À l'occasion de la sortie prochaine de La belle et la bête, l'équipe de Retro-HD a eu le privilège de rencontrer Christophe Gans dans les locaux de Pathé. L'opportunité nous a donc été offerte de revenir sur son premier film, Crying Freeman qui ressort dans une édition Blu-ray. En ce qui nous concerne, nous trouvons que cette édition est loin d'être d'être digne de son standing.

Réponse du premier intéressé, Christophe Gans:

« J'ai supervisé l'édition Blu Ray de Crying Freeman en même temps que j’avançais sur le tournage de La belle et la bête. La qualité est pour moi nettement supérieure. On a tiré une copie HD à partir du négatif original et il y a des détails qu'on ne voyaient pas avant. Pour ma part, je n'ai vu que le texte des Années Laser avec leur note de 10/10.

Je fais mon processus de restauration bobine par bobine. Je demande qu'un Blu Ray de contrôle me soit tiré pour une inspection pointilleuse faite sur trois télévisions différentes, où j'ai l'habitude de regarder mes films. Un contrôle assez lent et minutieux de ma part qui me permet d'être sûr de moi. Mais Crying Freeman est un film tourné avec très peu d'argent, 6 millions de Dollars canadien, cà ne représente rien. Ce qui ressort sûrement du Blu Ray sont les limites du film. Le film a été tourner très rapidement. Les gens espèrent toujours, mais sont finalement déçus des limites primaires du film.

L'habitude a été prise de voir des films en haute définition dans notre vie quotidienne, et revoir mon premier film âgé de 20 ans, tourné dans des conditions très roots, peut sembler particulier. La perception du film avec énormément de grain est la réelle nature du film. Il est hors de question pour moi de le dénaturer comme on pût le faire George Lucas sur ses Star Wars ou Steven Spielberg, dans un premier temps, sur E.T.

Je ne suis pas dans le révisionnisme. Il y a bien sûr des techniques permettant d'effacer le grain dans certains plans. Mais je ne le fais pas car je pense qu'un film doit exister dans sa forme première. Je suis toujours énervé quand un réalisateur change son montage ou refait son étalonnage. Cela m’exaspère. J'aime retrouver des films tels que je les ai aimés, avec leurs qualités mais aussi leurs limites et leurs défauts.

Je me suis donc abstenu de corriger certaines erreurs du film dû principalement à ses limites. Je regretterais éternellement les premiers montages des Star Wars originels. »