Hier fut une journée chargée pour l'équipe de Rétro-HD. Alors que deux programmations de courts-métrages nous attendaient au Film Noir Festival, nous avons commencé la matinée par une projection d'Imitation Game, attendu le 28 janvier prochain sur nos écrans, et qui risque fort de mener Benedict Cumberbatch (toujours excellent) vers une nomination aux Oscars. Classique dans sa forme, Imitation Game reste très intéressant et très réussi dans le personnage qu'il dépeint ainsi que son influence certaine sur le monde moderne. La critique sera bien évidemment à venir prochainement sur Rétro-HD.

A peine sortis de la projection, nous voilà obligés de filer jusqu'au Vincennes sans avoir le temps de manger pour assister à une première salve de courts-métrages présentés en compétition dans le cadre du festival. Inégaux, les films s'enchaînent, brillant surtout par la forme plus que par le fond, qui va rarement au-delà de l'hommage au film noir un peu facile. The Last Round se démarque cependant un peu des autres, racontant avec humour le dilemme de deux bandits qui ont trois otages et un complice mourant dans une pièce et plus qu'une balle dans leurs armes, hésitant à abattre un otage pour montrer à la police qu'ils ne plaisantent pas ou à achever leur complice.

La deuxième fournée était un peu plus sympathique. Malgré quelques petits problèmes techniques qui ont retardé certains lancements de films et qui nous a forcé à voir un court-métrage peu agréable deux fois de suite, les huit courts-métrages présentés ne manquait pas de piquant. Si Three-O-Seven brille par sa mise en scène au noir et blanc stylisé et que Chiropractor for Hire se révèle être drôle, c'est La Belle Gueule réalisé par Thierry Sausse qui se fait le plus remarquer. La mise en scène est impeccable, le scénario bien écrit, la musique superbe... La Belle Gueule est une agréable surprise, la petite pépite de cette journée qui fait plaisir à voir.

Alors que la suite du programme du Festival nous proposait ChinatownShutter Island et Only God Forgives, Mathieu et moi avons préféré nous rabattre vers le forum des halles. Pour manger un peu, certes (à 17h, il était temps) mais surtout pour assister à une master-class de John Boorman au Forum des Images. Une bonne excuse pour louper la pépite qu'est Chinatown sur grand écran mais que l'on connaît par cœur pour voir en chair et en os ce grand réalisateur qu'est Boorman (on lui doit Délivrance et Excalibur, rien que ça). A 81 ans, le réalisateur ne manque pas d'humour et il est revenu sur sa carrière durant deux heures, revenant sur son parcours, nous offrant des anecdotes croustillantes (notamment sur Lee Marvin et Toshirô Mifune) et parlant un peu de sa vision du cinéma et de son prochain film, Queen and Country, qui sortira sur nos écrans le 7 janvier prochain. Nous en sommes sortis ravis, heureux d'avoir pu entendre ce grand homme parler cinéma avec autant de malice et de bonheur.

A l'heure où vous lirez ces lignes, Mathieu et moi serons de nouveau plongés dans l'obscurité du Vincennes, à voir la dernière salve de courts-métrages en compétition. A demain, pour un nouveau compte-rendu, donc !