manquantes et anamorphose mal effectuée, souvent avec une communication publique pas terriblement maîtrisée, leur passage complètement raté aux combos BR + DVD (qui les force à ressortir discrètement, mois après mois, leurs quelques combos en éditions séparées) et la remontée de l’affaire des disques instables (leur QOL à eux)... C’est d’autant plus dommage que leurs éditions continuent à nous alimenter en perles jusqu’ici mal éditées ou introuvables (ou littéralement sauvées des flammes comme la trilogie Apu), mais le fait est que chaque fois qu’un éditeur a accès à leur matériel, il fait mieux (notamment en Angleterre). Et on fermera poliment les yeux sur la ré-utilisation franchement indigne sur quelques titres de masters HD proprement obsolètes (Sword of Doom, Make Way For Tomorrow, The Friends of Eddie Coyle, et dans une moindre mesure Downhill Racer, Watership Down, et enfin l’upscale HD de Hoop Dreams). L’année n’a pas du être évidente dans les bureaux de l’éditeur New Yorkais… 

La débâcle des pressages QOL : Des Blu Ray qui deviennent illisible en 3 ans, ça vous dit ? De quoi rassurer le consommateur, assurément. Les échanges hasardeux (ou très longs) et les stocks endommagés qui se retrouvent parmi les disques renvoyés n’ont clairement pas aidé. 

Les encodages 1080i sortant de nulle part : Alias la maladie franco-française des économiseurs de bouts de chandelles. On comprend l’économie d’échelle à travailler avec une seule vitesse pour tous les supports (DVD, VoD, TV, Blu Ray) plutôt que deux, mais sincèrement, comment expliquer que des éditeurs alternent sans raison 1080p ou 1080i ? Bas les Masques en 1080p mais La Main Gauche du Seigneur en 1080i ? La Tête Haute et Love 2D en 1080i mais Lost River en 1080p ? Et pourquoi certaines toutes petites équipes arrivent parfaitement à faire du 1080p malgré tout ? Et pourquoi, d’ailleurs, ne pas plutôt faire des DVDs au format NTSC, parfaitement compatible avec les platines et les diffuseurs actuels, plutôt que de niveler les Blu Rays par le bas ? 

Tellement d’autres choses encore nous déçoivent en 2015 : les titres Warner qui ne sortent pas en Blu Ray en France (que ce soit une nouveauté comme Entourage ou des titres de catalogue comme leurs 4 films Effets Spéciaux) mais qu’on trouve à 8€ en Espagne, le marché français incapable de fédérer autour de la HD, l’UHD BR qui n’a pas encore démarré mais est bien parti pour se planter sévère (faute de tirer les leçons de l’échec du Blu Ray en terme de pénétration), les Blu Rays Marvel et leurs suppléments devenus complètement superficiels, les packagings spéciaux trop souvent plus jolis que pratiques… 

 

Les 5 meilleures tendances 2015 en Blu Ray :

Les collectors (Arrow, Wild Side, Carlotta) : 2015 fut l’année des coffrets collectors et finalement, on ne va pas (trop) s’en plaindre. Difficile de faire un classement, mais que ce soit la nouvelle collection Carlotta inaugurée avec l’énorme coffret Body Double, l’édition ultime de Sorcerer chez Wild Side (dans les 2 cas pour des prix tout à fait décents compte tenu du contenu), ou les nombreux coffrets Arrow (The Long Good Friday, Videodrome, Black Cats, Battles Without Honor or Humanity), de nombreux coffrets démontrent un savoir-faire dans la compilation d’éléments et le soin apporté à l’ensemble, faisant souvent de ces sorties des éditions définitives pour les films concernés. Si le revers de la médaille est que les plannings d’achats finissent par s’organiser autour de ces sorties, force est de constater que cela fonctionne en termes de ventes mais aussi de qualité finale. Et 2016 devrait logiquement continuer sur cette lancée… 

Les restaurations 4K : Que ce soit chez Fox, Sony, Taiwan, Bologne, Digimages, Shochiku, les restaurations 4K pleuvent et les résultats sont le plus souvent excellents. La qualité visuelle en amont a clairement augmenté et le soin apporté à ces restaurations a permis de se débarrasser de nombreux masters obsolètes. L’industrie commence enfin à faire le ménage. Il était temps. 

David Mackenzie : Le souci avec toutes ces nouvelles restaurations, c’est d’être capable de ne les dégrader qu’au minimum en vidéo. Si quelqu’un a réussi à prouver que c’était possible, c’est David. Comme un reflet en positif de ce qu’on écrivait plus haut pour Criterion, il est des gens dont les compétences et l’expertise se démontrent projet après projet. Il y a Grover Crisp chez Sony pour les restaurations, il y aura désormais David Mackenzie pour encoder tout ça en vidéo (mais pas que, puisqu’il fait aussi de la restauration audio et de la correction de couleurs). 

Les deals Anglais avec la FOX : Fox a effectué ces dernières années de nombreuses restaurations 4K, distribuées notamment via Hollywood Classics. Pourtant, on en voit assez peu arriver en France, voire même aux USA. Heureusement, en Angleterre, outre le BFI qui nous a sorti 3 Preminger et Arrow qui a obtenu Thieves’ Highway et My Darling Clementine, c’est l’équipe de Masters of Cinema qui a tiré le gros lot : Wild River, Pickup on South Street, Two for the Road, bientôt Fixed Bayonets!, leurs Blu Rays débarquent les uns après les autres, avec toujours ces magnifiques restaurations 4K comme source. On regrettera tout de même les nouveaux étalonnages des titres couleurs, qui tirent très très fortement sur le bleu… 

Les pistes Atmos : Même sans être équipés, même sans véritable concurrence (le DTS :X est empêtré dans des problèmes de décodage, et l’Auro-3D est virtuellement inutilisé), les pistes Atmos ont fait grimper la qualité des pistes son présentes en Blu Ray. Il suffit d’écouter la VO d’American Sniper pour s’en convaincre. Et si les VF profitent souvent d’un Atmos du pauvre (en Dolby Digital Plus), on voit de plus en plus de disques avec des VF exploitant ce nouveau format, au-delà des remixages 5.1 ou des pistes DD 5.1 dignes d’un DVD… Assurément une augmentation qualitative qui fait plaisir à entendre. 

 

TOP 5 2015 Blu Ray (Nouveautés France) : 

American Sniper (Warner) : Présentation technique très impressionnante et la meilleure piste son de l’année. 

The Raid 2 (Wild Side) : Un travail éditorial de fond très impressionnant, un joli steelbook, et un poster pour compléter le tout, le tout au tarif habituel. 

Birdman (Fox) : C’est le design sonore du film qui trouve ici une restitution impeccable et impressionnante. 

The Duke of Burgundy (Wild Side) : Un film très travaillé qui trouve ici un écrin à la hauteur. 

It Follows (Metropolitan) : Le film est ce qu’il est et la présentation technique n’est pas 100% implacable, mais l’inclusion de The Myth of the American Sleepover dans un joli transfert est une exclu mondiale agréablement surprenante.

  

TOP 5 2015 Blu Ray (Catalogue et/ou Import) : 

Body Double (Carlotta, France) / Sorcerer (Wild Side, France) : Difficile de départager les 2 gros collectors français de Noël, mais dans les 2 cas, pour 40€ pièce, on trouve de copieux suppléments, des restaurations impeccablement exploitées et évidemment des suppléments papier très généreux. Les cadeaux de fin d’année immanquables.

Shoah (Masters of Cinema, UK) : Pas un choix forcément accessible, mais entre la restauration mieux restituée que chez Criterion aux USA, les 4 films supplémentaires (dont Sobibor dans une nouvelle restauration et Le dernier des injustes) et un livre encore plus épais que celui du coffret DVD, cette édition rend profondément justice au travail de Claude Lanzmann sur le sujet.

Blood and Black Lace (Arrow, UK) : Arrow a eu une année très impressionnante, et même si la sortie de ce Bava n’a pas été aussi parfaite que prévue (du fait du long débat sur le respect ou non du format d’image original), le fait est que la restauration est visuellement fabuleuse et l’édition extrêmement chargée. Et le steelbook est magnifique. Après, on a choisi B&BL mais on aurait pu parler du coffret Battles without Honor or Humanity et son fantastique livre, Videodrome et ses courts-métrages nouvellement restaurés, leurs 2 titres tchèques, les Jules Dassin, le coffret Hellraiser, etc etc…

Night & The City / Pickup on South Street / Thieves’ Highway (BFI / Masters of Cinema / Arrow, UK) : On en parlait plus haut : les restaurations 4K N&B de la FOX sont fantastiques, et pour le moment, ce sont surtout les Anglais qui en profitent à travers de fabuleuses éditions Blu Ray.

Les restaurations Pathé N&B (L’oeil du Monocle, Le Désordre et la Nuit, …) et De Broca TF1 (Le Cavaleur, L’amant de 5 Jours, …) : S’il y a des éditeurs français qui ont sacrément grandi (quantitativement comme qualitativement), ce sont Pathé et TF1 : restaurations impeccablement effectuées et exploitées, couplées à des suppléments certes concis mais montés de main de maître, il est loin le temps des carnages façon Les enfants du Paradis ou de l’utilisation de masters HD pas tout jeunes… 

Mention spéciale au coffret Frederick Wiseman (Blaq Out, France) : Jusqu’ici très difficile d’accès en vidéo, ces fascinants documentaires sont enfin disponibles dans un coffret (belle bête d’1.5kg !) au prix fort décent de 65€ les 13 DVDs (quand même). 

# Oh mon dieu, l’hérésie, pas de Criterion dans le top 5 ! Ils ont quand même fait fort avec la trilogie Apu, la version intégrale de Kwaidan, Blind Chance de Kieslowski, les 3 Errol Morris et Don’t Look Now #

 

ADELAÏDE

Difficile de faire un vrai choix en cette année 2015. N'ayant pas eu de vrais coups de cœur ni de réelles déceptions, la liste aura finalement été faite selon notre humeur de l'instant présent, celle au moment de voir le film. Nous ne saurions dire si l'un est techniquement meilleur que l'autre, mais il est définitivement sûr que notre cœur aura, lui, été conquis par certains.

Ah, et oui, nous n’avons pas tout vu surtout ! Mad Max n'est dans aucune liste, car nous devinons d'avance qu'il sera dans le Top 3 de tous les garçons, mais nous avons évidemment beaucoup aimé Mad Max !

TOP 2015 

Mustang et Youth arrivent sans aucun doute en premier ! Ex-aequo, car impossible de départager ces deux œuvres qui nous ont tant ému si bien par leur véracité que par le talent des comédiens. 

Macbeth arrive en 2ème de nos coups de cœur. La qualité de la mise en scène nous a scotché. Michael Fassbender et Marion Cotillard sont dingues (c’est le moins que l'on puisse dire) et l'ensemble nous a totalement convaincu. 

Les Suffragettes arrive en trois, difficile d'être une femme et de ne pas être ému par ce film poignant (n'en déplaise à Alex !). 

En 4ème, My Skinny Sister. Sa singularité à mélanger drame et humour aura eu raison de nous.  

The Lobster obtient la 5ème place, son originalité nous aura surpris tout le long. 

Vice-Versa est 6ème. L'émotion étant la clé de ce film d'animation, il est tout à fait normal qu'il nous ait ému au point de le voir deux fois en 2 semaines. 

Par Accident se place en 7ème. Ce film peut surprendre, mais le choix cette année est mince et ce long métrage a su nous conquérir grâce son rythme exaltant. 

Mémoires de Jeunesse est 8ème. Encore une fois, la mise en scène est très classique, mais l’histoire suffisamment poignante pour mériter d'être connue. 

La Tête Haute est 9ème et Daddy Cool à la 10ème place. Assez classique par la forme, ils nous ont ému par le fond et, de nouveau, la concurrence n'est pas rude cette année.

 

FLOP 2015 

Nous ne souhaitons pas commenter un par un ce classement, car nous ne nous sentons pas apte à juger le travail de quelqu'un d'autre en détail. Ce classement provient surtout de déceptions dues à l'attente et l'espoir que nous avions pour ces films. 

Orage

Night Fare

Casa Grande

La Promesse d'une Vie

Blind

Valley Of Love

Much Loved

8 Le Grand Jeu 

Taxi Téhéran

10 Un Homme Idéal

 

DAVID

TOP 2015

  1. Vice-Versa de Pete Docter et Ronnie Del Carmen

Une idée de génie, faire des émotions des personnages. Joie, Tristesse et les autres sont désormais nos amis. Perfection d’un film pour enfants qui nous atteindrait en plein cœur, nous les adultes. 

  1. Les Mille et Une Nuits de Miguel Gomes

Un film en trois parties regorgeant d’histoires fantastiques, drôles, surréalistes, comme une Schéhérazade moderne nous les conterait, à travers le portrait d’un Portugal en pleine détresse.  Immense pouvoir de la fiction.  

  1. Love de Gaspar Noé

Gaspar Noé a enfin concrétisé son projet de film d’amour porno et réussit la prouesse de faire passer le sexe au second plan. Ne reste que l’infinie souffrance de la perte de l’être aimé. 

  1. Knight of Cups de Terrence Malick

Une photographie sublime berce les états d’âme d’un trentenaire qui ne s’est pas encore trouvé, entre deuil d’un frère bien-aimé et idylles avec des femmes plus superbes les unes que les autres. Malick poursuit sa superbe autobiographie filmée. 

  1. Trois Souvenirs de Ma Jeunesse d’Arnaud Despleschin

Despleschin approfondit la biographie de Paul Dedalus, le héros de Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle), en reprenant les motifs de La Vie des morts, de La Sentinelle dans les deux premiers chapitres. Mais le film décolle réellement avec le 3ème chapitre  « Esther ». 

  1. American Sniper de Clint Eastwood

Clint est encore d’attaque et remporte le plus grand succès de sa carrière avec le portrait contrasté d’une icône américaine non dénuée d’ambiguïtés. 

  1. Au-Delà des Montagnes de Jia Zhang-Ke

La perle méconnue de cette fin d’année, sortie lors de la dernière semaine. Cette fois-ci,  Jia Zhang-Ke a remplacé la violence de A touch of sin par la profondeur du mélodrame. 

  1. Inherent Vice de Paul Thomas Anderson

Le film le plus fou de cette année. Adaptant Thomas Pynchon , PTA a conçu un scénario aussi joyeusement incompréhensible que le roman, prétexte à des numéros d’acteurs délirants. 

  1. The Look of Silence de Joshua Oppenheimer

LE documentaire de cette année, révéré par Martin Scorsese lui-même. Comment le descendant de victimes du génocide cambodgien est confronté aux bourreaux de ses parents.

 10. Réalité de Quentin Dupieux

Le film le plus accompli de Dupieux. Une maîtrise des niveaux de récit, entre rêve, film et réalité, à faire pâlir un David Lynch, et mettant en valeur un Alain Chabat en grande forme. 

 

FLOP 2015

  1. Cinquante Nuances de Grey de Sam Taylor-Johnson

L’érotisme niveau zéro. La caricature absolue des relations hommes-femmes.   

  1. Un Moment d’Egarement de Jean-François Richet

Faire un remake du film de Claude Berri, une bonne idée ? Manifestement non. 

  1. The Cut de Fatih Akin

Tahar Rahim muet devant des couchers de soleil de carte postale. 

  1. Tale of Tales de Matteo Garrone

Une adaptation télévisée de contes italiens. Ah pardon c’était du cinéma ? 

  1. Loin de Mon Père de Keren Yedeya

Comment une grosse moche se fait violer régulièrement par son père. 

  1. Lost River de Ryan Gosling

Si le film n’était pas signé Ryan, honnêtement personne n’en parlerait. 

  1. Good Kill d’Andrew Niccol

Le film le plus ennuyeux sur les drones. Où est passé le talent de Bienvenue à Gattaca ? 

  1. Manglehorn de David Gordon Green

Le film le plus raté de David Gordon Green avec un Al Pacino presque gâteux. 

  1. While We’re Young de Noah Baumbach

Sans sa muse Greta, Noah sombre dans le discours réac du conflit entre générations.

 10. Maryland d’Alice Winocour

Mathias Schoenaerts et Diane Kruger amorphes dans le 2ème film de l’auteur d’Augustine.

 

FREDERIC

FLOP 2015

01. Avengers : l'Ere d'Ultron

02. Maggie

03. Jurassic World

04. Les Minions

05. Terminator Genisys

 

TOP 2015

01. Mad Max : Fury Road

02. Kingsman

03. Spectre

04. Star Wars, Episode 7 : le Réveil de la Force

05. Vice-Versa

 

MATHIEU

TOP 2015

1 – L'échappée Belle

Voir notre critique cinéma 

2 – Mad Max : Fury Road 

La claque cinématographique de l'année. Une vraie proposition de cinéma, un blockbuster couillu, impertinent, de ceux que l'on aimerait voir plus régulièrement sur un écran de cinéma. George Miller prend tous les codes à revers pour générer un film à part entière, une œuvre qui restera dans les annales comme la réjouissance de 2015. 

3 – Le Petit Prince

Voir notre critique cinéma 

4 – Une Seconde Mère

Voir notre critique cinéma 

5 – La Loi du Marché 

Prix d’Interprétation à Cannes pour Vincent Lindon, La Loi du Marché doit tout à un comédien magnifique, la plus belle performance sur un écran cette année. Un film fort qui remet en cause la condition de chacun après la projection. On ne ressort pas indemne de La Loi du Marché

6 – Youth 

Le plus beau long-métrage de 2015. Outre son duo de comédiens extraordinaires, Youth est une œuvre soignée, un essai sublime sur la vie, une œuvre sur l'art de l'existence, une remise en question sur la valeur des choix et du parcours dédié à celle qui nous rattrape perpétuellement. 

7 – Le Pont des Espions 

Après un biopic un brin ennuyeux sur Lincoln, Steven Spielberg met en scène une fulgurance, une subtilité historique sublime par la photo de Janusz Kaminski. Le Pont des Espions se laisse prendre pour un film procédural nous proposant au final une histoire sur l'histoire, un regard maîtrisé sur une situation complexe du monde d'antan. Un bijou d'orchestration pour un thriller tendu où Tom Hanks prouve son aura de meilleur acteur américain. 

8 - Sicario 

Denis Villeneuve signe et persiste, après Prisoners, par Sicario, un thriller tendu, âpre et froid. Le sujet n'a rien de bien original, mais le long-métrage respire de façon animale. Sicario est habité par un acteur retrouvé, Benicio Del Toro trouvant dans Sicario l'un de ses grands rôles, une présence lourde, frissonnante et muette. Une prestation incroyable. 

9 – Good Kill 

On pensait avoir perdu Andrew Niccol suite au ratage complet que fût Les Âmes Vagabondes. Good Kill rassure permettant au réalisateur de signer une mise en scène impitoyable. Un film de guerre moderne où Andrew Niccol peint le portrait d’un homme perdu, ne trouvant plus le but de sa mission derrière les ordinateurs planqués dans un container à Las Vegas alors que la guerre se déroule au Moyen-Orient. Après Gattaca, Good Kill se montre être un nouvel essai majeur, un regard critique sur l’Amérique et ses actions à l’étranger. Good Kill est un long-métrage fort, très fort, à découvrir absolument. 

10 – Vice-Versa 

Il faut bien un film d'animation dans le top 10, enfin quand cela est possible. Grâce à Pixar, chaque année nous avons la perle en terme d'animation, enfin les perles car Le Petit Prince de chez Paramount France prône fièrement en 3e place de ce classement. Alors, la 10e et dernière place est pour Vice-Versa. Un nouvel essai de la part de Pixar innovant, une inspiration pertinente de celles dont Disney n’a plus le savoir. Et de savoir, il va en être question, car Pixar embarque le spectateur dans les confins du cerveau de Riley. Remplie d’idées à la minute, d’un émerveillement constant, Vice-Versa est une nouvelle réussite de la part de Pixar. Un nouveau tour de force audacieux dont le seul bémol sera sa capacité à durer tout le métrage. Dix minutes en moins aurait concis un long-métrage s’imposant comme l’une des grandes réussites de 2015. Encore et toujours pour Pixar.

 

FLOP 2015

1 – Star Wars – Le Réveil de la Force 

Le film le plus attendu de l'année, voire de la décennie. Star War épisode 7 se révèle être une déception en tout point. Remake maquillé en film flambant neuf, épisode reboot d'une hypocrisie jamais autant perçue au cinéma. Produit majeur à remplir les caisses d'une major devenue opportuniste depuis quelques années entre films d'animation sans âme, des films de supers-héros parfois froids et des adaptations live des classiques de son catalogue tout simplement catastrophiques. Star Wars est un film insolent, frôlant la moquerie envers un spectateur dupé sur le produit final. Une proposition de non-cinéma pure, vulgairement le gros foutage de gueule de cette dernière décennie. La prélogie de George Lucas se voit aujourd'hui comme réévaluée, comme bien plus digne que cette sauce indigne de son succès actuel. 

2 – Jurassic World

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3 – Pixels 

Autre exemple type d'un produit se fichant éperdument de la tête de sa cible de consommateurs. Pourtant le film est mise en scène par Chris Colombus, père de la saga des Harry Potter au cinéma ou des classiques comme Maman, J'ai Raté l'Avion ou Mrs Doubtfire. Pixels est un plagiat sans vergogne de Ghostbuster et Independance Day, un produit opportuniste, un tâche indélébile dans la filmographie du célèbre réalisateur. 

4 – Cendrillon 

Nouvelle adaptation live d'un classique du catalogue Disney, Cendrillon par Kenneth Brannagh est un produit lisse, une accumulation de belles robes et de beaux décors d'une mièvrerie pas permise. Un supplice de cinéma que l'on peut imposer aux jeunes filles. Pour le prix d'une place de cinéma, préférez acheter la première adaptation en animation, celle-ci véritable œuvre de cinéma. 

5 – Taken 3

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6 – Les Nouvelles Aventures d'Aladin 

Quand on pense que le cinéma français a reposé presque entièrement sur le succès de ce produit dédié à Kev Adams. Que l'on aime le jeune comédien ou pas, Aladin est une farce inconsistante à plusieurs dizaines de millions d'euros, un divertissement bête mais jamais méchant, juste produit de façon maladroite et opportuniste. Une usine à dévaliser l'argent de poche de nos bambins. 

7 – Robin des Bois : la Véritable Histoire 

Pourquoi mettre en scène un tel navet après la réussite des Gamins ? Robin des Bois est un long-métrage vulgaire, pensé à la va-vite, à l'écriture absente et jamais véritablement marrant. Un produit navrant heureusement sauvé par un échec cuisant au box-office. Cela servira de remise en question à Anthony Marciano et Max Boublil !?! 

8 – Cake 

Que dire de ce film inconsistant ? Un produit à Oscar pour Jennifer Aniston dont on peinera à soulever la performance déprimante de cet essai déjà oublié. 

9 – Une Famille à Louer

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10 – Birdman 

Film salué par tous, Birdman laisse totalement de marbre en dépit d'une galerie de personnages intéressants. Outre le procédé de mise en scène totalement gadget, mobilisant la critique et le spectateur pour exister, on lui préféra Ca Tourne à Manhattan, au sujet identique et bien plus sincère.

 

ALEXANDRE

2015, comme toutes les années cinéma, aura été riche en attente, en coups de cœur et en déceptions. Et s'il faut bien souligner une chose cette année, c'est que les blockbusters ont prouvé qu'ils pouvaient non seulement dominer le box-office, mais également les tops de l'année. Si nous déplorons bien évidemment le fade Jurassic World et le raté Terminator Genisys; Mad Max, Star Wars, Mission : Impossible et James Bond auront fait leur retour sur grand écran avec fracas. D'autres attentes, comme les nouvelles réalisations de Ridley Scott, Guillermo Del Toro, Steven Spielberg se seront montrées honorables mais ne méritant pas de figurer dans un top. Voilà donc que des films atypiques, petits bijoux pas forcément attendus se glissent dans le top 10 que voici.

TOP 2015 

1- Youth : la vieillesse, l'amour, la mort, la vie, l'amitié... Autant de thèmes ambitieux que Paolo Sorrentino effleure avec une sensibilité incroyable, faisant naître l'émotion à partir de rien, allant chercher la beauté et la poésie là où elle se trouve. Le tout avec un sens du cadre magnifique et un casting en or. 

2 – Mad Max : Fury Road : le scénario tient sur un post-it mais on a rarement vu un cinéaste réinventer une saga comme George Miller l'a fait avec Fury Road. Gigantesque course-poursuite pleine de crasse, de voitures rutilantes et de violence, le film est aussi impressionnant que maîtrisé. 

3- Birdman : parfois un peu pompeux et un peu long sur sa fin, voilà néanmoins du grand cinéma, porté par la caméra virtuose d'Alejandro González Inárritu nous plongeant dans les tourments d'un acteur en quête d'un second souffle. C'est beau, un peu dingue et c'est surtout le plus beau rôle de Michael Keaton, à qui Eddie Redmayne a volé l'Oscar. 

4- Star Wars : Le Réveil de la Force : c'est peut-être un peu facile de le balancer dans le top mais impossible de bouder le plaisir procuré par ce septième opus de la plus grande saga de science-fiction de l'histoire du cinéma. J.J. Abrams et ses co-scénaristes donnent un second souffle à la saga, peuplent l'univers de nouveaux personnages passionnants (Daisy Ridley, un talent à suivre), nous arrache plein de frissons et nous rappelle ce que c'est d'être un gosse dans une salle de cinéma. 

5- Good Kill : Après les décevants Time Out et Les Âmes Vagabondes, Andrew Niccol revient au sommet de sa forme, accompagné par Ethan Hawke, son acteur fétiche. Violent réquisitoire contre une guerre de plus en plus impersonnelle et portrait d'un homme à fleur de peau, Good Kill est un choc, un film implacable doté d'une mise en scène aux cadres extrêmement travaillés. 

6- Mission : Impossible – Rogue Nation : on croyait que Protocole Fantôme nous en avait mis plein les mirettes. Christopher McQuarrie applique à la lettre la recette parfaite du film d'action, prenant le temps de soigner les personnages tout en truffant le film de scènes aussi impressionnantes que virtuoses. Le meilleur film de la saga, écrit avec un art du divertissement incontournable. 

7- Ex Machina : un huis-clos et trois personnages (enfin quatre mais bon), c'est tout ce dont a besoin Alex Garland pour insuffler à la science-fiction et à la classique intrigue d'intelligence artificielle un souffle nouveau, aussi brillant que troublant. Alicia Vikander n'a jamais été aussi sensuelle et Oscar Isaac n'a jamais été aussi inquiétant. 

8- Spectre : encore un blockbuster ! Oui mais impossible de résister au charme de Daniel Craig, décidément impeccable en James Bond, dans ce nouvel opus des aventures de l'agent 007. Pas aussi bon que Skyfall, Spectre n'en est pas moins réussi, assumant son statut complètement ''Jamesbondien'' et s'ouvrant sur une scène inoubliable. 

9- Macbeth : Justin Kurzel adapte le classique de William Shakespeare et nous en offre une vision barbare, violente et stylisée. Michael Fassbender y flirte avec la folie avec un talent qui frôle le génie et la scène de bataille finale éclate les rétines. 

10- Avril et le Monde Truqué : La patte de Jacques Tardi se retrouve au service d'une savoureuse uchronie aux détails soignés, une aventure surprenante et hautement divertissante à l'univers aussi riche que superbe. 

Mentions spéciales à L'Hermine pour sa sensibilité et son émotion, à The Lobster pour son univers fou et original, à Lost River pour son envoûtement visuel, à Victoria pour sa prouesse technique et à Sicario pour sa vision implacable et sans merci du monde des cartels.

 

FLOP 2015 

1- Jupiter : le Destin de l'Univers : Après le superbe, complexe et envoûtant Cloud Atlas, les Wachowski livrent leur attendu space-opera et se plantent sur toute la ligne. C'est visuellement beau mais le casting n'est pas à l'aise (Eddie Redmayne en fait des caisses en méchant) et le scénario ultra-répétitif. Mila Kunis se fait sauver quatre fois à la dernière minute en 2h, il ne faudrait pas nous prendre pour des cons quand même. 

2- 50 Nuances de Grey : ils ont enlevé le seul intérêt du bouquin : les scènes de sexe. Le reste du film est imbuvable, entre scénario creux et acteurs insipides. 

3- Chappie : Autant Alien 5 par Neill Blomkamp fait envie, autant cette nouvelle variation sur l'intelligence artificielle fait un peu peur. A part le personnage de Chappie, tous les autres acteurs cabotinent dans ce film déséquilibré. 

4- Hacker : un film de Michael Mann, on l'attend un peu comme le Messie. Malheureusement Hacker est le moins bon film de son auteur, une œuvre malade et pas toujours crédible surtout dans le traitement de son personnage principal. Intéressant mais décevant. 

5- Cendrillon : Non seulement Disney remet au goût du jour leur film d'animation le plus cucul, mais en plus ils confient la réalisation à Kenneth Branagh qui semble avoir vendu son âme au diable au passage. Pitié, Kenneth, refais-nous du Shakespeare ! 

6- Jurassic World : le parc est ouvert ! Quitte à avoir autant de moyens, autant payer des scénaristes. Le film cumule les pirouettes scénaristiques débiles, nous pond des personnages plus caricaturaux les uns que les autres et nous offre un final aberrant. 

7- Terminator Genisys : Arnold is back et se permet de critiquer Terminator : Renaissance pour faire la promo de ce Genisys pire que les autres où le scénario se moque gentiment de nous. Jai Courtney fait un piètre successeur à Michael Biehn mais heureusement il reste Emilia Clarke. 

8- The Walk – Rêver Plus Haut : Joseph Gordon-Levitt joue Philippe Petit, le célèbre funambule français ayant traversé les tours du World Trade Center sur un câble. Quand il parle français, c'est catastrophique, quand il réalise sa prouesse, ça pue le numérique. 

9- Hunger Games – La Révolte : Partie 2 : Après une première partie laborieuse, on s'attendait à une fin explosive. En fait c'est toujours aussi mou avec une héroïne décidément tête à claque. Se dire que c'est le dernier rôle de Philip Seymour Hoffman dans ce film fait un sacré pincement au cœur... 

10- Knight of Cups : Malick, on aimerait l'aimer pour toujours. Mais le cinéaste semble se caricaturer lui-même. Entre une caméra flottante balayant une Los Angeles peu reluisante, une voix-off toujours aussi pompeuse et une direction d'acteur aussi minimaliste, on a du mal à y voir autre chose qu'une jolie masturbation de la part d'un cinéaste que l'on a de plus en plus de mal à suivre depuis The Tree of Life.

 

ANTHONY

Le rituel de toutes les rédactions de chaque début d’année est de mise, une fois encore. Quels sont les films qui nous ont fait vibrer l’année dernière ? Quels sont ceux dont nous aurions aimé ne jamais poser les yeux dessus ? Reflet totalement subjectif de ce qu’a été notre année cinématographique et, aussi étonnant que cela puisse paraître, nous avons eu énormément de mal à confectionner notre flop. Bien sûr, il eut été facile de citer dix navets horrifiques aseptisés et le tour était joué, car, vous, qui nous lisez régulièrement, savez à quel point nous sommes affligés et consternés de constater la bassesse créative dans laquelle s’enferment moult productions du genre. En revanche, le choix des tops fut plus cornélien dans le sens où nous aurions pu vous citer une bonne vingtaine de films les yeux fermés. Une année placée sous le signe des blockbusters soignés. Beaucoup d’attente entre Jurassic World ou encore Star Wars 7 qui fut, dans la plupart des cas, joliment récompensée. Jetons donc un dernier regard admiratif à cette riche année…

 

FLOP 2015

10. KNOCK KNOCK d’Eli Roth

Knock Knock n’est pas un mauvais film à proprement parlé. Il nous fallait simplement dix films pour combler le flop. Cela dit, nous reprochons à Eli Roth de réussir à nous servir une œuvre maîtrisée techniquement au fond relativement creux. Nous lui reconnaissons une solide réalisation et un Keanu Reeves dans un de ses meilleurs rôles. Seulement, Knock Knock laisse un goût amer, une étrange sensation d’œuvre inachevée aux propos qui tournent très vite en rond et où le fond du débat ne se soulève que lors d’un climax appétissant, mais, hélas, beaucoup trop tardif pour y laisser une empreinte mémorable. Dommage…

09. AVENGERS : L’ÈRE D'ULTRON de Joss Whedon

On ne va pas se mentir, le premier opus était démentiel. Joss Whedon nous offrait un souffle neuf dans la franchise des adaptations Marvel. C’était caustique, explosif, drôle et efficace. Les nombreux teasers laissaient présager une suite puissante avec un super vilain chaotique. L’ère d’Ultron fut bien chaotique, mais pas pour les bonnes raisons. Nos super-héros se fourvoient dans de nombreux poncifs qui sentent plutôt l’ère de l’essoufflement qu’autre chose. Ultron n’a absolument rien de bien machiavélique et est même éclipsé lors d’une bataille finale extrêmement fade. Quant au reste du casting, on sent nettement que la plupart sont juste venus endosser un bon gros chèque. Rien de bien affriolant à se mettre sous la dent, même la réalisation de Whedon paraît terne. Quand on place une barre très haute, il faut redoubler d’efforts pour émerveiller de nouveau…ce ne fut pas le cas avec cet Avengers transpirant clairement l’ère du ras-le-bol !

08. IT FOLLOWS de David Robert Mitchell

It Follows avait absolument tout pour briller. L’ambiance est poisseuse, les acteurs distillent parfaitement la paranoïa qui les habite, le concept est simple et fonctionne et la réalisation de David Robert Mitchell est soignée, à mi-chemin entre les films d’épouvante asiatiques et John Carpenter. It Follows se saborde tout seul dans sa dernière demi-heure. Le réalisateur envoie valdinguer tout ce qu’il construit au profit d’un épilogue absurde et dépourvu de toute morale. Pire que tout, il laisse ses héros dans une tourmente misogyne comme si la seule solution à leur problème était de devenir aussi mauvais que le mal lui-même. D’une admiration certaine à une haine viscérale, It Follows n’assume pas son concept jusqu’au bout, et ça a eu le don de bien nous énerver à défaut de nous pondre le film d’épouvante ultime de l’année !

07. THE WALK de Robert Zemeckis

Plus d’un an de spots publicitaires à vanter les mérites d’une 3D immersive et renversante. Le dernier bébé de Robert Zemeckis allait clairement nous en mettre plein les mirettes, nous offrir une expérience de cinéma inédite à la pointe de la technologie. On se retrouve dans une biographie pathétique d’un héros antipathique, lunatique et caractériel. Le film n’a aucun but que de nous faire patienter jusqu’à la traversée finale avec du remplissage creux aux sous-intrigues qui ne trouveront jamais de réponses. Et pour ce qui est de la 3D, quelle ne fut pas notre déception lorsque nous nous sommes retrouvés devant cet infâme amas d’effets visuels cheap digne des années 90. The Walk amorce un procédé révolutionnaire en termes d’images qui aurait charmé le spectateur…il y a 20 ans ! Pauvre Roberto, tu te fais sérieusement de vieux os…

06. TERMINATOR GENISYS d’Alan Taylor

Est-il utile de rouvrir le débat ? Quand vous avez un réalisateur qui avoue en interview que son scénario n’a absolument aucun sens, vous ne pouvez plus faire grand-chose pour sauver les meubles. C’est dommage, car Terminator Genisys possède une mise en bouche efficace et nerveuse où le fan-service fonctionne relativement bien. Le film devient indigeste dès qu’il s’embourbe dans diverses boucles temporelles et où papi Schwarzy tente de délivrer une explication incompréhensible avec de multiples mots scientifiques. Il ne suffit pas d’aligner des termes complexes pour offrir de la consistance à son film ! Comme disait Oliver Hardy : « Nul n’est plus idiot qu’un idiot qui se croit intelligent », pour sûr que ça résume parfaitement ce que nous laisse ce nouvel opus de la saga Terminator.

05. MAGIC MIKE XXL de Gregory Jacobs

Pour faire simple : prenez tout ce qui rendait Magic Mike intelligent et jetez-le à la poubelle. Cette suite est creuse au possible, les acteurs s’ennuient ferme et la réalisation est paresseuse. Ne reste que certains déhanchés quelque peu réussis et une bande originale toujours aussi énergique, mais ça ne suffit pas à sauver ce navet du néant dans lequel il s’est noyé.

04. NOS FEMMES de Richard Berry

Autre problème, autres griefs. Pour Nos Femmes, Richard Berry délivre un film propre et net, une réalisation dynamique habitant parfaitement l’espace de l’appartement de son héros. Seulement, entendre trois pauvres types déblatérer sur le calvaire que sont les femmes sans en avoir le moindre respect ni le recul nécessaire pour comprendre qu’ils ne sont qu’une bande de machos imbus de leur personne ça a de quoi nous faire monter la mayonnaise. Nos Femmes est un film abject qui tente de crédibiliser une attitude méprisante de la figure autoritaire du mâle bêta dans toute sa laideur. Et vas-y qu’on encourage les actes de barbarie, tant qu’on cogne sur des femmes c’est légitime ! Une sombre bouse mise sur un piédestal hideux…mais que sont venus faire ces acteurs dans cette galère ?

03. UNFRIENDED de Levan Gabriadze

Parce qu’il fallait bien en parler à un moment donné. L’horreur, voilà un genre qui nous fait vibrer depuis que nous sommes mômes. Nourris et chéris à coups d’Evil Dead et autres Griffes de la Nuit, nous lui devons certaines de nos plus belles heures cinéphiliques. C’est surtout consternant de se dire que la génération actuelle n’aura que pour piliers du genre un nombre assez conséquent de navets dans la veine d’Unfriended. Ce film est à l’horreur ce que la pédophilie fait aux enfants : il fait mal ! Aujourd’hui, il suffit de faire une capture d’écran lors d’une conversation Skype avec ses amis, d’éteindre les lumières entre deux complaintes bourrées de fautes d’orthographe et de hurler comme une baleine pour s’estampiller film d’épouvante. Le concept était déjà fané avant même d’oser tourner le film…et en plus il faudrait payer 10€ en moyenne pour nous infliger ça ? Pauvre de nous !

02. LE PROJET ATTICUS de Chris Sparling

Et quand ce n’est pas en salle, c’est directement dans les bacs ! Nous aurions pu mettre cette daube en ex-aequo avec Unfriended, les raisons sont globalement les mêmes que celles qui nous font détester le film susmentionné. Exception faite ici que Le Project Atticus est clairement synonyme de ras le bol exacerbé. Des histoires de possessions démoniaques on en mange à la pelle depuis que c’est devenu tendance. À l’instar du zombie qui fait un carton depuis des années, on essaie de trouver des subterfuges pour essayer de rendre cool le concept avec des « et si on demandait au démon de retrouver des armes biologiques perdues en mer ? » Non, mais sérieusement à quand les cross-overs débridés ? À quand l’Exorciste vs Twitter ? À quand Chéri, J’ai Agrandi le Démon ? Et c’est ce genre de navet que vous considérez comme des modèles contemporains du genre ? À 20€ en moyenne le blu-ray, permettez-nous d’avoir mal au c…

01. CINQUANTE NUANCES DE GREY de Sam Taylor-Johnson

Trop facile ? Et pourtant Cinquante Nuances de Grey demeure le pire film de l’année non seulement pour les raisons que nous avions citées dans notre critique cinéma, mais également parce qu’il s’inscrit dans l’étroite continuité des propos que nous avons avancés pour les deux films ci-dessus. Est-ce bien cela l’image de la romance moderne ? Comment expliquer qu’un film se paye une réputation aussi sulfureuse alors que le thermomètre reste perpétuellement glacé. Où est la passion ? Où est le désir ? Il n’y a aucune alchimie entre les acteurs, le scénario est vide, le film est froid, pâle, blafard, pompeux, ennuyeux et long, très long ! Déjà que le matériau de base n’était pas une référence littéraire (c’était même très mal écrit !), on a sérieusement touché le fond ici. Voici d’ailleurs une liste, non exhaustive, de 50 films (pas forcément bons attention !) avec des scènes nettement plus sulfureuses que ce déchet, amusez-vous bien : Basic Instinct, Basic Instinct 2, Body Double, Black Swan, Infidèle, La Vie d’Adèle, Baise-Moi, Love, 9 Semaines ½, Nymphomaniac, Destricted, The Smell of Us, Ken Park, l’Empire des Sens, Le Dernier Tango à Paris, 9 Songs, Shortbus, Les Lois de l’Attraction, Chroniques Sexuelles d’une Famille d’Aujourd’hui, 37°2 le Matin, L’amant, Showgirls, Eyes Wide Shut, Lune de Fiel, Le Diable au Corps, Le Pornographe, L’été Meurtrier, Mulholland Drive, L’appollonide : Souvenirs de Maison Close, Jeune et Jolie, L’inconnu du Lac, Passion, Crash, Happy Few, Perfect Mothers, La Pianiste, Brown Bunny, Sailor et Lula, True Romance, Intimité, Romance, Q, Caligula, Les Anges Exterminateurs, Les Valseuses, Une Vraie Jeune Fille, Shame, Je T’aime Moi Non Plus, La Lectrice, Les Nuits Fauves.

Hors-Compétition : Les Portes du Soleil – Algérie Pour Toujours de Jean-Marc Minéo. Prenez Smaïn, Lorie et Mike Tyson, ajoutez-les au cœur d’une funeste histoire allégrement pompée sur Road House, mélangez le tout et vous obtiendrez la plus grosse blague de l’année. Ce film possède tous les attributs du nanar sans jamais en transcender la substantifique moelle. Il reste des castagnes correctes malgré tout ; mais surtout un Smaïn, déjà au fond du trou, désormais irrécupérable, en surjeu constant et une Lorie alignant les bastos aussi rapidement que dans un film de John Woo et parlant aussi bien algérien que Depardieu parle russe. Une curiosité même pas digne de remplir vos soirées amicales autour d’un pack de six…

 

TOP 2015

10. FAST & FURIOUS 7 de James Wan

Parce que James Wan. Parce que question démesure ça atteint des sommets. Parce que ça assume son image de mauvais garçon à 200%. Parce que Dwayne Johnson est indestructible. Parce que Jason Statham. Parce que ça éjecte des voitures depuis des avions pour de vrai. Parce qu’on prend un panard d’enfer. Parce que c’est plus furious que jamais !

09. KINGSMAN de Matthew Vaughn

En l’espace de quelques films, Matthew Vaughn a réussi à s’imposer comme une figure emblématique du renouveau du film de super-héros. Avec une approche littéralement plus couillue, un jusqu’au-boutisme décomplexé et assumé, et surtout une envie de bouleverser les codes, Vaughn redessine une approche nettement plus frontale de ce genre de cinéma. Pour Kingsman, il s’attaque aux films d’espionnage à la manière d’un Quentin Tarantino. C’est sans foi ni loi, ça impose une posture de bad boy jouissive et ça fonctionne du feu de dieu. Et ne serait-ce que pour Colin Firth dans un rôle à contre-courant de ce qu’il nous sert habituellement et Samuel L. Jackson absolument hilarant en super vilain geek, il faut voir Kingsman.

08. STRAIGHT OUTTA COMPTON de F. Gary Gray

Le film de hood renaît de ses cendres à merveille. À travers l’histoire du fameux groupe de gangsta rap, N.W.A, F. Gary Gray nous offre un film remplit de fureur, de rage de vaincre et de musique à faire bouncer n’importe qui sur son siège. On regrettera un léger enjolivement de la réalité sur certains faits, mais qu’importe, Straight Outta Compton nous rappelle surtout à quel point le groupe était un pilier du genre, à quel point ses membres étaient de vrais bons musiciens, et surtout l’influence majeure qu’il a eu sur l’industrie musicale par la suite. Par ailleurs, le fils d’Ice Cube est une vraie révélation. Accusant un jeu relativement bluffant donnant l’illusion de se retrouver en tête à tête avec son père, on a vraiment envie de le voir briller par la suite tant le potentiel est vraiment prometteur.

07. THE GREEN INFERNO d’Eli Roth

Attendu presque comme le Messie, The Green Inferno s’est enfin révélé à nous l’année dernière. Nous y avons retrouvé toute l’impertinence et la grâce d’Eli Roth (ce qu’il n’y avait qu’à moitié dans Knock Knock) dans cet hommage à Ruggero Deodato. Des sales gosses, des indigènes cannibales défoncés à la marijuana, du sang, des tripes, du caca…en bref, du Eli Roth en totale roue libre qui nous délivre l’un de ses meilleurs films. Dans l’étroite continuité de Cabin Fever

06. SPECTRE de Sam Mendes

Entre le dernier volet de la saga Mission : Impossible et Spectre, la bataille fut rude tant les deux tauliers de l’espionnage nous ont servi des épisodes riches et spectaculaires. Spectre l’emporte de très peu, mais on ne pouvait pas ne pas saluer une dernière fois la réalisation somptueuse de Sam Mendes, ni ne pas parler de cette immense parenthèse Bond de l’ère Daniel Craig qui tire ici son ultime révérence dans le fameux smoking. Spectre met un point final à tous les problèmes initiés par Bond depuis Casino Royale. On assiste à l’expiation ultime d’un héros en proie à ses démons les plus intimes, mais qui n’oublie pas de rester gentleman en toute circonstance. Christoph Waltz ne cesse de nous prouver, une fois encore, qu’il est l’un des meilleurs acteurs contemporains et Léa Seydoux est plus qu’étonnante en James Bond Girl. Du blockbuster cinq étoiles s’ouvrant sur un plan-séquence tout à fait somptueux, bien joué 007 !

05. VICE-VERSA de Pete Docter et Ronnie Del Carmen

Pixar prouvent encore qu’ils sont les vrais tauliers de l’animation. Avec Vice-Versa, la firme explore la psyché humaine et décortique ce qui construit notre panel émotif au quotidien. À la fois tendre, triste, drôle et énergique, Vice-Versa charme par une animation aux détails limpides et aux personnages attachants. Il suffit de juger l’état de la boîte de Kleenex en fin de projection pour ne plus douter de son impact : c’est un très grand cru Pixar que nous tenons avec ce film. Mangez-en sans modération.

04. INSIDIOUS : CHAPITRE 3 de Leigh Whannell

Ne cherchez plus, le meilleur film d’épouvante de 2015 est bel et bien Insidious 3. Leigh Whannell prend les commandes de ce dernier chapitre pour nous offrir une conclusion digne de ce qui a été initié par son ami James Wan dans les deux films précédents. Fort d’une force de frappe différente de son compère, Whannell confère à son film une ambiance agressive. Le spectateur devient la proie de ce nouveau volet. Whannell use et abuse de jump-scares à tout va, et il le fait bien ! Vous avez intérêt à avoir un cardio solide si vous voulez survivre à Insidious 3, plus de la première moitié du film ne vous fera aucun cadeau, soyez prévenu !

03. COBAIN : MONTAGE OF HECK de Brett Morgen

Le documentaire le plus brillant que nous n’ayons jamais vu ! Instinctif, épatant, décapant, intime…nous sommes immergés pendant deux heures au cœur du quotidien de Kurt Cobain. D’une expérience quasiment sensorielle, Montage of Heck ressuscite le musicien déchu pour une séance hallucinante où la sensation de pouvoir le toucher et rentrer en contact avec lui ne sera pas loin. Brett Morgen donne un souffle nouveau au genre, on n’avait jamais vu ça avant. C’est fort, très fort !

02. LA RAGE AU VENTRE d’Antoine Fuqua

Antoine Fuqua nous offre une vision moderne de ce qu’était le (toujours) bouleversant film de Franco Zeffirelli, Le Champion, où un ancien boxeur tente d’exorciser ses démons pour briller dans les yeux de son enfant. Ajoutez-y un soupçon de Rocky et vous aurez une vague idée de la consistance apportée par Fuqua à son film. Jake Gyllenhaal transcende la pellicule de La Rage au Ventre. Il nous prouve, une fois encore, qu’il est un acteur caméléon, capable de jouer tout type de rôle et de magnifier son corps pour en atteindre un état de grâce certain. Servi par un casting de rêve (Rachel McAdams est magnifique et Forest Whitaker toujours aussi parfait), La Rage au Ventre nous conforte dans l’idée que ce sport est l’un des rares à nous offrir certaines des histoires les plus bouleversantes du septième art (Raging Bull, Million Dollar Baby, Warrior, De l’Ombre à la Lumière).

01. MAD MAX : FURY ROAD de George Miller

Comme dirait mon estimé collègue Mathieu, du cinoche ! Du vrai ! George Miller détonne et offre une leçon de cinéma du haut de ses 70 ans. Fury Road est une immense gifle de deux heures où chaque plan est ingénieux, où chaque couleur excite les pupilles, où chaque son affole les tympans. Œuvre féministe, ode à la femme forte, Fury Road est le porte-étendard parfait de ce que doit être un blockbuster : des idées riches, un univers solide et une bonne grosse dose d’adrénaline. Une œuvre au potentiel riche, tout à fait apte à être étudiée à l’avenir dans les écoles de cinéma. Des courses-poursuites de deux heures d’une qualité parfaite comme celle-ci, on en redemanderait bien plus souvent. Chapeau bas monsieur Miller ! 

Mentions spéciales pour Jurassic World qui, en dépit des incohérences soulevées par énormément de gens, nous a redonné la fougue de notre enfance ; Star Wars 7 pour avoir réussi à fédérer toutes les générations de fans ; Birdman pour l’incroyable performance de Michael Keaton et la prouesse technique de son réalisateur ; Ant-Man qui était savoureux, mais manquait de l’impertinence d’Edgar Wright ; Seul sur Mars qui ressuscite enfin ce bon vieux Ridley Scott ; Captives pour sa haute intensité ; The Voices pour la prestation remarquable de Ryan Reynolds ; La Promesse d’une Vie pour la jolie réalisation de Russell Crowe ; American Sniper pour son montage son hallucinant (Oscar amplement mérité) ; Pixels parce qu’Adam Sandler qui dézingue Donkey Kong pour de vrai c’était quand même cool ; Jupiter : le Destin de l’Univers pour la technicité constante dont font toujours preuve les Wachowski ; Antigang pour son casting jouissif de gueules cassées bien de chez nous et Chappie pour être le fils légitime de Short Circuit et Robocop.

 

Avant de se retrouver autour des nouveautés de 2016, n'hésitez pas à nous confier vos coups de coeur et de gueule de l'année 2015, ça nous intéresse grandement !