Le réalisateur et producteur Menahem Golan est décédé le week-end dernier, le 8 août 2014, à Jaffa où il jouissait de sa retraite. Un nom qui parle notamment pour les enfants des années 80 et 90. Qui n’a jamais vu l’apparition du fameux logo Golan-Globus Films juste avant un bon vieux nanar loué au vidéoclub du coin ? Firme de la Cannon Group dont Golan était l’un des principaux actionnaires, elle doit sa renommée aux gros films d’action de l’époque 80’s.

Dans les grandes lignes, la partie la plus percutante de son CV se situe mi-80’s avec son gang de gros bras musclés parmi lesquels on citera Chuck Norris, Sho Kosugi, Michael Dudikoff ou encore Dolph Lundgren, mais surtout le fameux cachet de dix millions de dollars (au lieu des six millions de l’époque) accordé à Sylvester Stallone pour tourner dans Over the Top. Dans ses découvertes les plus probantes, il restera sans aucun doute sa rencontre avec Jean-Claude Van Damme qu’il racontait comme ceci : « Je déjeunais dans un restaurant à Hollywood où il travaillait comme serveur. Il s’est approché de ma table en portant deux assiettes de soupe à bout de bras. Il m’a demandé en français, il ne parlait pas anglais : « Vous êtes monsieur Golan ? » et il a passé son pied par-dessus ma tête en m’effleurant les cheveux, sans que les assiettes ne bougent. » Par la suite, notre Belge international finira de convaincre le monsieur lors d’un entretien dans son bureau où il exécutera son fameux grand écart entre deux chaises. Ce culot décomplexé amènera Menahem Golan à lui proposer le premier rôle dans Bloodsport en 1988.

D’un autre côté, il y a une facette du producteur que peu de gens connaissent. Outre sa folie des grandeurs à proposer des sommes astronomiques aux stars montantes du cinéma d’action de l’époque, il tient à produire des films d’auteur pour parfaire une culture populaire qu’il juge pauvre compte tenu du peu de chance accordé à ces productions minimalistes. Il produira, notamment, Love Streams de John Cassavetes, Maria’s Lovers d’Andreï Konchalovsky, Fool for Love de Robert Altman, King Lear de Jean-Luc Godard ou même encore Barfly de Barbet Schroeder. Malheureusement, brûlant plus de billets verts qu’il n’en rapportait à la firme, il s’associe avec Giancarlo Parretti, un homme d’affaires, afin de relancer l’intérêt économique de la Cannon. Le banquier, aussi sulfureux que Golan, mettra définitivement un terme à la société en 1993, cinq après son arrivée. Désormais, la Cannon subsiste toujours, mais appartient à la Metro Goldwyn-Mayer.

Menahem Golan s’était retiré en Israël où il travaillait à plusieurs projets afin de relancer sa carrière. On a pu l’apercevoir cette année sur la croisette pour l’édition 2014 du Festival de Cannes puisqu’il a assisté à la projection du documentaire Go Go Boys de Hila Medalia, qui retrace les grandes heures de la Cannon. Le documentaire sortira sur nos écrans le 22 octobre prochain, mais Menahem ne sera plus là pour revivre, sur toile, ses heures de gloire passées.