Paradise Lost a beau avoir été déjà vu et apprécié depuis un moment par la rédaction, Rétro-HD et certains de ses confrères ont tout de même profité d'une séance spéciale du film hier soir en la présence du réalisateur Andrea Di Stefano pour lui poser quelques questions. Retour sur une rencontre enrichissante.

 

Pourquoi avoir choisi cette histoire en particulier pour parler de Pablo Escobar ?

A la base, je n'étais pas spécialement intéressé par Escobar. C'est un ami policier italien qui m'a raconté une histoire qui m'a fasciné, celle de ses trésors cachés encore recherchés aujourd'hui. A partir de là, j'ai fait des recherches et j'ai voulu me plonger dans le cerveau d'un criminel. Je suis parti de là, passionné par la psychologie des personnages et j'ai construit le film autour du personnage de Nick et de sa descente aux enfers.

Quand on parle de la mafia et des gangsters, on pense toujours à l'Italie. Est-ce une façon pour vous de parler de votre pays à travers le film ?

Pas vraiment. Je suis intéressé par les gangsters et leurs dimensions humaines, c'est vrai mais ce qui m'intéressait avant tout, c'était la double facette d'Escobar. Il pouvait être aussi charmant que violent. L'idée du film est en partie venue d'une expérience que j'ai eu quand j'étais en Sicile pour préparer un rôle. J'avais rencontré un homme très charmant et j'ai vite compris que c'était quelqu'un du milieu. A un moment donné, un conflit moral se pose et il faut s'échapper pour éviter d'être impliqué encore plus. Car qu'on le veuille ou non, on est toujours impliqués quand on côtoie ces personnes.

Est-ce que vous aviez le casting en tête lors de l'écriture du scénario ?

Avant tout, j'avais le visage de Pablo Escobar en tête. J'ai beaucoup regardé de documentaires et on peut y voir dans son regard une profondeur abyssale. C'est avec ce regard en tête que j'ai écrit mais on en est vite arrivés à Benicio Del Toro car il doit être le seul acteur capable, avec Javier Bardem, de rendre le charisme d'Escobar. Del Toro donne tout sur le plateau, il arrive préparé et donne une véritable dimension au personnage.

Comment avez-vous abordé la double facette du personnage avec Benicio Del Toro ?

Rien n'est inventé. Benicio a ajouté des éléments sur le tournage mais cette double facette a toujours été présente. Je voulais simplement montrer son aspect positif et lumineux avant son aspect plus sombre et violent.

Comment est arrivé Josh Hutcherson sur le projet ?

J'ai rencontré Josh alors qu'il tournait Hunger Games. Il était d'une telle simplicité qu'il était parfait pour le rôle de Nick. Il a ce côté naïf en lui qui contraste parfaitement avec le personnage d'Escobar.

On ne voit pas du tout de drogue dans le film, est-ce volontaire ?

Bien évidemment. Je ne voulais pas faire un biopic, je voulais être fidèle à la folie du personnage. C'était un homme capable de faire tuer une vingtaine de personnes en quelques heures à travers toute la Colombie et il n'hésitait pas à s'en prendre à la famille et aux proches de la personne qu'il voulait voir morte. Beaucoup de gens sont allés chez lui sachant qu'ils allaient mourir plutôt que d'essayer de se sauver et de faire tuer leur famille. Tout est une question de point de vue. Pour moi, il est évident que Pablo Escobar était un narco-trafiquant, le film n'avait pas besoin de scènes dans lesquelles on voit de la drogue, ces scènes auraient été arides. La cocaïne c'est un détail. Je voulais montrer le Mal de cet homme, son esprit criminel.

 

Et à la vision du film, on comprend que le réalisateur a très bien réussi dans sa démarche, nous offrant le portrait intense d'un homme aux multiples facettes vu à travers la descente aux enfers d'un jeune homme qui devient un de ses proches. Paradise Lost sortira sur nos écrans le 5 novembre et si jamais vous hésitez encore à y aller, vous pouvez toujours (re)découvrir la critique du film par Adé en cliquant ici : Critique de Paradise Lost