L'histoire de la production du film d'Euzhan Palcy, Une Saison blanche et sèche, peut facilement concourir avec celle d'Argo.

Adapté du roman d'André Brink, Une Saison blanche et sèche raconte la révolte d'un afrikaner, Ben du Toit, interprété par Donald Sutherland, après le meurtre de son jardinier noir Gordon et de son fils Jonathan par le pouvoir en place.

Quatre ans après Rue cases nègre, son premier film, qui a reçu entre autre le Lion d'argent à Venise, ou le César de la meilleure première œuvre, Euzhan Palcy risque sa vie et entre incognito à Soweto avec l'aide du médecin personnel de Nelson Mandela.

Se faisant passer pour une chanteuse à la recherche de choristes, elle s'entretient en secret avec des victimes de l'apartheid.

Elle convint ensuite la MGM d'engager des acteurs sud-africains pour les premiers rôles noir du film, qu'elle fera sortir d'Afrique du sud sous prétexte d'une fausse comédie musicale à Londres, avant de les faire venir au Zimbabwe.

Mais elle ne s'arrête pas là : elle fait revenir Marlon Brando à l'écran après neuf ans d'absence, dans le rôle de l'avocat anti-apartheid Ian McKenzie, aux côtés d'autres grands comédiens comme Susan Sarandon ou Michael Gambon, et parmi les comédiens sud-africains : Zakes Mokae, John Kani, Winston Ntshona, Thoko Ntshinga.

Interdit au moment de sa sortie en 89 en Afrique du sud du fait de ses positions anti-apartheid, Une Saison blanche et sèche a eu sa première projection dans le pays le 18 juillet, le Mandela Day, en présence d'Euzhan Palcy et des actrices Janet Suzman et Thoko Ntshinga, et ce soir, ce sera au tour de Rue Cases nègres de faire sa première sud-africaine.