Rituel de début d’année : le classement Top / Flop s’impose dans toutes les rédactions. Le temps de discuter et de porter une dernière fois ce regard presque nostalgique sur une année qui aura été tout particulièrement spéciale pour Retro-HD : voici un an que le site s’est étendu au-delà des tests qui font notre réputation. Un an que vous lisez nos critiques enjouées, parfois acerbes, mais toujours empreintes de cette passion qui nous habite. Merci à vous de nous suivre et de faire vivre le site. Sans plus tarder, voici le Top / Flop 2014 de notre équipe de rédaction. Honneur aux dames. 

   Adé

L'année 2014 s’est terminée. Celle du cinéma a été riche en émotion et je me suis pliée à un exercice très intéressant à faire, que s'est-il passé cette année ? Je me plonge dans mes souvenirs, mais apparemment j'ai déjà des trous de mémoire donc je me repasse semaine par semaine depuis le 1er janvier. Une occasion de revoir toutes les sorties cinéma du mercredi. Je constate que malgré mon omniprésence dans les salles obscures, il y a énormément de films que j'ai manqué ! Donc mes vœux pour 2015 sont simples, s'il vous plait sortez moins de films par semaine ! Que nous puissions avoir le temps de tout voir et d'apprécier ces œuvres qui passent à la trappe alors qu'il s'agit souvent d'un travail fantastique de fond et de forme. 

Mon vrai coup de cœur cette année s'appelle Gone Girl ! Ce long métrage m'a hanté pendant un mois et je m'en remets à peine aujourd'hui. Du pur bonheur comme je l'attendais depuis un an. 

Maléfique sera deuxième sur mon podium. Si ce choix peut paraître étrange pour certains, mon for intérieur se l'explique comme une évidence. Ce film Disney a fait un travail inattendu sur le scénario. Il va au-delà du conte de la princesse Aurore et nous offre une leçon de pardon et de tendresse. Angelina Jolie est à tomber. 

Pour venir clore la troisième marche du podium, Deux Jours, Une Nuit est un des films qui m'a le plus marqué. Cette femme dépressive au chômage raconte une histoire poignante criante de vérité. La justesse de Marion Cotillard est fantastique. Finalement, à mes yeux, les trois plus beaux rôles cette année auront été attribués à des femmes et pour cela je dis merci 2014. Le meilleur est encore à venir. 

Maestro arrive quatrième. Cette pépite française gagne tout mon respect et mon admiration. Bien joué, surprenant, il m'a rempli de joie durant l'été. 

Pride arrive en cinquième, cette histoire vraie vaut le détour pour sa solidarité, son rythme, ses acteurs, tout est à prendre. 

Mommy, qui ne sera finalement pas en lice pour les oscars comme annoncé, a été une vraie découverte cinématographique. Acteurs de talent, réalisation innovante, histoire marquante, Xavier Dolan aura mérité son statut de « prodige ». Il est sixième dans mon classement. 

Ida arrive en septième, ce long métrage polonais sur l'après-guerre aura su marquer les esprits. 

Diplomatie arrive en huitième. Accompagné par deux monuments du cinéma français, Niels Arestrup et André Dussolier, ce huis clos est l'un des meilleurs que j'ai eu la chance de voir. 

Sils Maria est neuvième, ce portrait de femme qui a peur de vieillir malgré toute sa beauté et son talent est simplement fantastique, profond, intelligent, la vraie bonne surprise de mon année. 

Les Brasiers de la Colère arrive en dixième position. Christian Bale est fabuleux, l'histoire se tient. 

Pour ce qui est de mon flop, je ne dirai rien à propos des films qui y seront. Je ne suis pas forcément à l’aise pour ce qui est de dire du mal pour du mal, et mes collègues s’en chargent déjà très bien pour moi. Je vous laisse tout de même la liste des films qui m’ont le plus déçu en 2014 et vous donne rendez-vous dans de futures chroniques au sein du site. 

Flop 2014 

1)  Transformers 4

2) L'amour est un Crime Parfait

3) Blackout Total

4) Five Thirteen

5) L'ex de ma Vie

6) Yves Saint-Laurent

7) Sous les Jupes des Filles

8) Monuments Men

9) Casanova Variations

10) Jamais le Premier Soir

 

   Mlb 

Top Cinéma 2014 

1 – Au Bord Du Monde 

Une plongée poignante et dramatique dans les nuits d'hiver de Paris. Une rencontre avec le peuple de la nuit qui hante les veines des métros et les ruelles parisiennes. Des portraits émouvants de personnes perdues par la vie, laissées pour compte par tous. Ce documentaire est un retour sur Terre, on ressort du long-métrage changé, plus humain. Au Bord du Monde est d'une utilité publique et pédagogique. 

2 – Gone Girl 

David Fincher signe un nouveau grand film, une œuvre complète au scénario tordu et tendu, un regard sombre sur notre monde ambiant et l'humain régnant. Rosamund Pike et Ben Affleck y trouvent sûrement leur plus beau rôle.

3 – Interstellar 

Après sa conclusion de la trilogie Dark Knight, Christopher Nolan s'envole vers les étoiles du temps, un voyage spatio-temporel à l'émotion prégnante. Un grand film, l'un des plus beaux fait lors de ces dix dernières années. Palpitant et beau, Interstellar est un nouveau regard mélancolique sur notre futur. 

4 – Deux Jours, Une Nuit 

Les frères Dardenne portent leur regard sur notre monde, sur l'état de notre société (ou celle de la Belgique, très semblable), dépressionnaire et dramatique. Le drame de 2014 porté par Marion Cotillard magnifique de courage et de persévérance en dépit de la situation critique de son personnage. Un beau message d'artistes demandant de ne pas lâcher et de continuer à vivre. 

5 – The Raid 2 

Rares sont les suites supérieures à l’original. Gareth Evans y arrive avec The Raid 2, une claque d’action, une leçon de mise en scène, des plans-séquences à foison, une maîtrise claire du rythme de l’action. On tient avec The Raid 2 le meilleur film d’action actuel. 

6 – Nymphomaniac : Volume 1 

Lars Von Trier fait une nouvelle fois le buzz avec Nymphomaniac, nouveau coup de tonnerre à Cannes lors de sa présentation. Mais outre sa réputation sulfureuse, Nymphomaniac est un magnifique film, un long-métrage littéraire sur une jeune fille sans but dans la vie, qui se réfugie dans le sexe pour combler une vie sans chemin à suivre. 

7 – Cold in July 

Après un très ennuyeux et maladroit We Are What We Are, Jim Mickle signe une série B totale, un classique du cinéma en puissance. Un scénario accrocheur et trois acteurs resplendissant de charisme. Le réalisateur profite de son film pour déclarer tout son amour à Don Johnson qu'il magnifie par sa caméra. Cold in July est du cinéma pur de genre, du vrai cinéma. 

8 – Une Rencontre 

Le film romantique de 2014. Rien ne laissait augurer d'un film poétique, un essai simple sur l'amour, une réflexion personnelle sur l'attirance après 40 ans, sur la fidélité et la possibilité de refaire sa vie. Une Rencontre sera cette utopie gourmande d'à peine 1h20, un long-métrage coloré simple et sucré. 

9 – M. Peabody & Sherman 

Le film d'animation de 2014. M. Peabody et Sherman est un voyage temporel fun, divertissant et haletant. En plus de divertir vos enfants, il se montrera pédagogue et subtil. Un grand film pour petits...et grands. 

10 – Magic in the Moonlight 

En dépit de sa moindre résonance dans l'ample filmographie de Woody Allen, chaque nouveau long-métrage annuel de l'auteur est un régal. Magic in The Moonlight n'y rompt pas, un bonheur de dialogue à écouter, un délice de voir de beaux acteurs s'en amuser et prendre plaisir à les déblatérer. Un Woody Allen est toujours, et restera, un bonheur de cinéma annuel.

Flop Cinéma 2014 

 1 – Maps to the Stars 

David Cronenberg était un jeune metteur en scène provocateur, sensible, fonceur et avant-gardiste. Mais cela, c'était il y a 30 ans. Aujourd'hui, le metteur en scène réfléchi plus qu'il n'agit. En découle donc Maps To The Stars, une réflexion pertinente sur l'état de l'Hollywood actuel, enfin sur le papier. Sur la pellicule, le long-métrage est une œuvre ringarde, un regard superficiel déjà érigé de façon mièvre par Paul Schrader avec son The Canyons. Aurait-on perdu David Cronenberg ? 

2 – Les Trois Frères : le Retour 

Une troupe de trois comiques légendaires, un film comme sommet de leur gloire. 20 ans après, les Inconnus le sont finalement devenus pour une nouvelle génération pour laquelle ils signent une suite/remake. Le retour de ces vieux comédiens est pathétique, pire, car la ringardise de leurs péripéties sent bon la terre lourde du cimetière. La sauce prend auprès du public, mais pas sûr qu'on les retrouve de sitôt. Certainement le pire film français de cette année 2014. 

3 – Divergente 

Un nouveau film despotique pour adolescent dont on retrouve tous les défauts, la mièvrerie rendant le film ringard dès sa sortie. Ça cartonne en salles, moins en vidéo. On n'y reprendra point le public à deux fois : se foutre de lui produit un retour de bâton violent... On attend la sortie fracassante d’Insurgente

4 – Dumb & Dumber De 

Après le retour des Trois Frères, même schéma aux États-Unis avec le retour d'un duo d'idiots culte pour toute une génération. Dumb & Dumber subit une suite avec les acteurs originaux très attendus. Mais le film est une déception, une coquille de deux vieux acteurs moins investis à faire de lourdes blagues bien grasses. Alors, on se conforme à des péripéties bêtes et gentilles, maintes fois vues ailleurs. On se désole et on les excuse presque de vieillir trop vite. Dumb & Dumber De est un désenchantement total. Heureusement que l'opus original est disponible en Blu-Ray. 

5 – Annabelle 

Un an à peine après nous avoir effrayé avec Les Dossiers Warren, Warner produit, suite au succès du long-métrage de James Wan, un spin-off de l'histoire d'Annabelle, enquête introduisant le premier film. On se retrouve alors devant un épisode géant de Supernatural, un petit film d'épouvante opportuniste et bête. Banal et finalement navrant. Vivement le retour du couple Warren sous l'oeil génial de James Wan ! 

6 – Get On Up 

Get On Up promettait être le grand biopic de l'année, le retour fracassant sur la vie tumultueuse de James Brown. Produit par Mick Jagger, Get On Up se retrouve être un gentil film de propagande sur la star disparue il y a 8 ans. Il vaut mieux se délecter d'un excellent best of de l'artiste que de se farcir cette longue pochade loin d'être groovy. 

7 – 3 Days To Kill 

Kevin Costner, chemise cintrée, style James Bond dévalant Paris sous l'œil vif de McG en Peugeot, voilà la promesse aguichante de la nouvelle production EuropaCorp. Kevin Costner est classe, le film beaucoup moins. On s'ennuie ferme, on rigole parfois. McG brosse une commande sans aucune conviction, aucune envie de bien faire pour le beau gros ventre de Tonton Luc. Dommage, on souhaitait pourtant y croire. 

8 – Sex Tape 

Ce que la comédie US peut faire de pire. Après Triple Alliance, Cameron Diaz ne s'est pas verni cette année dans des productions conçues spécialement pour son beau petit postérieur. Rien à retirer de cette hystérie comique énervante au possible. Un non-film total. 

9 – Tarzan 3D 

Attention les enfants, Tarzan est revenu au cinéma pour votre plus grand désespoir de voir la pire adaptation de l'œuvre d'Edgar Rice Burroughs. Pâle copie de ce qu'il s'est déjà fait un peu partout (Disney entre autres), cette production allemande ira même jusqu'à confronter l'homme singe à une météorite extra-terrestre. Ô Désespoir ! Repenchez-vous sur Greystoke, merveilleux film culte du début des années 80, réalisé par Hugh Hudson avec Christophe Lambert, on y parle d'une vraie histoire. 

10 – Five Thirteen 

Réalisé par un français expatrié aux USA (Kader Ayd), on se demande encore comment un long-métrage tel que Five Thirteen a réussi à atteindre les salles françaises. C'est pire qu'un DTV avec JCVD ou Steven Seagal, ça parle pendant des heures se pensant Quentin Tarantino dans le verbe cinématographique, puis ça se prend pour Michael Mann ou encore Brian de Palma sous coke façon Scarface. C'est pitoyable, nul, un refus de cinéma. Et nous, on refuse de revoir un jour un film pareil. Five Thirteen est simplement une arnaque. 

   Tenia54 

Pas de flop ici mais plutôt deux tops : un top "classique" des sorties en salles marquantes de 2014 et un top patrimoine de films (ré)édités en vidéo l’année dernière.

TOP 2014

Her : une beauté profonde et légère rappelant la virtuosité de Eternal Sunshine of the Spotless Mind. La machine pour ramener l'homme à l'humain ? Pourquoi pas. 

Boyhood : Linklater n'est jamais aussi doué que lorsqu'il se lance dans des défis humainement élevé. Après sa trilogie Before, nouvelle plongée dans l'humanité profonde en 2h50 qui passent (à peu de choses près) toutes seules. Pour le coup, c'est bien le seul film long depuis longtemps dont on en reprendrait bien encore un peu. 

Le Vent Se LèveLe Conte de la Princesse Kaguya : difficile de départager ce qui sera vraisemblablement les 2 ultimes œuvres importantes du studio Ghibli : Miyazaki avec une œuvre fluide quoiqu'un peu appuyée et Takahata avec un trait fin au profit d'une œuvre d'une émotion rare malgré un démarrage un peu longuet. Assurément, Kaguya gagne sur le long terme mais Le Vent se Lève ne démérite pas. 

Gone Girl : Fincher s'amuse à déconstruire le couple dans un jeu de massacre jouissif et d'une cohérence rare, jusque dans ses moindres écarts de planning. Captivant. 

Le Week-End : un couple s'aime à se détester et profite d'un weekend en (pas vraiment) amoureux à Paris pour se dire ses quatre vérités. Très fin, profondément humain, et très juste sur la routine qui tue le couple mais en même temps peut en devenir sa mécanique. L'anti feel-good par excellence. Quoique... 

The Double : coup de maître de Richard Ayoade, passé d'acteur principal de The IT Crowd à réalisateur en pleine possession de ses moyens. Une direction d'acteurs au top et une technique aux petits oignons pour cette adaptation de Dostoïevski, portée par un Jesse Eisenberg en pleine forme. 

22 Jump Street : plus fin et plus malin que son prédécesseur, quitte à y perdre de son humour potache, 22 Jump Street réussit à la fois à vous expliquer très clairement son absence totale d'inventivité tout en vous faisant attendre avec impatience 23 Jump Street

The Grand Budapest Hotel : Wes Anderson s'amuse avec 3 formats d'image et 3 photographies dans un film éclaté sur 2,5 époques pour mieux raconter l'absurdité de la guerre et ses conséquences bien réelles, sans pour autant se dénuer de l'humour typique du réalisateur. Un tout petit long, mais diablement plus rempli que Moonrise Kingdom

Under The Skin : miné par une 2e partie bien trop terre-à-terre, Under The Skin reste passionnant pour sa 1ere partie complètement hallucinée, entre expérimentation abstraito-minimaliste et caméra cachée sondant au plus proche de l'humanité (enfin, surtout l'homme moyen de Glasgow, ce qui peut un peu limiter le propos). On pourra aussi retenir la mise à nu très littérale de Scarlett Johansson, mais ce serait dommage de n'en retenir que cela. 

Les Gardiens de la Galaxie : des lieues au-dessus de The Avengers et paré d'un ton léger et décontracté qui fait plus que plaisir, il n'empêche que Les Gardiens de la Galaxie reste un divertissement solide mais bien moins révolutionnaire qu'il n'y parait. Quand bien même, au vu des productions moyennes de chez Marvel et de l'indigestion 2015 à venir, cela constitue un honnête haut du panier.

TOP PATRIMOINE 2014 

All That Jazz : la baffe ultime de 2014. Une comédie musicale brutalement honnête sur l'état émotionnel et affectif de son personnage principal, honnêteté qui ne faiblira jamais, pas même lors d'un époustouflant numéro final dont l'ultime plan laisse sans voix. 

Ace In The Hole : Billy Wilder déploie tout son cynisme, soutenu par un Kirk Douglas au sommet, pour une satire des médias toujours d'actualité. 

An Autumn Afternoon : le temps qui passe, les générations qui se succèdent au fil des familles, les souvenirs qui s'échappent et reviennent. Probablement le plus bel Ozu juste après Voyage à Tokyo

All That Heaven Allows : un mélodrame en Technicolor comme seul Sirk savait les sublimer. Magnifique et implacable de bout en bout, malgré un dénouement un peu abrupt. 

Breaking The Waves : Lars Von Trier au sommet, quand l'équilibre entre fond et forme était impeccable. Un casting au top et une humanité et une foi déjà discutée, mais avec finesse et émotion. 

Ma Nuit Chez Maud : Rohmer, Pascal, Trintignant. Beau trio intellectuel pour un film précis sur le doute et l'hésitation sentimentale, rappelant comment souvent, tout se joue à pas grand chose. Passionnant. 

Persona : quand Bergman expérimente et choque, ça donne notamment Persona, magnifique drame ultra-puissant sur la femme et l'identité. 

Phantom Of The Paradise : film musical hors norme, soutenu par une bande son formidable de Paul Williams, certainement le De Palma le plus léger et divertissant. Un petit bijou sous-estimé. 

Serpico : drame policier formidablement interprété par Pacino mais aussi maîtrisé d'une main de maître au niveau du rythme et de l'écriture. 

Il Sorpasso : Vittorio Gassman utilise toute sa gouaille pour faire sortir de son train-train Jean-Louis Trintignant à travers un périple italien au volant d'une Lancia flambant neuve. Petit bijou de la comédie à l'italienne, profondément humaine et chaleureuse mais aussi très critique de l'Italie en plein miracle économique mais toujours aussi mesquine, bigote et hypocrite. 

  Alexandre

 Nous nous soumettons à l’exercice sans avoir encore vu A Most Violent Year que nous attendons de voir impatiemment !

Top 2014 

1- Interstellar : Christopher Nolan nous livre ici son film le plus abouti, grand spectacle aussi beau qu'émouvant qui pose un regard pessimiste mais plein de justesse sur l'humanité. Le tout sublimé par la musique d'Hans Zimmer.

2- The Grand Budapest Hotel : Wes Anderson a le don de nous offrir des films différents malgré le fait qu'ils se ressemblent tous. The Grand Budapest Hotel est sans aucun doute son meilleur film, comédie au rythme effréné où le soin apporté à la mise en scène se lie parfaitement avec un casting cinq étoiles, diablement mené par Ralph Fiennes en tête.

3- Fury : La fin de la seconde guerre mondiale du point de vue de cinq soldats américains dans un char d'assaut. Un film qui prend aux tripes où la mort rôde partout et où la violence peut venir de nulle part. Brad Pitt est, une fois de plus, magistral.

4- American Bluff : David O'Russel vient lorgner du côté du cinéma de Martin Scorsese pour ce film réjouissant qui permet à tout son casting de se livrer à de superbes numéros d'acteurs.

5- Cold in July : Jim Mickle se plonge dans les années 80 pour nous livrer un thriller qui prend rapidement une tournure inattendue. La noirceur et la violence sont au rendez-vous et les acteurs sont magnifiés.

6- X-Men : Days of Future Past : Bryan Singer retrouve la saga X-Men pour en réaliser le meilleur film. Épique, écrit intelligemment et porté par un casting de rêve, Days of Future Past est le film de super-héros dans toute sa splendeur.

7- Whiplash : Un duel psychologique intense et incroyablement rythmé, habilement mis en scène. J.K. Simmons est tout bonnement terrifiant dans son meilleur rôle.

8- Calvary : Un prêtre d'Irlande confronté à une menace de mort et à des fidèles qui ne manquent pas de défauts. C'est drôle, cynique, amer, mais plein de justesse, posant un regard désenchanté sur la foi et la noirceur de l'âme humaine.

9- Quand Vient la Nuit : Un polar sombre et mélancolique comme on les aime où la mécanique est habilement huilée. Dennis Lehane parvient une fois de plus à nous immerger complètement dans son univers et Tom Hardy offre une prestation intense.

10- Her : Avec son génie habituel, Spike Jonze nous offre un film original qui permet à Joaquin Phoenix de vivre la plus belle et la plus atypique des histoires d'amour avec la voix de Scarlett Johansson, absolument délicieuse.

Flop 2014 

1- Oldboy : Quand Spike Lee s'attaque au remake du chef-d’œuvre de Park Chan-Wook, il transforme le tout en une bouillie indigeste et bien trop sage que même Josh Brolin ne peut sauver.

2- Lucy : Visuellement c'est peut-être du beau boulot mais niveau scénario c'est bien trop léger et bien peu subtil pour que l'on s'y intéresse.

3- Un Voyage : Samuel Benchetrit aborde le sujet délicat de l'euthanasie mais le fait en oubliant de soigner un minimum sa mise en scène. Les images sont moches, les acteurs mal à l'aise avec le scénario et sa belle intention tombe à l'eau.

4- Transcendance : Ce n'est pas parce qu'un film pose des questions intéressantes qu'il peut se permettre de rapidement partir dans tous les sens. Malgré de belles images, le film ne s'intéresse pas à assez à ses personnages pour les faire exister, rendant l'ensemble complètement plat.

5- RoboCop : Pauvre Paul Verhoeven... Après un remake de Total Recall, le voilà qui voit son RoboCop passé à la moulinette hollywoodienne. Sans saveur et sans nuances, le film ne vaut que pour Gary Oldman, parfait n'importe où.

6- Le Septième Fils : Une énième adaptation d'une saga littéraire pour adolescents. Réalisé sans vrai talent, écrit sans surprises, interprété par un Jeff Bridges à la limite de la caricature, le film s'oublie aussitôt qu'il s'est vu. 

7- Transformers, l'âge d'extinction : Ça explose partout, il y a Mark Wahlberg, ça explose encore, il y a une jolie fille et puis ça explose encore et encore, laissant notre cerveau en bouillie.

8- Serena : Tout le potentiel d'un grand drame gâché par un scénario qui sacrifie la psychologie de ses personnages au profit d'une histoire d'amour tragique qui manque cruellement de crédibilité.

9- The Search : La guerre, c'est horrible mais on peut y trouver de l'espoir. Voilà le message naïf de ce film dans lequel Michel Hazanavicius ne semble pas du tout à l'aise, multipliant les clichés et les scènes maladroites. 

10- Godzilla : C'est grandement spectaculaire mais Godzilla aura sûrement piétiné le scénario et ses personnages consistants sur son passage...

Mentions spéciales :

- Sils Maria car jamais le métier d'actrice n'avait été abordé avec tant de poésie, de tendresse mais aussi d'un brin de cruauté.

- Pas Son Genre pour Emilie Dequenne, rayonnante de bout en bout, certainement l'une des plus belles prestations de l'année.  

   Tonyo

Et voilà c’est fini, encore une lourde année cinématographique qui s’achève. Pendant que vous êtes déjà en train de trahir les fameuses résolutions que vous vous êtes faites il y a quelques jours, portons un dernier regard nostalgique vers l’année 2014. Une année où le cinéma français tout particulièrement aura porté de bien jolis fruits en parti grâce à une nouvelle génération de cinéastes talentueux qui essaie enfin de dépoussiérer tout ce cinéma de papa beaucoup trop ancré dans les codes qu’il ne connait que trop ! On aurait facilement pu faire un top uniquement qu'avec des films français, c'est dire ! Et même s’ils ne seront pas dans le top ci-dessous, nous tenons à avoir une pensée tendre et particulière pour des films comme MaestroLa Crème de la Crème, Aux Yeux des Vivants, Elle l'Adore, La Famille Bélier, Une Rencontre, De Toute Nos ForcesAvis de Mistral, Goal of the Dead ou encore Astérix : le Domaine des Dieux. Commençons par les bons souvenirs avant de sortir de nos gonds.

TOP 2014

  10. Dead Snow 2 de Tommy Wirkola

Une impertinence et un jusqu’au-boutisme assumé et assuré. Une comédie gore et déjantée qui nous a ramené près de 20 ans en arrière lorsque la déferlante Braindead avait inondé les vidéoclubs à sa sortie d’Avoriaz. Un cinéma élitiste qu’on se congratule de pouvoir encore apprécier sous l’amas incessant de DTV vomitifs prétendument horrifiques.

  09. Night Call de Dan Gilroy

Une plongée viscérale et sans concession dans l’univers des médias. Une virée hystérique aux côtés d’un Jake Gyllenhaal transcendé, froid et effrayant. Une prouesse d’acteur au sein d’un univers crade, poisseux et dérangeant. Un portrait sans détour d’une course à l’audimat aussi affreuse que réelle.

  08. Hippocrate de Thomas Lilti

Reda Kateb aux Césars !! Voici la réaction qui n’a cessé de nous habiter en sortant de la salle. Hippocrate plonge le spectateur dans un quotidien qu’on a tendance à beaucoup trop négliger dans nos vies de tous les jours. Des acteurs au top de leur forme, un cinéma frontal comme on aimerait en voir plus souvent.

  07. Horns d’Alexandre Aja

Retour plus que réussi pour Alexandre Aja derrière un nouveau film original. Passé sa lubie remake, il nous offre enfin du concret. Il revient avec un univers visuel riche et un Daniel Radcliffe mémorable pour un film d’une poésie incroyable.

  06. Fury de David Ayer

David Ayer aura ce mérite de figurer autant dans notre top que dans notre flop ci-dessous. Fury est la quintessence du film de guerre comme on aime le voir. Doté d’une force psychologique imparable, le microcosme installé au sein du fameux char d’assaut régit des valeurs humaines prenantes. Fury prend aussi ce contre-pied qu’on n’a pas l’habitude de voir : il n’y avait pas que les Allemands qui étaient pourris en 1945 ! Et pour une fois que les Américains ne nous pondent pas un film à la gloire du pays et qui ose même cracher sur les idées bien-pensantes qu’ils défendent beaucoup trop souvent dans leurs films, on ne peut qu’adhérer.

  05. Babysitting de Philippe Lacheau

Quand bien même Qu’est-Ce Qu’on a Fait Au Bon Dieu ? mériterait tout autant cette place, nous tenons surtout à rendre hommage à ce renouveau du cinéma français que nous soulevions plus haut. Toute cette génération de comiques actuels ne demande qu’à exploser au sein de projets sans d’autres ambitions que de divertir en le faisant bien : Babysitting en est la preuve formelle !

  04. Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn

Quand Marvel s’offre son épopée Star Wars. Humour décomplexé, images saisissantes, impertinence bon enfant, encyclopédie pop culture… Les Gardiens de la Galaxie est ce vent frai qu’on n’attendait plus dans cette masse suffocante de superhéros qu’on n’a pas fini de manger. Le tout emmené par la désinvolture toujours bien présente d’un enfant de la Troma : chapeau bas monsieur James Gunn.

  03. Cold in July de Jim Mickle

Une claque, une déferlante, un raz-de-marée aux inspirations Carpenterienne, un casting de haute volée, une bande originale décapante, un thriller de prestige planté dans un Texas poisseux. Une leçon de cinéma simple et terriblement efficace.

  02. The Raid 2 de Gareth Evans

Quand le cinéma de Nicolas Winding Refn s’invite au milieu des combats les plus violents jamais vus en salles. Un vrai régal pour les amateurs d’action, une histoire qui pourrait sortir de la filmographie de Martin Scorsese, un projet extraordinaire pour un film qui se donne les moyens de ses ambitions. Le meilleur film d’action de l’année dernière, pour ne pas dire l’un des meilleurs films d’action de tous les temps.

  01. Gone Girl de David Fincher

David Fincher revient en grandes pompes après un passage à vide qu’on aura eu du mal à digérer depuis Fight Club. Toute l’essence de ce grand réalisateur transpire de la bobine de Gone Girl qui aura mis notre rédaction sens dessus dessous et aura créé probablement l’unique et unanime approbation de l’année…on ne s’en remet toujours pas ! 

FLOP 2014

  10. Sabotage de David Ayer

S’il est capable du meilleur, David Ayer peut aussi le pire. Sabotage est emplit de caricature, un véritable fourre-tout sans nom que même Arnold Schwarzenegger ne parvient pas à sauver du naufrage. Un film Kleenex qu’on oublie aussitôt après l’avoir vu.

  09. Lucy de Luc Besson

Extrêmement plébiscité, un accueil public indéniable, un projet faramineux pour EuropaCorp…et pourtant Lucy restera ce pétard mouillé à nos yeux. Un film sans véritable âme où la nette sensation de suivre péniblement l’errance sans but de son héroïne ne justifie pas une telle acclamation de notre part.

   08. Un Amour Sans Fin de Shana Feste

Dans le fleuron des comédies romantiques 100% clichés que nous ayons eus l’année dernière, vous vous souvenez sérieusement d’Un Amour Sans Fin ? D’un ennui profond, aussi intéressant que de fixer une mouche voler. Mais alors, pourquoi le faire ressurgir dans ce flop alors qu’on ne s’en souvient plus ? Tout simplement pour adresser une dernière fois un merci amer au cher collègue MLB qui s’est subrepticement désisté de ce fardeau pour nous le refiler sans vergogne ! Ah les joies des rédactions parfois…

   07. Robocop de José Padhila

Exemple typique du remake qui n’a absolument pas lieu d’être et qui s’enfonce totalement dans tous les codes que le film original avait bien pris soin d’éviter. Une mythologie entièrement dépourvue de cohérence dans un déluge d’effets spéciaux qui ne sauveront même pas la mise. Pauvre Murphy, José ne t’a pas épargné !

   06. Noé de Darren Aronofsky

Il y a des réalisateurs sur lesquels c’est devenu presque une habitude de taper dessus. Aronosfsky, ou la bête noire de nos séances d’écriture, possède ce style cinématographique qui a tout autant le don de nous fasciner (The Wrestler, Pi) que de nous mettre dans un état de rage incommensurable (Requiem for a Dream, Black Swan). La case blockbuster ne lui évite pas de continuer à s’enfoncer dans son bourbier habituel. Noé est ce film qui posait de jolies bases pour ne rien exploiter derrière, une ode à un néant certain qui envoie un Russell Crowe vide et qui ne croit absolument pas en la puissance de son personnage perdu dans un déluge d’effets, tous aussi hideux les uns que les autres.

   05. Oldboy de Spike Lee

Comment peut-on oser s’attaquer à un monument du thriller moderne sans en avoir compris toutes ses nuances ? Spike Lee s’évertue à tomber dans absolument TOUS les pièges faciles et clichés que Park Chan-Wook avait bien pris soin d’éviter. Et ce n’est pas la prestation pompeuse et « automatique » de Josh Brolin qui pourra sauver ce remake de la catastrophe certaine. Malgré tout, le film saura charmer les inconnus et/ou non-admiratifs du film original, et c’est probablement ce constat qui fait plus mal qu’une fistule anale !

   04. Sin City : J’ai Tué Pour Elle de Robert Rodriguez

10 ans d’attente c’est long ! Rodriguez se fiche ouvertement du spectateur pour nous renvoyer dans un univers déjà acquis en pensant noyer le poisson facilement face à toutes les incohérences scénaristiques qu’il décide d’en faire. Nous aveugler par la protubérante poitrine d’Eva Green n’aura pas suffi à détourner notre attention de ce naufrage catastrophique. On préférera redevenir ce gamin qui fut émerveillé il y a 10 ans devant le premier opus et oublier très vite cet affront cinématographique.

  03. Welcome to New York d’Abel Ferrara

Abject, pompeux, inutile, sale… Abel Ferrara n’est plus que l’ombre de l’anticonformiste qu’il fut autrefois. Un portrait hideux de cette figure politique dressant une théorie houleuse ne laissant aucune place à la présomption d’innocence. Depardieu bâillonne son personnage dans un mutisme libertin où ses innombrables cris de porc emmènent la totalité du film. Depardieu joue la provoc’ mais s’est vite dédouané vu la réaction du public envers le film, belle preuve que cet étron cinématographique aura vite fait de se faire oublier.

  02. Sex Tape de Jake Kasdan

Exemple typique de la comédie américaine pompeuse faisant le buzz sur son synopsis « muy caliente » mais qui n’envoie rien de bien drôle exception faite de ce qui nous était montré dans sa bande-annonce. Ne restera qu’une seule séquence véritablement drôle où l’impertinence de Rob Lowe habitera la pellicule l’espace d’un instant. Pour le reste, ce road trip aux côtés de ce casting alléchant aura l’allure d’un suppositoire.

  01. Annabelle de John R. Leonetti

Faut-il réellement revenir sur nos griefs envers cette purge ? S’il y a bien un cinéma que nous affectionnons par-dessus tout, c’est le cinéma de genre. Très pauvrement représenté en salles l’année dernière, Annabelle aura été cet exemple type d’une dictature de producteurs ne cherchant qu’à pomper le fric et le succès d’une recette inattendue l’année d’avant. On engraisse les tiroirs-caisses sans vergogne en comptant sur l’incrédulité des jeunes spectateurs, on pompe allégrement tout ce qu’il s’est fait de mieux dans le genre pour alimenter les péripéties du film, on n’hésite pas à noyer les internautes d’une promo entièrement alarmante à coups de faux tweets et si, en plus, on peut se gratifier de publicités gratuites en s’octroyant une réputation houleuse provoquant des séances endiablées, c’est encore mieux. Pas étonnant que des petits artisans de chez nous ou d’autres comme Rob Zombie aient du mal à s’imposer : le conformisme l’emportera toujours sur le talent. Annabelle résume parfaitement cette image du désastre qu’est devenu le film de genre actuel, assurément le pire film de 2014 (et la compétition était rude) !

PS : nous tenons à reverser la Palme du film le plus surestimé de l’année à Interstellar de Christopher Nolan. Quand bien même ce n’est pas clairement un flop à nos yeux, le résultat est beaucoup trop biaisé pour crier au chef d’œuvre absolu. L’expérience a un sérieux goût de déjà-vu, la musique est assourdissante et souvent hors-propos et le fond est beaucoup trop scientifique pour créer une totale émotion. Malgré une première partie d’une beauté implacable, Interstellar se meurt dans sa quête de survie lors du second acte. On voulait vivre une belle expérience de cinéma, pas assister à un cours d’astrophysique pompeux !

C’est ainsi que l’équipe Retro tourne définitivement la page 2014. On entre de plain-pied dans l’année 2015 qui nous réserve déjà un gros lot de surprises. Encore beaucoup d’arrachage de cheveux, mais aussi des heures d’extase sont au programme !

Et vous ? Quels films vous ont charmé ou déçu l’année dernière ?