Sorti dans les bacs le 2 juin dernier, le premier spectacle de Dédo, humoriste révélé par le Jamel Comedy Club, s’impose comme l’achat humoristique indispensable du moment.

Sobrement intitulé « Prince des Ténèbres » (une référence à John Carpenter que ne renierait probablement pas l’humoriste), le premier spectacle de Dédo synthétise toutes les expérimentations qui ont fait la renommée du comédien. En effet, durant 90 minutes, Dédo s’applique à revisiter l’art du stand-up avec une aisance déconcertante. Micro en main, il s’accapare le public d’une poigne féroce et compte bien ne rien lui épargner. Créant l’illusion de balancer tout ce qu’il lui vient en tête, Dédo puise sa force dans le jeu qu’il met en place avec son public. Et tous les sujets y passeront. Pas de sectaire, pas de compromis : des maladies graves aux religions, en passant par le sexe, la musique ou encore le cinéma, Prince des Ténèbres jouit d’un ton ravageur à l’humour décapant.

Enregistré au Théâtre du Gymnase, plein à craquer, Dédo conclut ainsi 5 années de travail. 5 années durant lesquelles il aura étoffé son contact avec le public. Parcours cathartique marqué par un départ chaotique où il se sera fait insulter par un public en furie lorsqu’il a ouvert la première fois pour Jamel Debbouze, Prince des Ténèbres transpire la fierté. Dédo en parle avec bonheur dans les bonus du DVD. D’ailleurs, les bonus renferment une quantité de pépites qui ravira les fans de l’humoriste. On retiendra la vision spécifique de l’art du stand-up appliqué par Dédo, ainsi que les sources du comique qui l’inspire. On boira ses mots, fasciné par un homme simple arborant fièrement derrière lui une compilation du comédien Ross Noble (mais si, le superbe clown de Stitches !) qu’on pourrait citer comme une influence certaine. On se régalera aussi de ses pastilles délicieuses intitulées « Vu Par Un Con » dans lesquelles Dédo nous parle, sans langue de bois, des films qui l’ont marqué dernièrement, et pas forcément en bien. L’homme demeure simple, et n’oublie pas les copains. En effet, on aura droit à une mise en avant du groupe toulousain Rufus Bellefleur, dont le chanteur, Julien Cassarino a composé les crédits audio du spectacle.

En somme, un DVD complet pour un mec qui gagne à être (re)connu pour sa simplicité et son humour ravageur… Et en plus, pour le cinéphile chevronné qu’il est et les références similaires que nous partageons (le gars cite Freaks de Tod Browning comme première claque cinématographique quand même !), on ne peut qu’approuver l’achat de la galette. De quoi attendre de pied ferme l’occasion d’assister au second spectacle. Intitulé « Killing Joke », il y a fort à parier qu’on risque d’y voir se côtoyer autant des références au fameux groupe éponyme qu’au sublime roman graphique d'Alan Moore.

Affaire à suivre de très près. Et si ça peut se faire en chanson, qu’à cela ne tienne : « Tue tes parents, tue tes parents, tu verras c’est marrant ! »